Mouvement lycéen : à deux jours des vacances, le Premier ministre instaure un "temps de démocratie", infaisable à La Réunion

  • Publié le 8 octobre 2026 à 05:29
Cortège de lycéens à Saint-Pierre

Ce mardi 6 octobre 2026, le Premier ministre a annoncé la suspension des cours dans les lycées sur une demi-journée pour "un temps de démocratie". Dans l'académie, la mise en application semble bien délicate. Le gouvernement semble avoir oublié que, dans deux jours, nos élèves sont en vacances. Compliqué dès lors d'organiser une quelconque concertation en si peu de temps. Le rectorat annonce laisser le temps aux proviseurs d'organiser ces temps d'échanges, après les congés (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

La banalisation du temps scolaire  devait avoir lieu depuis ce mercredi, a annoncé le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Et ce avec un objectif, permettre aux élèves de faire remonter leurs revendications.

Alors que le ministre de l'Éducation a annoncé un retour sur ces échanges le 16 octobre prochain, dans l'île et à l'aube des vacances, ces temps d'échange seront organisés soit avant le départ en vacances scolaires, ce jeudi 8 ou ce vendredi 9 octobre 2026, soit à la reprise, à partir du lundi 26 octobre.

Difficile donc de remettre le bilan avant le 16 octobre.

Interrogé sur le fait de savoir comment seront prises en compte les remontées des élèves de La Réunion, le ministère de l'Éducation nationale a renvoyé le bâton au rectorat.

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- Une organisation "quasi-impossible" à La Réunion -

"À 48 heures des vacances, cela va être compliqué de mobiliser les personnels et les usagers", confie le proviseur du lycée Jean Hinglo au Port, Jean-Marc Spampani.

Même son de cloche pour les syndicats. Pierre Fourny, pour le Snes FSU, "il ne reste que demain, cela semble compliqué à mettre en œuvre".

Interrogé à la radio, le principal syndicat des chefs d'établissement a d'ores et déjà annoncé ne pas organiser "le temps de démocratie interne dans les lycées, tant que le climat ne sera pas serein". Nicolas Bonnet estime que l'annonce du Premier ministre a été faite dans la précipitation, sans concertation. "Personne n'a été averti", ajoute-t-il.

- Plus personne ne croit dans les promesses du gouvernement -

Marie-Hélène Dor, enseignante au Port le dit, "tout le monde, les élèves compris, accueillent cela avec une grande indifférence, tant personne ne croit que cela puisse se traduire par des actes".

"C'est de la poudre aux yeux, comme d'habitude. Le seul objectif du gouvernement c'est de briser le mouvement", confie un internaute d'Imaz Press. "Depuis des années ils nous bassinent avec ces plateformes, les "grands débats" et les comités. Tout le monde sait que c'est résultat c'est zéro."

D'autant que le gouvernement a également lancé une plateforme sur laquelle les élèves peuvent renseigner leurs revendications. Une tentative de désamorcer la colère lycéenne en laquelle, peu de personnes croient.

En effet, si le ministre de l'Éducation nationale a promis "d'apporter une réponse dans les huit jours aux lycées en difficultés pour remplacer les professeurs", cela fait pourtant des années que les syndicats réclament plus de moyens, sans avoir jamais été entendus.

La preuve, à la rentrée d'août à La Réunion, 86 postes ont été supprimés dans l'Académie, sous couvert démocratique, alors que devant les portes de classe, des professeurs manquent à l'appel.

- Élèves et syndicats veulent des actes, pas du "blabla" -

Ce que veulent les élèves et les syndicats, ce ne sont pas des plateformes ou des discussions qui s'étendent sans jamais être certains que des mesures aboutissent, ni "de blabla", confie une lycéenne.

D'autant plus à l'aube d'échéances électorales où aucune réforme ne pourra être prise.

Non, ce qu'ils souhaitent, ce sont des actes.

Plus personne ne croit en ce "plan d'action" promis par le gouvernement, tant les gouvernements se sont succédés, tant les appels à des actions ne semble jamais être entendus.

Comment le ministre de l'Éducation peut-il dire que l'objectif "d'ici au 16 octobre, c'est que la plupart des situations problématiques et idéalement la totalité des situations aient été résolues", alors que les ministres qui se sont succédés n'ont jamais rien résolu. Au contraire, ils ont préféré supprimer des postes.

Le ministre ayant même annoncé la suppression de 1.588 postes d'enseignants à la rentrée 2027 dont 836 dans le second degré. Un choix assumé face à une baisse d'élèves attendus (180.000 élèves en moins).

On le répète, mais le gouvernement aura beau proposer des débats et des plateformes, sans actes, rien ne pourra calmer la colère des lycéens dont le mouvement promet de se poursuivre, y compris à La Réunion.

ma.m/www.imazpress.com/[email protected]

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1 Commentaires
Elise
Elise
2 heures

— Le Président : « Il faut de l’empathie avec les lycéens. »

— Le policier : « Même quand ça casse ? »

— Le Président : « De l’empathie… et de la fermeté. »

— Le policier : « Ah, je vois. On leur tend la main… et on garde le doigt sur la gâchette. C’est ça, le nouveau dialogue social ? »