Tribune du Snalc

Blocages et perturbations dans les lycées : le syndicat soutient les élèves, condamne les dégradations et appelle à s'adresser aux bons interlocuteurs

  • Publié le 7 octobre 2026 à 09:01
  • Actualisé le 7 octobre 2026 à 09:03
College

Depuis plusieurs jours, des blocages et des perturbations touchent des lycées de l'académie de La Réunion. Au lycée Roland Garros du Tampon, il s'agit surtout de perturbations : les élèves peuvent, pour l'essentiel, venir en cours. Nous souhaitons rappeler notre position, qui tient en deux idées : nous comprenons la colère des élèves, mais nous pensons qu'elle ne doit pas se tromper de cible.

Nous soutenons l'expression des élèves. Leurs inquiétudes sur les conditions d'accueil et d'étude sont légitimes, et le droit de manifester fait partie de la vie démocratique de l'École. Nous condamnons en revanche les dégradations commises à l'occasion de ces actions. Elles ne servent en rien la cause défendue : elles abîment des locaux déjà fragiles, pénalisent toute la communauté éducative et alimentent un climat de défiance dont personne ne sort gagnant.

Il faut aussi regarder là où se prennent les décisions. La vétusté des locaux, qui est au cœur des revendications, relève de la Région, compétente en matière de construction, de rénovation, d'entretien et d'équipement des lycées. Ce n'est pas un sujet qui se règle à l'échelle d'un établissement. Les directions et les équipes éducatives partagent d'ailleurs les constats des élèves et agissent à leur niveau. Elles signalent les besoins, montent les dossiers et sollicitent en continu la Région, le rectorat et les collectivités.

Ce travail est quotidien, souvent invisible, et nous tenons à le saluer. C'est ensemble, élèves, personnels, directions et organisations syndicales, que la pression doit s'exercer sur les institutions qui détiennent les leviers de décision et de financement.

Le problème est surtout celui des délais. Entre le signalement d'une difficulté, l'instruction du dossier, le vote des crédits et la réalisation des travaux, il s'écoule des mois, parfois des années. Cette lenteur pèse sur le quotidien des lycéens et explique en grande partie l'exaspération qui s'exprime aujourd'hui. Nous demandons à la Région d'accélérer ses procédures et de publier un calendrier précis des travaux dans les lycées de l'académie, dont Roland Garros, en associant élèves, personnels et représentants syndicaux à leur suivi.

Les établissements disposent aussi d'instances démocratiques où ces sujets peuvent et doivent être portés : le conseil d'administration, où siègent élèves, parents, personnels et représentants de la collectivité de rattachement, ou encore le conseil de la vie lycéenne, où s'expriment les élèves élus. C'est dans ces espaces que des engagements précis doivent être pris, puis suivi dans le temps, pour faire évoluer concrètement les conditions d'étude de chaque établissement.

Nous nous étonnons par ailleurs des prises de position de plusieurs maires sur ces blocages et perturbations. Les lycées ne relèvent pas de la compétence des communes, et ces interventions brouillent les responsabilités plus qu'elles ne clarifient le débat. Les élus municipaux disposent pourtant de leviers concrets qui touchent directement la vie des lycéens : un réseau de transports en commun plus efficace et adapté à leurs horaires, un meilleur entretien des abords des établissements et la présence de médiateurs aux alentours des lycées pour prévenir les tensions. C'est sur ces sujets que leur action serait attendue et utile.

Le SNALC reste mobilisé aux côtés des personnels et des élèves pour obtenir des conditions d'enseignement dignes, dans le respect des personnes et des locaux.

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