Les pro et anti restaurants de plage devront attendre

Paillotes : Le tribunal administratif ne rendra pas son jugement ce mardi

  • PubliĂ© le 30 octobre 2018 Ă  09:01
  • ActualisĂ© le 30 octobre 2018 Ă  13:28
Manifestation contre les paillotes de plage KURR

Finalement le tribunal administratif ne rendra pas son jugement ce mardi 30 octobre 2018 dans le dossier des paillotes. Un dossier qui mĂȘle passion, justice, gros sous, politique. La guerre des paillotes cristallise Ă  elle seule les tensions autour du DPM (Domaine Public Maritime). OĂč commence-t-il ? OĂč s'arrĂȘte-t-il ? ConcrĂštement, les parcelles sur lesquelles sont situĂ©es les Ă©tablissements sont-elles dans la zone des 50 pas gĂ©omĂ©triques et appartiennent-elles au DPM ? C'est tout le dĂ©bat. Deux clans s'affrontent, les anti-paillotes et les exploitants de paillotes. Lors de l'audience au tribunal administratif le 11 octobre dernier, le rapporteur public a rendu ses conclusions, elles penchent du cĂŽtĂ© des anti-paillotes. Les juges suivront-ils ses recommandations, rĂ©ponse attendue peut-ĂȘtre en fin de semaine

L’État a choisi son camp, celui des anti. Le PrĂ©fet demande Ă  ce que les restaurateurs s’en aillent en laissant les lieux dans l’état oĂč ils les ont trouvĂ©s. Joseph SinimalĂ©, le maire de Saint-Paul est du mĂȘme avis, l'Ă©dile Ă  d'ailleurs interdit les soirĂ©es musicales Ă  La Bobine par arrĂȘtĂ© municipal.

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Le 11 octobre dernier, le rapporteur public du tribunal administratif (qui avait Ă©tĂ© saisi sur la question du DPM par le Tribunal de grande instance) a rendu ses conclusions. Selon lui, les paillotes se trouvent bien sur le Domaine public maritime, il a recommandĂ© que les restaurateurs soient condamnĂ©s Ă  une amende de 1500€, qu’ils libĂ©rĂšrent les lieux et les remettent en Ă©tat dans un dĂ©lai d'un mois. Sinon l'astreinte sera de 200€/jour.

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CĂŽtĂ© restaurateurs, les choses sont dites Ă  demi-mot. Leurs autorisations d'occupation temporaire des lieux a pris fin juin, ils occupent donc les lieux illĂ©galement. Finalement, vu le tournant qu’a pris l’affaire, la chasse aux sorciĂšres que mĂšnent l’État, la commune de Saint-Paul et les diffĂ©rents collectifs anti-paillotes qui se sont créés, vu le tapage mĂ©diatique et la mauvaise publicitĂ©, les exploitants songent Ă  partir. Mais pas comme ça, ils ont lancĂ© des procĂ©dures contre l’État pour obtenir des indemnitĂ©s. LĂ  encore, le rapporteur public a Ă©tĂ© trĂšs clair : " les frais de procĂ©dures demandĂ©s par les Ă©tablissements seront, bien sĂ»r, rejetĂ©s ".

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Ce feuilleton, aussi polarisant soit-il, aussi passionnĂ© soit-il, pourrait peut-ĂȘtre prendre fin ce mardi 30 octobre. Le 11 octobre, lors de l’audience au tribunal administratif, le jugement a Ă©tĂ© mis en dĂ©libĂ©rĂ© sous quinzaine. Reste Ă  savoir si les juges suivront les recommandations du rapporteur public. Si c’est le cas, les exploitants de paillotes auront encore des recours juridiques, mais iront-ils jusqu’au bout, eux, qui songent Ă  s’en aller.

