Depuis plusieurs mois, un même mot revient lorsque les agriculteurs réunionnais attendent ce qui leur est dû : retard. Aujourd'hui, nous apprenons que le versement attendu de l'acompte de l'aide à la production de canne, à hauteur de 720 euros par hectare, ne pourra pas intervenir à la date prévue.( Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com) (Photo photo Sly/www.imazpress.com)
Pour une exploitation dont la trésorerie est déjà extrêmement tendue, quelques jours supplémentaires comptent. Car pendant que les aides prennent du retard, les fournisseurs, les banques, les cotisations et les factures, eux, n'attendent pas.
- Et au même moment, nos charges continuent d'exploser-
+69 % sur le GNR en deux ans : quelle entreprise peut tenir ? En octobre 2024, le GNR était à 0,75 euro le litre à La Réunion. Deux ans plus tard, son prix a augmenté de près de 69 %, soit pratiquement 70 %.
Le GNR fait fonctionner nos tracteurs, nos coupeuses de canne et une grande partie de nos matériels agricoles. Il est indispensable à notre activité.
Alors posons simplement la question : Quelle entreprise peut supporter près de 70 % d'augmentation d'un poste aussi
indispensable à son activité en seulement deux ans, tout en subissant parallèlement des retards de paiement ?
On demande aux agriculteurs de produire, d'investir, de maintenir l'emploi et de contribuer à la souveraineté alimentaire de La Réunion.
Mais avec quelle trésorerie ? Nous ne participerons pas à une guerre entre syndicats
Certaines organisations agricoles interpellent aujourd'hui la nouvelle équipe représentant les planteurs au CPCS.
La CGPER ne participera pas à cette polémique.
Le CPCS doit jouer pleinement son rôle et nous y prendrons toutes nos responsabilités.
Mais chercher un responsable parmi les représentants agricoles ne mettra pas un euro supplémentaire sur le compte bancaire d'un planteur.
Notre préoccupation est ailleurs : Combien d'argent destiné aux agriculteurs réunionnais est aujourd'hui en attente de paiement ?
Pour combien d'exploitations ?
Pour quels montants ?
Et surtout, selon quel calendrier cet argent arrivera-t-il sur les comptes ?
C'est cela que nous devons savoir.
La colère monte sur le terrain
Des agriculteurs nous appellent et certains nous disent : « Il faut descendre dans la rue. »
Nous entendons cette colère.
Mais descendre dans la rue pour demander quoi, à qui et avec quels objectifs ?
Nous ne voulons pas manifester pour rentrer ensuite dans nos exploitations avec exactement les mêmes problèmes.
- Nous voulons des réponses et des résultats -
Nous demandons donc que l'État, les organismes payeurs, les collectivités et ceux qui disposent réellement des leviers de décision mettent rapidement sur la table un état précis des sommes en attente, des exploitations concernées et des dates effectives de paiement.
La question de l'explosion du coût du carburant agricole doit également être traitée.
Chacun devra prendre ses responsabilités
La CGPER privilégiera toujours le dialogue lorsqu'il permet d'obtenir des résultats.
Mais le dialogue ne peut pas devenir une succession de réunions et de nouveaux délais pendant que les trésoreries des exploitations se vident.
La situation devient intenable et la colère qui monte dans le monde agricole réunionnais
doit être entendue. Nous souhaitons que des solutions rapides soient trouvées par le dialogue.
Mais si les réponses ne viennent pas, la CGPER prendra ses responsabilités. Et chacun devra également prendre et assumer les siennes.
Nos agriculteurs ne demandent pas la charité.
Ils demandent que les engagements soient respectés, que l'argent qui leur est dû soit versé et qu'on leur donne simplement les moyens de continuer à travailler et à produire.
Jean-Michel Moutama
Président de la CGPER
