Hier samedi 29 novembre, Naïma Moutchou la Ministre des Outre-mer s’est rendue au musée de Stella, elle a été accueillie par des personnalités préfectorales et de la gendarmerie, les deux commissaires de l'exposition "Engagés du sucre", la représentante de la Région et du représentant du maire de St-Leu, de l'équipe du Musée et de son 1er directeur de 1991, ainsi quelques invités ayant travaillés dans cette usine sucrière (Photo www.imazpress.com)
Une visite en témoignage à sa sensibilité que la Ministre des Outre-mer porte à l'histoire des engagés du sucre et à toute l'histoire de La Réunion. Une curiosité qui frappe dès la visite à l'exposition avec échanges nourris de part et d'autre, aussi bien avec les deux commissaires que les invités.
Au cours cette exploration, Mme Michèle Marimoutou agrégée, docteur et chercheuse en histoire et M. Bernard Leveneur conservateur en chef du patrimoine ont retracé le parcours des engagés sur l'île. Une itinéraire enrichie par des sublimes photos, des portraits extraordinaires exposés et animés...suivie des explication sur les trajets des engagés, sur un développement économique qui se reposait durant la période, sur une main-d’œuvre abondante et à bon marché venue des divers continents, les cultes pratiqués etc, etc.
Une immersion passionnante qui nous a tous plongés dans l'histoire de l'engagisme, celle même qui a construit l'identité culturelle de La Réunion.
Une manifestation haute en couleur que la Ministre des Outre-Mer a pu contempler, écouter longuement avec une certaine humanité au cœur en écoutant les divers récits de cette histoire, en buvant d'un trait la parole des uns et des autres.
Elle a aussi prêté une oreille attentive des deux invités, l'un parlant de vie à l'usine, les conditions travail très souvent insupportables de l'époque, les difficultés des femmes à l'usine, l'annonce de la fermeture, l'aspect symbolique d'une Ministre dans ce lieu chargé d'histoire...etc.
andis que l'autre invitée a mis l'accent d'un membre de sa famille descendant des engagés, dont les traces de fer aux pieds ont été visibles jusqu'à la mort, leur nom modifié etc etc. Tout ce qui peut montrer le parcours atroce de ce dernier mais aussi de l'ensemble des engagés de l'époque.
C’est avec beaucoup de bienveillance que la Ministre a poussé la porte de cette douloureuse histoire avec une certaine émotion palpable. Page douloureuse du peuplement de l'île jadis cachée qui s'est dévoilée en présence de la Ministre des Outre-Mer.
Même les engagés qui étaient munis d'un contrat libre, cherchant la quête d'une vie meilleure, recherchant presque le "paradis" se sont trouvés en "enfer". D'abord en quittant leur pays, puis en traversant et en affrontant les océans ensuite les conditions de travail abominable et inhumaine.
Et, souvent pour apaiser leurs douleurs, ils buvaient de "l'arack" une boisson fabriquée par eux-mêmes en se réfugiant le soir après la dureté du travail quotidien ou avec le son du Maloya qui était interdit alors ils se cachaient pour jouer et danser ou encore ils se réfugient dans leurs cultes religieux dont ils avaient eu l'autorisation de les pratiquer.
Alors oui la Ministre a été très sensible, d'autant plus à une époque pas aussi éloignée, il était strictement interdit de serrer la main du directeur ou des cadres dans l'usine. Le bonjour se faisait en levant son chapeau, parfois même plusieurs fois de la journée en signe de respect ou de soumission.
Aujourd'hui, c'est tout un symbole qui est tombé dans ce lieu d'histoire, lorsque que La Ministre nous a serré la main à plusieurs reprises. Oui le temps a changé, en demandant même à un ancien ouvrier descendant d'engagés du sucre et qui a travaillé dans cette usine, de le faire parvenir le livre "Léritaz Nout' Zansèt Stella" dédicacé. N'est-ce-pas une revanche sur l'histoire ?
N'est-ce-pas là-aussi une belle reconnaissance adressée à nos ancêtres à nos " zarboutans" ? Malgré tout, on peut dire qu'après plus d'un siècle et demi de vie, le Musée de Stella essaie de préserver le maximum cette richesse historique et la transmettre pour que rien ne s'efface.
Jean Claude Comorassamy

Exact que le Maloya était strictement interdit à l'époque, de même il fallait enlever sa chapeau pour dire bonjour les directeurs....le temps a bien changé puisque la Ministre serre aujourd'hui la main des engagés. Du chemin parcouru depuis n'est-ce pas ? Mais est-ce suffisant pour la réparation ?