Le Conservatoire du littoral, dont la mission, depuis plus de 50 ans, relève de la protection et de la valorisation des littoraux des rivages français, inscrit son action dans la défense de ce bien commun qu’est le littoral naturel des presque 10 000 km de rivages d’outre-mer et hexagonaux. Sa gouvernance est profondément inscrite dans un partenariat avec les collectivités locales, car ces rivages relèvent de la volonté et de l’engagement de tous. Nous publions le communiqué du conservatoire du littoral ci-dessous. (Photo d'illustration : Richard Bouhet / www.imazpress.com)
Il est du rôle du Conservatoire du littoral de faire vivre ce travail collectif et c’est sa volonté de développer une démarche partenariale, notamment avec la Commune de Saint-Leu pour le site de la Pointe au Sel et pour les autres sites de la commune. C’est le message que le Directeur du Conservatoire, Philippe Van de Maele, a souhaité transmettre au maire de Saint-Leu, Karim Juhoor, lors d’un échange téléphonique le 15 juillet dernier.
- La Pointe au Sel, un site patrimonial d’intérêt collectif, sur lequel le Conservatoire agit depuis longtemps -
Le Conservatoire du littoral intervient depuis 1980 sur le site de la Pointe au Sel. Son action concertée avec ses partenaires (Département, Commune, SPL EDDEN) a permis d’acquérir progressivement 49 ha d’espaces naturels.
Comme sur de nombreux autres sites en France, existent des « désordres fonciers » liés à des autorisations verbales et/ou des constructions illicites. Ainsi, à la Pointe au Sel, certaines parcelles supportaient des constructions n’ayant fait l’objet d’aucun titre d’occupation de la part des précédents propriétaires des terrains. La majorité de ces occupations sans titre ont été traitées progressivement au cours des 20 dernières années, par voie amiable ou contentieuse (soit une dizaine d’occupations) : les salines ont pu ainsi être remises en service, le Musée du Sel créé et les espaces naturels adjacents renaturés. En 2025, il restait deux maisons occupées sans titre sur le domaine public du Conservatoire du littoral.
Une décision précipitée de la part du Conservatoire du littoral a conduit au démarrage, le 8 juillet dernier, des travaux de démolition d’une de ces maisons, préalablement libérée le 30 juin dernier par son occupant.
- Quinze années de dialogue pour rechercher une solution amiable -
Dès 2010, lors des premiers contacts pris par le Conservatoire, la famille occupant cette maison avait pleinement conscience de n’avoir aucun justificatif de propriété en sa possession. Il semble qu’aucune démarche de prescription trentenaire n’ait été entreprise par la famille, ni avant, ni après l’acquisition du terrain en 2004 par le Conservatoire du littoral. Plusieurs occupants d’une même famille se sont par ailleurs succédé dans cette habitation.
Devant des dérives constatées sur l’occupation du site (installation d’un garage marron loué par les occupants à un garagiste ; présence d’épaves sur le site), le Conservatoire a entrepris des négociations à l’amiable avec les occupants pour résorber ces dérives et organiser leur départ.
En 2011, une autorisation d’occupation temporaire d’un an a ainsi été délivrée par le Conservatoire aux occupants, dans l’attente de la démolition qui devait intervenir en 2012 et qui a fait l’objet d’un permis de démolir délivré le 16 novembre 2012 par l’État (s’agissant d’un site classé).
Pour des raisons d’accompagnement social des occupants de l’époque, ceux-ci ne pouvant se reloger dans le délai imparti, le Conservatoire du littoral a reporté le projet et n’a donc pas démoli l’habitation en 2012. Dès lors, il a été convenu avec les occupants d’accorder un délai leur permettant de trouver une solution de relogement, à l’issue duquel ils devaient avertir le Conservatoire de la libération de l’habitation ; ce qui n’a pas été fait.
En 2022, le Conservatoire a constaté d’une part la présence de nouveaux occupants de la même famille et d’autre part la réalisation de travaux sans autorisation. Il est alors intervenu pour faire cesser ces travaux et, à cette occasion, a relancé les démarches en vue de la libération des lieux avec la déconstruction du bâti.
En novembre 2025, après de nouveaux échanges, une mise en demeure de libérer les lieux sous six mois a été effectuée. L’occupant ayant sollicité un délai supplémentaire que le Conservatoire lui a accordé, celui-ci a totalement libéré la maison occupée, de son plein gré, le 30 juin 2026.
- Une intervention devenue urgente et nécessaire après la libération volontaire des lieux -
Lors de l’intervention du Conservatoire ce 8 juillet 2026, et comme cela a été constaté par commissaire de justice une semaine plus tôt, la maison n’était plus habitée ni habitable, le dernier occupant ayant récupéré des matériaux et fournitures susceptibles de réemploi (portes, fenêtres, tôles de toiture, sanitaires, clôtures, etc.). Compte tenu du risque que pouvaient présenter des bâtiments ouverts et partiellement démantelés et du risque de squattage, le Conservatoire du littoral a souhaité intervenir rapidement.
Le 18 juin 2026, une nouvelle demande de permis de démolir, afin d’actualiser le permis déjà obtenu en 2012, a été déposée en mairie (permis instruit par l’État s’agissant d’un site classé). Parallèlement, un diagnostic amiante (négatif) a été réalisé.
Les travaux ayant été interrompus par arrêté municipal le 9 juillet 2026, le Conservatoire a mandaté une entreprise ce 15 juillet 2026 afin de sécuriser le site, le rendre inaccessible et dégager sa responsabilité en cas d’accident.
Le Conservatoire du littoral rĂ©affirme sa volontĂ© de travailler avec le Maire de Saint-Leu pour veiller d’abord Ă la situation personnelle du dernier occupant de la maison dĂ©molie. Dans l’objectif de conservation de l’histoire de la Pointe au Sel et de ses patrimoines humain, paysager et naturel, il s’agira aussi de poursuivre la restauration et la valorisation du site en concertation avec les riverains et les nombreux visiteurs (sur les voies d’accès, le stationnement notamment).Â
