Plusieurs groupements de parents, dont Parents 974, se sont rassemblés sous le collectif Enfance et libertés. Ces mÚres et pÚres de famille appellent à mettre fin à l'obligation du port du masque à l'école et à modérer le protocole sanitaire en fonction du contexte des établissements scolaires et des départements (photo d'illustration rb / www.ipreunion.com)
Selon Cynthia Galand, fondatrice du collectif Parents 974, "les enfants sont les victimes silencieuses de la politique menĂ©e par le gouvernement dans la crise du Covid-19". La mĂšre de famille lutte activement contre lâobligation du port du masque dans les Ă©tablissements scolaires, et elle nâest pas la seule. Depuis le mois de dĂ©cembre 2020, 400 collectifs, dont celui de Cynthia, regroupĂ©s sur tout le territoire national, se sont rassemblĂ©s sous le nom dâEnfance et libertĂ©s. Leur objectif est de faire entendre leurs revendications, "trop souvent passĂ©es sous silence" selon la fondatrice du collectif rĂ©unionnais.
Maman dâun garçon de douze ans Ă©lĂšve dans un collĂšge de Saint-Pierre, Cynthia Galand dĂ©nonce les "proportions dĂ©mesurĂ©es prises par les autoritĂ©s au regard de la situation sanitaire Ă La RĂ©union". Selon elle, "lâavancĂ©e de lâĂ©pidĂ©mie actuellement sur lâĂźle ne nĂ©cessite pas de telles mesures". Elle dĂ©nonce Ă©galement le fait que les autoritĂ©s ne prendraient pas en compte les spĂ©cificitĂ©s du territoire : "il fait 35 degrĂ©s ici avec un taux dâhumiditĂ© Ă 80%, est-ce que le masque mouillĂ© par la sueur est vraiment efficace ?" se questionne-t-elle en substance.
Ancienne infirmiĂšre, elle souligne aussi "les effets nĂ©fastes du masque" qui sont, selon elle et le collectif Enfance et libertĂ©s, "de plus en plus identifiĂ©s" : "maux de tĂȘte, lĂ©sions dermatologiques, baisse de lâhygiĂšne, difficultĂ©s respiratoires, saignements du nez, troubles ORL, affaiblissement des dĂ©fenses immunitaires, fatigue et apathie, pollution dans les apprentissages (pour sâexprimer, comprendre, apprendre), isolement, tristesse, angoisse et dĂ©pression, perte de motivation, refus dâaller Ă lâĂ©cole, repli sur soi, malaises, etc".
Le collectif prĂ©cise que "de nombreux professionnels de santĂ©, de la communautĂ© Ă©ducative, ainsi que lâOrganisation Mondiale de la SantĂ©, tirent Ă©galement le signal dâalarme sur les effets dĂ©lĂ©tĂšres du port du masque sur les enfants, ainsi que sur les risques psycho-sociaux et lâimpact sur les apprentissages". Cynthia Galand ajoute Ă©galement que "plusieurs pays comme lâAutriche ont rejetĂ© le port du masque dans les Ă©coles", elle aimerait que "le gouvernement français fasse de mĂȘme".
- " Nous ne sommes pas écoutés "
Selon la mĂšre de famille, tous les collectifs de parents de lâĂźle et de la MĂ©tropole "constateraient le mĂȘme problĂšme" : "on essaie de dialoguer avec lâagence rĂ©gionale de santĂ© (ARS), la prĂ©fecture et le rectorat mais le problĂšme ne semble pas exister pour eux, ils ne veulent pas en parler". DâaprĂšs elle, "tous se renvoient la balle et disent que les dĂ©cisions sont prises par les diffĂ©rents ministĂšres".
La fondatrice du collectif Parents 974 critique Ă©galement "le poids qui pĂšserait sur les Ă©paules des Ă©lĂšves" : "mon fils a Ă©tĂ© convoquĂ© par le principal de son collĂšge avec menace dâexclusion, on lui a reprochĂ© de mettre en danger la vie dâautrui Ă un moment oĂč il ne portait pas son masque, câest une accusation trĂšs grave pour ce type dâincident". Selon elle, des telles mesures "entretiennent la peur" : "tout le monde est considĂ©rĂ© comme malade alors que les cas dans les Ă©tablissements scolaires sont trĂšs rares". Elle dĂ©nonce Ă©galement un manque de cohĂ©rence : "les enfants se retrouvent tous dans la cantine, sans masque et sans distanciation sociale et pourtant, on ne dĂ©plore pas de nouveaux cas, je pense quâil faut sâinterroger lĂ -dessus".
Plusieurs requĂȘtes auraient Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es par diffĂ©rents collectifs auprĂšs du Conseil dâEtat. Si les parents aimeraient que les masques ne soient plus obligatoires mais portĂ©s selon le bon vouloir des Ă©lĂšves, ils nâont " pas beaucoup dâespoir dâĂȘtre entendus" et "espĂšrent au moins que le Conseil prendra en considĂ©ration la nĂ©cessitĂ© pour les enfants de pouvoir faire des pauses sans masque, sans avoir Ă se cacher au fond de la cour" explique Cynthia.
Une manifestation, organisĂ©e par le collectif Enfant et libertĂ©s est prĂ©vue le 30 janvier 2021 Ă La RĂ©union, le lieu nâa pas encore Ă©tĂ© prĂ©cisĂ© mais lâĂ©vĂ©nement se voudra "festif" selon la mĂšre de famille.
ContactĂ©e par Imaz Press, lâARS nâa pas donnĂ© suite. le Rectorat quant Ă lui est fermĂ© pour les vacances.
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