Le gouvernement refuse d’écouter les lycéens et ordonne de les gazer : la grande indignité

  • Publié le 9 octobre 2026 à 06:01
Un jeune est interpellé lors d'affrontements en marge d'une manifestation de lycéens, dans le cadre d'un mouvement de contestation national sur les conditions d'enseignement, à Nancy, en Meurthe-et-Moselle, le 5 octobre 2026

Ce mercredi 7 octobre 2026, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a pris la parole pour tenter, a-t-il dit, d'apaiser les tensions. Mais une phrase a retenu notre attention : "non, les forces de l'ordre n'ont pas pour instruction d'affronter les lycéens". Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, juge même "excessif de parler de répression policière". Une affirmation démentie par les vidéos relayées sur les réseaux sociaux. Les images montrent des interventions et des interpellations extrêmement violentes de jeunes manifestants, souvent mineurs. De fait, le gouvernement ordonne de gazer les jeunes et refuse de les écouter, quelle indignité (Photo AFP)

Il y a une phrase que l'on peut lire sur de nombreuses pancartes dans l'Hexagone comme à La Réunion, "Trop jeunes pour être écoutés, assez grands pour être gazés". Une phrase que devrait méditer les membres du gouvernement.

- "On protège, on ne réprime pas" -

Comment Laurent Nuñez peut-il refuser de s'excuser et juger "excessif de parler de répression policière" lorsque les images parlent d'elles-mêmes.

Le ministre ose dire "il n’y a pas d’intervention quand il y a des lycéens qui manifestent pacifiquement". Alors pourquoi les forces de l'ordre sous son commandement, ont-ils chargé un groupe de lycéen assis pacifiquement sur des chaises au milieu d'une rue ?

De même, qu'y a-t-il de menaçant chez des élèves tranquillement assis place de la Nation à Paris ?

Comment expliquer qu'à Dunkerque, un véhicule des forces de l'ordre fonce droit sur les lycéens, allant même jusqu'à monter sur le trottoir ? Est-ce là une réponse correcte à une mobilisation légitime ?

Monsieur Nuñez, vous évoquez un fait exceptionnel à propos de cette voiture de police qui a foncé sur des jeunes. Il aurait été décent, Monsieur le ministre, de reconnaître qu'il y a beaucoup de "faits exceptionnels" depuis le début du mouvement.

Vous vous serez honoré Monsieur le ministre en reconnaissant que toute cette violence est perpétrée "pour terroriser" et en présentant vos excuses pour cet état de fait.

- Un record d'interpellations depuis le début du mouvement -

Depuis le début du mouvement, les forces de l'ordre ont enregistré un nombre record d'interpellations, plus de 6.500 en l'espace de quelques jours.

À La Réunion, 98 personnes ont été mises en garde en vue depuis le début du mouvement. Rien que sur la journée du 1er octobre dans l'Hexagone, 1.949 personnes dont de nombreux mineurs, ont été arrêtés.

Des chiffres bien plus élevés que lors de la mobilisation des gilets jaunes où, sur la journée du 8 décembre 2018, 1.723 personnes avaient été interpellées, selon les données du ministère de l’Intérieur.

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L’IGPN a été saisie de dix-huit enquêtes à ce stade, a annoncé Laurent Nuñez.

À La Réunion, le parquet de Saint-Pierre a décidé d'ouvrir une enquête après l'interpellation d'un adolescent devant le lycée Roland Garros au Tampon. Sur des images, le jeune homme est plaqué au sol, face contre terre et maintenu par plusieurs policiers. 

"On n’a jamais vu ça en France", confirme Sebastian Roché, directeur de recherche au CNRS spécialisé dans les questions de police, auprès d’Actu. Et d’ajouter : "Une réponse aussi violente, alors que nous sommes très loin d’une situation émeutière comme lors des émeutes de 2005 ou de 2023… C’est hors norme ce qu’il se passe."

- Un jeune homme amputé de la main -

Et fort heureusement, devrions-nous dire ironiquement, que votre ministre de l'Intérieur a annoncé suspendre l'usage des grenades assourdissantes, après qu'un jeune homme a eu la main arrachée.

Monsieur Nuñez met en exergue le fait que le mouvement actuel des lycéens est "inédit" par le nombre d’établissements concernés par le nombre de participants.

Ce qui aurait pu être évité si comme le dit très justement un manifestant, "on mettait plus d'argent dans les équipements (policiers) que dans les établissements (scolaires)." 

Alors, suivez donc les conseils de Madame Braun-Pivet qui invite les policiers "à la retenue et à une plus grande proportionnalité" dans l'usage de la force.

"Faites preuve d'empathie"… comme le conseille Emmanuel Macron, aux commandes d'un gouvernement où la répression est une réponse fréquente à la colère des Français.

Faites comme ce capitaine de police qui a décidé de déposer son casque face aux manifestants.

Et pour une fois, Mesdames et Messieurs membres du gouvernement, écoutez vraiment la voix des lycéen.ne.s. Elles et ils sont l'avenir de la Nation.

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ma.m/www.imazpress.com/[email protected]

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