Début août, Johanne Defay a de nouveau été conviée pour une compétition test sur vagues artificielles au lendemain de la 7Úme manche du World Tour qui se déroulait non loin de là , sur le site de Huntington Beach dans le comté de Los Angeles. Invitée en septembre 2017 pour essayer cette piscine à vagues artificielles, puis en mai dernier pour la Founder's Cup, Johanne Defay a déjà pris ses marques sur cette vague artificielle.
Il y a un peu plus d'un an maintenant que l'Américain Kelly Slater, onze fois champion du monde de surf, a dévoilé au grand public la piscine à vague qu'il a mis au point avec la World Surf League. Unique en son genre, cette wavepool propose aujourd'hui l'une des meilleures vagues artificielles du monde et a déjà accueilli une 1Úre compétition en mai dernier lors de la Fouder's Cup.
SituĂ© Ă 4 heures de routes de Los Angeles, Ă l'intĂ©rieur des terres dans une rĂ©gion dĂ©sertique et quasiment rĂ©servĂ©e Ă l'agriculture, le Surf Ranch dispose d'un bassin de 400m oĂč un engin tirĂ© en va-et-vient par un cĂąble tel un tĂ©lĂ©phĂ©rique, dĂ©place une masse d'eau produisant ainsi une vague qui dĂ©roule en gauche dans un sens et en droite sur le retour, sur une durĂ©e de presque une minute. CĂŽtĂ© frĂ©quence, une vague est produite toutes les 4 minutes seulement, c'est dire la raretĂ© du prĂ©cieux...
En mai dernier, une Ăšre compĂ©tition par Ă©quipes, non officielle, a permis de faire quelques rĂ©glages en vue d'une prochaine... Il Ă©tait alors question de format Ă©tant donnĂ© qu'un seul surfeur Ă la fois peut surfer la vague mais aussi de notation sachant que quasiment toutes les vagues sont les mĂȘmes. PassĂ©s ces dĂ©tails, la WSL a dĂ©cidĂ© d'organiser la 8Ăšme manche du World Tour dans cette piscine en septembre prochain. Avec cette Ă©chĂ©ance, la WSL a alors mis en place des crĂ©neaux d'entrainement pour ses surfeurs de l'Ă©lite. C'est donc dans ce cadre lĂ que la RĂ©unionnaise Johanne Defay a passĂ© quelques jours au Ranch en ce dĂ©but aoĂ»t.
Un entrainement en vue de la qualification
Pour ce test event auquel participait Johanne Defay dĂ©but aoĂ»t 2018, les treize filles invitĂ©es ont eu droit Ă quatre vagues de qualification, soit deux droites et deux gauches, pour Ă©tablir ensuite un lassement oĂč seules les six premiĂšres filles disputaient la finale avec six vagues supplĂ©mentaires. Cette journĂ©e a permis aux filles de se familiariser avec ce format de compĂ©tition tout en testant les stratĂ©gies et le matĂ©riel qui faudra adopter le jour J.
Suite à ce test grandeur nature, Johanne Defay a eu droit à deux journées d'entrainement en compagnie de quatre autres filles. La Réunionnaise a ainsi eu le privilÚge de surfer cette vague particuliÚre en petit comité pour y effectuer des réglages en compagnie de son coach également présent. Il faut dire que cette vague est trÚs particuliÚre: si elle semble parfaite visuellement, il n'en est rien en réalité.
Cette vague née d'une machine est en réalité trÚs fragile et la moindre prise de rail un peu appuyée par le surfeur lors d'un turn (virage) peut complÚtement la dégrader. Visuellement la vague est parfaite, mais elle est peu puissante et propose des sections rapides qui sont ainsi délicates à négocier.
Contrairement Ă une vague naturelle, il est trĂšs difficile de se positionner sur celle-ci, au risque d'ĂȘtre trop en avance et se retrouver dans une partie molle ou bien d'ĂȘtre complĂštement en retard et se retrouver ainsi trop derriĂšre sans aucune chance de pouvoir se replacer. Bref, cette vague ne pardonne pas d'approximation de placement! D'autre part, si chaque vague a la mĂȘme physionomie, elles peuvent ĂȘtre diffĂ©rente Ă cause des mouvements d'eau gĂ©nĂ©rĂ©s dans le bassin, mais aussi du vent qui peut avoir une incidence considĂ©rable. Tous ces dĂ©tails ont donc Ă©tĂ© abordĂ©s et travaillĂ©s par la RĂ©unionnaise lors des ces journĂ©es d'entrainement.
Johanne Defay se dit sceptique
Si la vague peut ĂȘtre lassante Ă la longue, l'intĂ©rĂȘt non nĂ©gligeable est qu'elle a toujours la mĂȘme physionomie comme nous l'Ă©voquions prĂ©cĂ©demment. Ainsi, le surfeur peut anticiper ses mouvements et sait systĂ©matiquement oĂč les sections vont dĂ©rouler. Pour s'entrainer, l'enjeu est donc la rĂ©pĂ©tition de manoeuvres dans des conditions quasi identiques, jusque lĂ complĂštement impossible en surf! Johanne Defay en a ainsi profitĂ© pour travailler ses tubes frontside et backside (en droite et en gauche), qui lui font parfois dĂ©faut en conditions naturelles sur le Tour. AprĂšs 48h de pratique, la Saint Leusienne a acquis une position bien plus Ă©purĂ©e et efficace pour ce genre de manoeuvre, scorant de trĂšs belles sections Ă maintes reprises. Autre aspect non nĂ©gligeable de la piscine Ă vague, chaque vague est entiĂšrement filmĂ©e et disponible Ă volontĂ© en vidĂ©o; il est donc trĂšs facile pour le surfeur d'avoir un retour rapide sur une vague surfĂ©e...
De retour à la Réunion pour quelques jours, la Réunionnaise nous a confié son sentiment sur cette vague artificielle: "J'ai bien aimé ces journées d'entrainement, c'était fun car on prend plein de vagues et on sent vraiment la progression en quelques jours. J'ai pris le rythme de la vague et j'ai pu travailler mes tubes. Par contre je suis un peu sceptique pour la compétition car on prendra pas le nombre de vagues qu'on veut et malgré que ce soit une machine, toutes les vagues ne sont pas complÚtement identiques". Johanne Defay sera de retour en Californie début septembre pour à nouveau quelques journées d'entrainement avant la 8Úme manche du Wolrd Tour, le Surf Ranch Pro qui se tiendra du 6 au 9 septembre.
sp/www.ipreunion.com