 

Retour sur une affaire riche en rebondissements :

Le Préfet frappe un grand coup

DĂšs le lendemain de la fin des autorisations d’occupation temporaire (AOT) du domaine public maritime, les agents de la Deal sont dĂ©pĂȘchĂ©s sur place et constatent l’infraction. Les gĂ©rants des restaurants de l’Hermitage poursuivaient leur activitĂ© sans pression. Pourtant ils venaient de mettre un pied dans l’illĂ©galitĂ©. Le PrĂ©fet avait prĂ©venu. Le 30 avril dernier, dans un courrier, il avait demandĂ© aux exploitants de libĂ©rer les lieux dĂšs la fin des AOT, en les remettant dans leur Ă©tat initial. Les gĂ©rants de paillotes n’en avaient pas tenu compte, la rĂ©action des autoritĂ©s ne s’était pas faite attendre.

Mais aujourd’hui, sans AOT, des procĂšs verbaux dressĂ©s Ă  leur encontre, des anti-paillotes qui veulent leur tĂȘte, le PrĂ©fet et le Maire de Saint-Paul qui se positionnent contre eux, malgrĂ© tout cela,  les exploitants des paillotes persistent. L’activitĂ© se poursuit. Seule entrave, uniquement pour le restaurant de la Bobine : un arrĂȘtĂ© municipal qui interdit les soirĂ©es musicales.

 

Que risquent les gérants de paillotes ?

Ce sera au tribunal administratif de le dĂ©cider. C'est la procĂ©dure habituelle, aprĂšs la verbalisation vient le passage devant la juridiction administrative. Les sanctions peuvent aller de l’astreinte journaliĂšre, hebdomadaire, mensuelle d’un montant plus ou moins Ă©levĂ© Ă  la fermeture administrative.  Reste Ă  savoir si ces sanctions seront rĂ©troactives. Une chose est quasi sĂ»re, le tribunal administratif ne devrait pas dĂ©livrer de nouvelles AOT aux exploitants des paillotes. Car c’est cette mĂȘme juridiction qui les avait suspendues le 16 mars dernier suite Ă  une plainte du Collectif de dĂ©fense du Domaine public maritime.

 

Quelle est la position des restaurateurs ?

Ils ne comptent rien lùcher.  Ils ont assigné l'Etat et la Ville de Saint-Paul en justice afin que leurs baux commerciaux soient reconnus. Les professionnels exigent une indemnité. Si cette derniÚre ne leur est pas versée, ils ont le droit de rester sur les lieux et de continuer leurs activités malgré le non-renouvellement de leurs autorisations d'occupation temporaire (AOT) arrivées à échéance le 30 juin dernier. Le 13 juillet dernier, le tribunal de Saint-Denis a affirmé qu'il existait un doute quant à l'appartenance ou non, des paillotes de l'Hermitage au domaine public. C'est ce doute qui permet aux restaurateurs de la plage de continuer leur activité jusqu'à ce que le tribunal administratif apporte une réponse claire au TGI.

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Ce que veulent les associations anti- paillotes

Elles aussi ne comptent rien lĂącher. Ce qu'elles veulent ? La fermeture dĂ©finitive et la disparition des paillotes. Le Collectif de dĂ©fense du Domaine public maritime (CDPM) ainsi que le Kolektif Union RĂ©nyonĂ© Responsab (KURR) poursuivent leurs actions, que ce soit en justice comme sur le terrain. Le CDPM avait organisĂ© un pique nique partage pour la fermeture des paillotes en juillet 2018. Ils sont aussi ceux qui se mobilisent juridiquement. Le KURR, lui, continue ses marches pour dĂ©noncer " la situation illĂ©gale " des paillotes. L’une de ses marches avaient dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© en avril dernier. ClĂ©ment Dubar et Anthony Cayambo, deux manifestants du KURR sont accusĂ©s de dĂ©gradation en rĂ©union sur trois paillotes de la plage de l’Hermitage. Leur procĂšs d'abord fixĂ© au 15 mai dernier a Ă©tĂ© renvoyĂ© au 12 mars 2019.

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Et l’avenir des paillotes ?

La position du Maire de Saint-Paul, Joseph SinimalĂ© est claire et tranchĂ©e. Il ne veut plus de ces paillotes sur son territoire. Dans le projet de rĂ©amĂ©nagement de la place de l’Hermitage, les rondavelles qui auraient dĂ»es ĂȘtre dĂ©diĂ©es au paillotes ont Ă©tĂ© tout simplement supprimĂ©es.

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fh/www.ipreunion.com

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