Ce samedi 24 octobre 2026, le Piton de la Fournaise nous a tenu en haleine, laissant supposer une éruption à "brève échéance", comme l'indiquait le communiqué de la préfecture de La Réunion. Peu de temps après, l'Observatoire volcanologique (OVFP) évoquait une "intrusion de magma avortée". Si la pressurisation est descendue comme un soufflé, le réservoir continue de s'alimenter, laissant espérer une "éruption dans les jours à venir", voire "semaines ou mois". Pour le savoir… il faudra veiller les possibles lueurs rougeoyantes au sommet du volcan.
Tout a débuté ce samedi, lorsque vers 16 heures, une crise sismique accompagnée de déformations rapides a marqué une intrusion magmatique.
Environ 150 séismes ont été localisés sous la bordure sud du Dolomieu.
Depuis, la sismicité est revenue à un niveau comparable, voire inférieur à celui d'avant samedi, note l'OVPF.
- Une intrusion "avortée" ne garantit pas une éruption -
"L'injection magmatique de ce samedi dernier n'a pas atteint la surface. Dans ce cas de figure, on parle d'intrusion pour signifier que le magma a bien quitté le réservoir pour se propager vers la surface mais sans l'atteindre", explique Zacharie Duputel, le directeur adjoint de l'OVPF.
Un phénomène assez habituel au Piton de la Fournaise.
Depuis 1985, "environ 35% des crises sismiques n'ont pas été suivies d'une éruption", précise Zacharie Duputel. "Une intrusion avortée ne garantit pas une éruption. Elle indique simplement que le magma s'est arrêté en profondeur", précise-t-il.
- Une éruption probable dans les jours, semaines ou mois à venir -
Est-ce à dire qu'il n'y aura pas d'éruption dans les prochains jours, semaines, mois à La Réunion ? Pas forcément. Tous les signes laissent à penser l'inverse.
"Le réservoir superficiel continue de se pressuriser, donc une éruption reste possible dans les jours, semaines ou mois à venir", souligne le directeur adjoint de l'OVPF, de quoi rassurer les passionnés du volcan.
"Les éruptions de janvier et de février-avril 2026 avaient chacune été précédées d’une ou plusieurs intrusions avortées, et on se trouve pour l’instant dans ce même cas de figure", dit-il.
En revanche, ne vous précipitez pas tous sur la Plaine des Sables, l'OVPF n'a pas de date précise à vous communiquer. "Ce qu’on sait, c’est qu’une éruption est en général précédée d’une crise sismique de quelques dizaines de minutes à quelques heures", prévient Zacharie Duputel.
- Un remplacement progressif du magma du Piton de la Fournaise -
Lors de la précédente éruption, Aline Peltier expliquait à Imaz Press que les résultats des laves prélevées montraient que le "les laves sorties lors des deux éruptions de 2026 sont très proches de celles de l'éruption de 2023, ce qui veut dire que c'est essentiellement du magma qui était résiduel dans le réservoir qui est sorti en 2026 poussé par la réalimentation".
Pour cette intrusion, impossible encore de le dire, l'OVPF n'ayant pas d'échantillon à prélever.
Zacharie Duputel explique tout de même: "on distingue l’"ancien" et le "nouveau" magma par leur composition chimique et minéralogique. Un magma qui a séjourné longtemps dans le réservoir superficiel a refroidi et évolué. Il a formé des cristaux et sa chimie s’est modifiée. Un magma qui arrive de plus grande profondeur a une signature plus "primitive".
"Le magma qui réalimente le réservoir superficiel se forme par fusion partielle du manteau, en profondeur sous La Réunion. Il est ensuite stocké dans des zones profondes, vers 15 à 25 km sous la région des Plaines, avant de remonter vers le Piton de la Fournaise. Cette remontée ne se fait pas d’un seul coup : elle se fait par étapes, avec des apports successifs qui mettent en pression des niveaux de plus en plus superficiels du système. Quand ce magma arrive sous le volcan, il pousse d’abord le magma résiduel déjà présent dans le réservoir superficiel", précise-t-il.
Le remplacement est donc progressif. "C’est pourquoi, lors des réactivations précédentes, il a fallu plusieurs mois et plusieurs éruptions avant que le nouveau magma devienne majoritaire dans les laves émises. En 2026, les analyses montrent que sa contribution a augmenté au cours de l’éruption de février-avril, tout en restant minoritaire", conclut le directeur adjoint de l'Observatoire volcanologique.
- Piton de la Fournaise : l'accès à l'enclos est partiellement ouvert -
Ce lundi 26 octobre 2026, la préfecture a annoncé la réouverture partielle de l'enclos au Piton de la Fournaise. Dans un communiqué de presse, la préfecture détaille que cette décision a été prise "en raison de la baisse de l’activité résiduelle sous le massif du Piton de la Fournaise, et sur proposition de l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF)"
L’accès à l’enclos du volcan est de nouveau autorisé, sous réserve du respect des restrictions suivantes :
L’accès à la partie haute de l’enclos est autorisé uniquement par les itinéraires balisés et entretenus par l’Office national des forêts (ONF) suivants :
- le sentier Pas de Bellecombe – Formica Léo – Sentier Rivals – Cratère Caubet,
- le sentier Pas de Bellecombe – Formica Léo – sentier d’accès au site d’observation du cratère Dolomieu (accès par le nord du cratère),
- le sentier Kapor, dont une partie est recouverte par la coulée de lave de 2026, reste interdit au public.
L’accès aux tunnels de lave de 2004 et 2007, situés dans la partie basse de l’enclos, est autorisé.
La dernière éruption du Piton de la Fournaise a eu lieu entre le 13 février et le 13 avril 2026. La lave avait traversé la RN2 à plusieurs reprises.
Lire aussi - Volcan : vers un nouveau cycle éruptif au Piton de la Fournaise
Toutes les actualités sur le Volcan sont à retrouver sur notre site Imaz Press.
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Il ne manque plus que l'autre de ste rose ... pour faire son cinéma.