Tribune libre d'une habitant de Saint-André

Mettre des mots sur mes maux est devenu une nécessité : j'ai choisi de ne pas me taire !

  • Publié le 13 février 2026 à 10:47
ville de saint-andré

Dans la nuit du 6 au 7 février, alors que nous dormions paisiblement en famille, un individu s’est introduit dans notre maison à Saint-André. Nous étions tous présents, sous le même toit, confiants, inconscients qu’un inconnu circulait dans notre intimité (Photo : sly/www.imazpress.com)

- Quand la peur s'invite dans nos chambres !

Il a traversé chaque pièce. Il a ouvert les tiroirs, vidé les placards, fouillé méthodiquement nos affaires personnelles. Rien n’a été épargné. Bijoux, argent, objets de valeur ont été emportés. La maison a été retournée, saccagée.

Mais au-delà des pertes matérielles, c’est un sentiment profond de sécurité qui a été brisé.

Parmi les biens volés se trouvaient les bijoux de ma mère défunte. Des bijoux sans valeur marchande exceptionnelle peut-être, mais d’une valeur sentimentale inestimable. Ils portaient son histoire, sa mémoire, son amour. Ils représentaient un lien précieux entre les générations. Leur disparition est une blessure supplémentaire, comme une seconde perte.

Au cœur de la nuit, je me suis retournée dans mon lit. Et je l’ai vu. Debout, la tête couverte d’une capuche, en train de fouiller dans un placard, dans la chambre. Dans cet espace qui devrait être le plus intime, le plus protégé. En quelques secondes, la stupeur a laissé place à la peur. Une peur qui serre la poitrine et qui ne s’efface pas.

Entrer dans une maison habitée pendant que ses occupants dorment n’est pas un simple vol. C’est une intrusion violente. C’est pénétrer dans la vie des autres sans limite. C’est saccager bien plus que des objets : c’est atteindre la dignité, la tranquillité, la paix intérieure d’une famille.

Depuis cette nuit du 6 au 7 février, l’angoisse s’est installée. Le moindre bruit surprend. Les nuits ne sont plus les mêmes. La maison, qui était un refuge, semble parfois fragile. Ceux qui étaient présents cette nuit-là portent aussi cette trace invisible. On continue à vivre, mais avec une vigilance forcée.

À Saint-André, nous ne sommes plus à l’abri. Combien d’autres familles vivent cela dans le silence ?

Combien d’intrusions pendant le sommeil de leurs occupants ?

Combien de souvenirs arrachés, combien de traumatismes tus ?

Pensons aussi à nos personnes âgées, souvent seules face à ces épreuves, pour qui une telle intrusion n’est pas seulement un vol, mais un bouleversement profond qui fragilise leur santé, leur confiance et leur paix intérieure.

Il est urgent de prendre la mesure de cette réalité. La sécurité des habitants doit redevenir une priorité visible et concrète. Nous ne pouvons pas banaliser ces actes. Nous ne pouvons pas accepter que la peur fasse partie du quotidien.

Ce témoignage n’est pas une recherche de vengeance. C’est un appel à la conscience collective. Un appel aux autorités pour renforcer les moyens de prévention et de protection. Un appel aussi à la solidarité entre voisins, à la vigilance partagée.

Nous avons le droit de dormir en paix.
Nous avons le droit de protéger nos familles.
Nous avons le droit de préserver nos souvenirs.

Je refuse que cette violence devienne normale, une habitude !

Je refuse que le silence étouffe ces réalités.

Saint-André mérite mieux. Saint André mérite d'être un lieu où l'on peut dormir sans crainte, où la dignité des familles est respectée.

Parce que le silence nourrit l’injustice, j’ai décidé de dire mes maux avec des mots, alors je choisis de ne pas me taire.

Marie Annick Ramsamy-Dufour
Habitante de Saint-André

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