Violences urbaines : le préfet n'explique toujours pas pourquoi il a divulgué les prénoms de mineurs

  • Publié le 4 novembre 2026 à 06:52
Patrice Latron préfet de la réunion

Pourquoi la préfecture de La Réunion a jugé nécessaire de publier les prénoms des mineurs, dont celui d'un enfant de 11 ans, supposément mis en cause dans les violences urbaines de Halloween à Saint-Denis. La préfecture n'a toujours pas répondu aux questions qu'Imaz Press lui a posé à ce sujet dès le lundi 2 novembre 2026, au lendemain de la divulgation des prénoms. Pour rappel, la loi interdit la publication de tout élément d'identification de mineurs, quels que soient les faits supposés commis, ce que confirme évidemment le parquet. Mais cela ne semble pas être le problème du préfet. Alors, quel est le but recherché par l'administration préfectorale ? (Photo Richard Bouhet/www.imazpress.com)

Si l'objectif était de dresser une partie de la population contre l'autre, cela semble en partie réussi.

Alors que conformément  à la loi et à notre déontologie, nous n'avons pas publié les prénoms donnés par la préfecture, de nombreux commentaires sur notre site et sur nos réseaux sociaux félicitent le préfet pour son "courage".

Certains vont jusqu'à demander la publication du nom de famille et des photos des mineurs, souvent en des termes haineux et xénophobes.

Ces personnes ne le savent peut-être pas, mais en langage juridique, cela s'appelle de l'"incitation à la haine". Un fait prévu et réprimé par l'article R-625-7 du code pénal.

C'est l'appel à la haine qui a conduit à l'ignoble attentat raciste de Trappes, dans lequel une personne a été tuée et d'autres blessées, parce que noires, ou arabes ou musulmanes.

L'administration préfectorale s'est-elle seulement interrogée sur les conséquences que pouvait avoir cette divulgation de prénoms de mineurs sur des personnes haineuses ?

Au sein de notre rédaction, grâce à la divulgation du prénom, du quartier et de la commune, nous avons été en mesure d'identifier en quelques minutes le mineur de 11 ans.

Si cela a été possible pour nous, cela l'est également pour d'autres, potentiellement animés par de sombres et criminelles intentions.

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- Jamais l'identité de mineurs n'avait été révélée, quels que soient les faits reprochés -

Fort heureusement, et c'est tout à leur honneur, d'autres internautes soulignent que la divulgation de l'identité des mineurs, même par un simple prénom, est interdit et réprimé par les plusieurs articles de justice pénales, applicables aux mineurs.

"En aucune circonstance, l'identité ou l'image d'un mineur mis en cause dans une procédure pénale ne peuvent être, directement ou indirectement, rendues publiques", rappelle l'article L 13-3 du Code de la justice pénale des mineurs.

D'autres rappellent que cette précaution a toujours été appliquée, y compris pour les assassins de Shana. Un drame qui a marqué toute La Réunion, puisque c'est de la vie d'une jeune adolescente martyrisée qu'il s'agissait.

- Une divulgation préfectorale pour le moins malaisante -

Après cette divulgation préfectorale pour le moins malaisante, le parquet a informé l'ensemble de la presse dès lundi qu'il n'y avait aucune garde à vue de mineur de 11 ans. 

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Sollicité par Imaz Press, le parquet nous a précisé, mardi, avoir communiqué sur "les suites judiciaires réservées aux interpellations réalisées dans le cadre de la soirée du 31/10/2026". 

Il a ajouté : "vous (Imaz Pres - ndlr) connaissez les règles applicables à la communication relative aux mineurs mis en cause dans des procédures, règles que vous respectez et nous également". 

Pour rappel, le non respect de ces règles expose à des poursuites aux termes des dispositions de la loi sur la protection des mineurs.

- Un tournant majeur dans la communication de la préfecture -

Quelles que soient les motivations du préfet, la divulgation de ces prénoms constitue un tournant majeur dans le traitement de l'information par l'administration préfectorale.

Cela sans que cette décision, supposément mûrement réfléchie, n'ait résolu de quelque manière que ce soit la crise profonde générée par des décennies de frustration et de sentiment d'abandon d'une partie de la population par l'État.

Cela révèle surtout une perte de sang-froid face à une situation, créée par le gouvernement, que l'administration préfectorale a du mal à comprendre et à maîtriser.

Les coups de menton n'ont jamais rien résolu, bien au contraire…

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mb/ma.m/www.imazpress.com / [email protected] 

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1 Commentaires
Achtung
Achtung
50 minutes

Car c est le regne de l incompetence, de la nullité et de la susceptibilité, un procès devrait lui être collé juste pour sanction.