La Fédération syndicale unitaire (FSU) demande, à travers un communiqué "un Grenelle de l'action publique" qu'elle imagine décliner en trois axes majeurs, aprÚs les discours du Premier Ministre et du président de la République devant le CongrÚs. Nous publions ci-aprÚs l'intégralité du communiqué de la FSU. (Photo AFP)
La FSU a écouté avec la plus grande attention les discours du Président de la République et du Premier ministre devant le CongrÚs et l'Assemblée nationale.
Parmi les diffĂ©rents sujets Ă©voquĂ©s, il en est un qui ressort comme un leitmotiv de l'action Ă venir du gouvernement : la baisse des dĂ©penses publiques avec comme corollaire une remise en cause des missions actuelles de lâĂtat et des collectivitĂ©s locales. Dans son discours, largement inspirĂ© par lâaudit de la Cour des comptes, le Premier ministre, est restĂ© dans le flou quant aux montants des diffĂ©rentes mesures envisagĂ©es.
La FSU sâinscrit en faux contre l'idĂ©e selon laquelle la dĂ©pense publique serait "une addiction française" dont il conviendrait de se dĂ©sintoxiquer. La France n'est pas "malade" de ses services publics bien au contraire. Faut-il rappeler qu'aux dires de tous les observateurs internationaux, elle a surmontĂ© une partie de la crise sociale et Ă©conomique grĂące Ă eux ? De l'attitude exemplaire et du service rendu par les agents publics au moment des attentats ?
Il convient donc de changer de paradigme : l'action publique ne peut pas ĂȘtre rĂ©duite au moins dâĂtat, au moins d'investissement par les collectivitĂ©s mais doit ĂȘtre interrogĂ©e du point de vue des conditions d'adaptabilitĂ© de la puissance publique pour rĂ©pondre aux nouveaux enjeux et dĂ©fis Ă relever par notre sociĂ©tĂ©.
Qu'il s'agisse dâĂ©ducation, de santĂ©, de transport, de logement...et de bien d'autres dĂ©penses publiques il s'agit lĂ d'investissements qui participent Ă la crĂ©ation des richesses dans notre pays, Ă son rayonnement, et non dans un gaspillage qu'il conviendrait sans cesse de dĂ©noncer. Et il est nĂ©cessaire de continuer d'agir pour garantir la justice sociale, l'Ă©galitĂ© d'accĂšs aux droits, la cohĂ©sion des territoires, y compris ceux d'outre-mer, et pour relever les dĂ©fis Ă©conomiques, sociaux, Ă©cologiques et technologiques...
La FSU alerte sur les consĂ©quences des projets gouvernementaux avec de nouvelles dĂ©gradations dans lâaccĂšs aux droits fondamentaux des citoyens sur l'ensemble du territoire. Comment afficher des objectifs de formation en annonçant la suppression de 120 000 postes dans la Fonction publique ? Comment rĂ©aliser l'Ă©galitĂ© sur le territoire en s'attaquant en premier lieu Ă la fonction publique territoriale, en y supprimant 70 000 postes ? Les services sont aujourd'hui exsangues et les agents soumis Ă des dĂ©gradations de leurs conditions de travail les empĂȘchant parfois de mener leurs missions au mieux pour les usagers.
La FSU alerte Ă©galement sur les consĂ©quences nĂ©fastes des mesures dâaustĂ©ritĂ© salariale envisagĂ©es pour plus de 5 millions d'agents de la Fonction publique. Les agents viennent de subir 6 annĂ©es de gel avec une perte importante de leur pouvoir d'achat. Il faut aujourd'hui poursuivre dans la premiĂšre revalorisation engagĂ©e en 2016.
L'action politique programmĂ©e par le gouvernement pour l'action publique Ă venir relĂšve donc d'un enjeu majeur. Elle nĂ©cessite un dĂ©bat qui va bien au-delĂ de la seule ConfĂ©rence des territoires ou des Ătats gĂ©nĂ©raux des comptes de la Nation.
Pour la FSU, rĂ©nover le modĂšle social nĂ©cessite de s'entendre sur les besoins auxquels lâĂtat et les CollectivitĂ©s locales doivent rĂ©pondre, sur les dĂ©fis qui nĂ©cessitent leurs interventions, sur les maniĂšres d'y parvenir et sur les moyens qui doivent y ĂȘtre affectĂ©s. Pour la FSU, il s'agit de conforter le rĂŽle de la fonction publique.
C'est pourquoi, la FSU demande au gouvernement d'organiser un "Grenelle de l'action publique". Celui-ci pourrait se décliner selon 3 axes :
âąÂ   les missions dĂ©volues Ă la Fonction publique,
âąÂ   le rĂŽle assignĂ© aux agents,
âąÂ   la programmation budgĂ©taire pour rĂ©aliser ces objectifs intĂ©grant la question d'une nĂ©cessaire rĂ©forme fiscale et la lutte contre la fraude fiscale.
