Santé

Médicament contre la goutte : encore un traitement trop prescrit

  • Publié le 2 mars 2013 à 06:19
Laboratoire d\'analyse

Plus de la moitié des effets indésirables graves dus à l'allopurinol, un médicament commercialisé depuis plus de 40 ans pour traiter la goutte, sont actuellement dus à une prescription "non justifiée" de ce traitement, indique lepoint.fr. En émettant une nouvelle alerte - en même temps qu'une autre concernant le "détournement" d'un médicament contre les ulcères -, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) fait preuve de transparence. Mais, même si toutes les "affaires" récentes ne se ressemblent pas et même si elles n'ont pas la même gravité, elles confirment bien que le médicament est actuellement en pleine tourmente, dit encore lepoint.fr.

L'allopurinol est notamment indiqué dans le traitement des hyperuricémies (présence anormale d'acide urique dans le sang) provoquant des symptômes, et dans celui de la goutte, rappelle l'ANSM dans son communiqué. Mais ce produit est aussi identifié comme étant "la première cause de toxidermies bulleuses graves (la destruction brutale de la couche superficielle de la peau et des muqueuses) en Europe et l'un des premiers pourvoyeurs de syndromes d'hypersensibilité médicamenteuse" note lepoint.fr.

C'est pourquoi l'Agence avait déjà rappelé la dangerosité de ce traitement en mars, après avoir effectué une analyse rétrospective de ses effets secondaires, recueillis entre janvier 1993 et décembre 1997 par le système national de pharmacovigilance, souligne le site d'information. Elle avait alors fait ajouter au résumé des caractéristiques du produit - destiné aux professionnels de santé -, qui mentionnait déjà ces risques, qu'une attention particulière devait être portée aux personnes souffrant d'insuffisance rénale, relève lepoint.fr.

Mais la persistance de signalements d'effets indésirables cutanés graves a conduit l'ANSM à analyser à nouveau les observations concernant les effets indésirables qui lui ont été transmises sur une période récente, allant de 2008 à 2010. C'est ainsi qu'elle a découvert que 60 % des cas signalés au cours de ces trois années étaient jugés évitables, du fait d'une indication non justifiée, dit lepoint.fr.

"Ces événements surviennent le plus souvent au cours des deux mois suivant l'instauration du traitement, avec parfois une issue fatale", remarque l'Agence dans son bulletin d'alerte. "Par ailleurs, le non-respect des recommandations d'adaptation posologique à la fonction rénale, dans près de la moitié des cas, et une utilisation hors AMM (autorisation de mise sur le marché, NDLR) du médicament ont été observés, note le site d'information. 
Il est également noté que la prise en charge de ces complications est souvent retardée, du fait d'une méconnaissance de ce risque par les professionnels de santé.


C'est pourquoi l'Agence rappelle aux professionnels de santé la nécessité de respecter les indications de l'allopurinol, ajoute lepoint.fr. Ils sont donc tenus de ne pas en prescrire en cas d'hyperuricémie ne donnant aucun trouble, d'augmenter progressivement la posologie lors de l'instauration du traitement, d'adapter cette dernière à chaque malade, d'informer les patients du risque de survenue de réactions cutanées graves, et ils doivent faire arrêter immédiatement la prise d'allopurinol en cas d'éruption cutanée ou d'autre signe d'hypersensibilité, avant même de consulter. Même si cette démarche est louable, on peut se demander quelle formation (initiale et continue) nos médecins reçoivent concernant le bon usage du médicament, termine lepoint.fr.

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