Tribune libre du CPCS

Budget 2027 : le respect des engagements de l'État est indispensable au fonctionnement de la filière canne-sucre

  • Publié le 1 octobre 2026 à 05:25
  • Actualisé le 1 octobre 2026 à 05:27
champs de cannes bois-rouge

Le Comité Paritaire interprofessionnel de la Canne et du Sucre (CPCS) exprime sa très vive inquiétude face aux informations faisant état d’une diminution de 17 millions d’euros des soutiens nationaux à la filière canne-sucre dans le projet de loi de finances pour 2027 (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

À la veille de la présentation du projet de budget en Conseil des ministres, plusieurs informations mentionnent une réduction de près de 24 millions d’euros des soutiens consacrés à l’agriculture ultramarine, dont 17 millions d’euros pour la seule filière canne-sucre des DROM.

Si ces arbitrages devaient être confirmés, ils seraient incompréhensibles et en contradiction avec les engagements pris par l’État envers la filière canne-sucre réunionnaise.

La Convention Canne actuellement en vigueur a été construite et signée sur la base d’un équilibre économique associant planteurs, industriel, collectivités et État. Le maintien de l’intégralité des soutiens publics à la filière constitue l’une des conditions essentielles de cet équilibre.

Une diminution de ces soutiens en cours de convention remettrait nécessairement en cause les conditions économiques sur lesquelles l’ensemble des partenaires se sont engagés.

Cette perspective apparaît d’autant plus difficile à comprendre qu’elle intervient quelques mois seulement après la conclusion du protocole partenarial signé lors des États généraux de la Canne, et auxquels l’État a pleinement participé sous l’égide de Monsieur le Préfet de La Réunion.

Les plans d’actions en préparation qui en découlent ont précisément pour objectif de construire l’avenir de la filière, d’assurer sa pérennité et d’identifier les moyens nécessaires pour conforter son modèle économique. Ils ont confirmé la nécessité de maintenir les soutiens existants et de rechercher les moyens de renforcer durablement la filière.

Il serait donc particulièrement contradictoire de demander à l’ensemble des acteurs réunionnais de travailler à une stratégie de long terme pour la filière canne-sucre tout en diminuant, dans le même temps, les moyens qui permettent son fonctionnement.

Cette contradiction apparait d’autant plus forte que la France se mobilise actuellement auprès des institutions européennes pour obtenir un renforcement du POSEI (fonds européens de soutien à l’agriculture ultramarine).

Pour La Réunion, la question dépasse très largement celle d’une ligne budgétaire.

La filière canne-sucre constitue le pilier de l’agriculture et de l’économie réunionnaises. Toute diminution de ses soutiens aurait des conséquences sur le revenu des planteurs, l’équilibre économique de l’industrie sucrière et, plus largement, affaiblirait l’ensemble de l’agriculture réunionnaise.

Le CPCS demande donc au Gouvernement de confirmer, dans le projet de loi de finances pour 2027, le maintien intégral des soutiens nationaux contractualisé aujourd’hui.

Au moment où l’ensemble de ses acteurs travaillent collectivement à construire son avenir, la filière a besoin de visibilité, de cohérence et du respect des engagements pris par l’État.

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