La scarlatine, une maladie devenue rare mais toujours présente à La Réunion

  • Publié le 26 janvier 2026 à 02:59
École

Un simple mail envoyé à des parents avec écrit : "un cas de scarlatine avéré nous a été signalé" et rapidement, l'inquiétude monde. On croyait cette maladie quasiment éteinte, ou en tout cas on n'en entendait plus parler. Pourtant dans la réalité, la scarlatine, à l'instar d'autres pathologies touchant principalement les enfants n'a jamais vraiment disparu. Dans la majorité des cas, elle reste bénigne (Photo : rb/www.imazpress.com)

Son nom peut faire peur, car la scarlatine a longtemps été une maladie infantile mortelle. Elle a bien failli disparaître dans les années 1940 en Europe avec la généralisation des traitements antibiotiques, mais elle circule toujours.

"En France, depuis fin 2024, les nombres de consultations en médecine ambulatoire et de passages aux urgences pour scarlatine sont revenus à des niveaux observés au cours des saisons antérieures à l’épidémie de COVID-19", indique l'Agence régionale de santé de La Réunion (ARS).

- Un regain de la scarlatine après la crise sanitaire -

"Il y a en effet eu une recrudescence des cas, comme pour beaucoup de maladies infectieuses, après le Covid", explique le Docteur Adeline Grondin.

Les chiffres montrent une augmentation des cas de scarlatine détectés en ambulatoire surtout en 2022. Dans un bilan épidémiologique de Santé publique France, le nombre de consultations pour scarlatine en 2024 serait même revenu à des niveaux comparables aux niveaux d’avant le Covid.

Avec les confinements, "les gestes barrières avaient permis une circulation très réduite des virus et bactéries", explique la médecin. "Il a été observé après la levée de ces mesures une hausse des infections, peut-être parce que les interactions sociales se sont intensifiées", dit-elle. 

En plus de la scarlatine, d'autres pathologies touchant majoritairement les enfants ont resurgi, comme la rougeole ou la coqueluche ou diverses infections respiratoires hivernales chez l'enfant.

"Ce n'est pas seulement en raison de la fin des gestes barrières, cela pourrait être également dû à une vaccination encore insuffisante à La Réunion", dit la professionnelle de santé.

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- Les enfants, premiers touchés par la scarlatine -

Présente mais moins répandue en France, la scarlatine concerne surtout les enfants entre 5 et 10 ans. Les bébés de moins de deux ans sont moins touchés car protégés par les anticorps que leur mère leur a transmis pendant la grossesse.

Selon "l’assurance maladie, en France, à l’âge de 10 ans, environ 80 % des individus ont déjà produit des anticorps qui les immuniseront à l’avenir contre la scarlatine. La maladie atteint donc rarement les adultes, mais ce n’est pas impossible", précise l'ARS.

Aujourd'hui, "l'on peut reconnaître les signes qui sont très typiques et traiter avec des antibiotiques, ce qui fait que l'enfant guérit totalement, sans séquelles", rassure le Docteur Adeline Grondin.

Le traitement antibiotique est recommandé pour éradiquer le streptocoque A, réduire la contagiosité et prévenir les complications.

"Sans traitement, la scarlatine peut entraîner otite, sinusite, abcès péri-amygdalien, et plus rarement des complications (rhumatisme articulaire aigu, atteinte rénale). Les traitements actuels rendent ces complications peu fréquentes lorsqu’une prise en charge précoce est réalisée", indique l'ARS.

Dès lors que vous emmenez votre enfant chez le médecin, ce dernier peut procéder à un streptatest pour voir si la bactérie en cause de l'angine est liée à une scarlatine.

- Peau rouge, langue framboise -

Le Docteur Adeline Grondin explique : "la scarlatine est dûe à la même bactérie qui donne des angines causées par un streptocoque du groupe A". Elle se présente par une "fièvre élevée et angine douloureuse : gorge rouge, amygdales inflammées, parfois enduites", explique l'Agence régionale de santé.

Avec une "éruption cutanée typique : petits points rouges serrés, donnant un aspect “papier de verre”, débutant au cou et au thorax, puis s’étendant au corps, avec pâleur autour de la bouche".

La langue devient également "rouge vif après un premier aspect “blanchi”.

D'autre signes peuvent se présenter comme "l'accentuation de l’éruption dans les plis (aine, aisselles), et la peau qui pèle au niveau des mains et des pieds après la phase aiguë".

La maladie peut également être accompagnée de maux de tête, de maux de ventre et de nausées.

- La scarlatine : une bactérie très contagieuse -

Extrêmement contagieuse, "la scarlatine peut provoquer une petite épidémie au sein d’une collectivité, raison pour laquelle les établissements préfèrent avertir les parents, même si cette pathologie n'est pas à déclaration obligatoire", indique l'ARS.

"En revanche, un signalement peut être fait auprès de l’ARS, en cas de cas groupés en collectivités (écoles, crèches), afin d’organiser les mesures de contrôle avec les autorités sanitaires locales."

"Il y a donc une conduite à tenir lorsque cela intervient dans une école ou un établissement scolaire. La scarlatine appartient aux maladies à éviction scolaire : l'enfant ne peut pas être accueilli en collectivité entre le moment du diagnostic et jusqu'à 48 heures après le début du traitement antibiotique", précise le rectorat de La Réunion.

Lors de l'apparition d'un cas, les familles des autres élèves, ainsi que les personnels sont informés et invités à prendre des précautions.

Cependant, malgré cette mesure d’isolement du malade, il reste difficile de limiter la transmission de la bactérie. Celle-ci commence à se propager dès la période d’incubation (entre 1 et 4 jours généralement) et avant l’apparition des premiers symptômes.

La contamination se fait aussi bien par voies aériennes (salive, toux, éternuements), par les mains ou en touchant des objets contaminés par les sécrétions.

Il faut éviter le contact proche pendant les premières 24–48 h de traitement, période où la contagiosité décroît.

Comme pour d’autres maladies en résurgence (rougeole et coqueluche), les gestes de prévention, la vaccination à jour et le recours précoce au soin restent essentiels.

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