Ce dimanche 13 septembre 2026, pour notre balade, direction Saint-Paul, au Chemin Pavé à Bellemène. Départ depuis la Grande Fontaine, pour une montée en 1 h 20, soit 2 h 30, aller-retour. Ce chemin pavé a ressurgi du passé grâce à l’Association Sportive et Culturelle - Loisirs de Bellemène, dans le cadre d’un projet de valorisation du patrimoine. Exposition d’objets lontan, parc à cabris, poules, etc. : vous pouvez prendre une tisane et vous reposer. Toute la montée ou la descente se fait avec différents points de vue sur Saint-Paul, son étang, mais aussi sur Fond Jardin. Un chemin chargé d'histoire que Joseph connaît depuis son plus jeune âge, qu'il a parcouru pendant des décennies, jusqu'à ce que l'âge ne lui permette plus de s'y aventurer seul. (Photos et vidéos : Emmanuel Grondin/www.imazpress.com)
Dans les hauts de Saint-Paul, à Bellemène, le Chemin Pavé est un élément historique du quartier. Témoin du patrimoine rural de Saint-Paul, le chemin pavé de Bellemène offre une boucle de randonnée accessible à tous dans les hauts de l’Ouest de La Réunion.
- Un chemin chargé d'histoire -
Le chemin qu’on appelait à l’époque montée Hibon, compte parmi les plus anciens de Saint-Paul. Il s’agit en effet d’un des 3 sentiers aménagés au XVIIe siècle sur ordre d’Antoine Desforges-Foucher, alors gouverneur de l’île Bourbon.
Le but ? Permettre aux premiers colons d’accéder aux champs dans les hauts et d’acheminer des vivres vers les bas. Des récoltes de café et d’autres cultures agricoles étaient ainsi transportées en charrettes à "bœufs portants".
Le chemin a fait l’objet d’une restauration pendant près de sept ans, entre 1999 et 2006, et est toujours entretenu par l’Association Sportive et Culturelle - Loisirs de Bellemène, qui possède son boucan à la fin du chemin.
Un lieu chaleureux qu’il faut absolument aller visiter où le passé et la mémoire se mélangent au présent.
-Joseph, mémoire vivante du Chemin Pavé -
Joseph, 84 ans, habitant de Bellemène, connaît le Chemin Pavé par cœur. Le chemin était le moyen le plus rapide de se rendre à pied en ville pour aller faire les courses ou pour rejoindre les infrastructures inexistantes dans les Hauts. "Lo soir ou té ar mont èk in lanp pétrol".
Le gramoun se souvient d'un sentier difficilement praticable, jonché de tamariniers péi et de tamariniers d'Inde et rempli de mauvaises herbes, qu'il arpentait avec son grand frère. " Té pran kinz moun pou nétoy lo somin èk serpèt. Bana té nétoy dé foi par an", raconte-t-il. "Sézon dé plui té in koshmar. Navé zerb partou, té mouy nout linz", ajoute t-il "Zordi néna in lasosiasion i okip. Lé top".
- Quand le Chemin Pavé était aussi celui des malades et des morts... -
À l'époque, Bellemène ne comptait aucun médecin ; les habitants devaient se rendre en ville. "Nou té port nout malad dann in plian goni. Dé té port dovan, dé té port dèrièr", relate Joseph.
Mais ils ne portaient pas que les malades... "Nou té béni lo mor Bellemène. Après nou té désand dann Somin Pavé èk lomor si nout zépol pou antèr l'Étang ou bien simtièr marin", explique le gramoun. "Nou té fé in poz dann fon zardin sou in piè mang. Té apèl sa "piè mang lo mor" ", nous dit-il.
- Le temps des souvenirs ... -
Joseph raconte un temps révolu. Le temps du train. "Domoun té sort Ruisseau té pass par somin la. Bann dokèr té pass par la pou alé la gar Sin-Pol. Bana té pran lo trin ziska Le Port", ajoute-t-il avec nostalgie.
Entre nostalgie, reconnaissance et souvenirs, le Chemin Pavé fait partie de l'histoire de Bellemène mais surtout de ses habitants. Vestige du passé colonial il représente également une période douloureuse ancrée dans la mémoire collective des Réunionnais.
cs/www.imazpress.com/[email protected]





























On peut le faire en 2h. Très beau site.