Tribune libre de Demain La Réunion

Douze années d’inaction, un data center de trop : pour l’eau de Saint-André, il est temps de choisir

  • Publié le 9 juillet 2026 à 09:12
  • Actualisé le 9 juillet 2026 à 09:28
Sécheresse

Depuis 2014, les investissements dans le réseau d’eau potable de Saint-André ont cessé net. Pendant douze ans – la modernisation des infrastructures a été stoppée, alors même que la compétence eau était transférée à la CIREST. Ce déficit d’investissement transmandataire n’est pas une fatalité climatique : c’est un choix politique assumé, dont les habitants paient aujourd’hui le prix fort (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

42 % de l’eau produite à Saint-André ne parvient jamais aux foyers. Des canalisations vieillissantes, des capacités de stockage devenues insuffisantes pour une population qui a doublé en trente ans, des coupures d’eau nocturnes devenues la norme dans une grande partie de la commune. Voilà le bilan d’une décennie d’inaction.

Le président de la CIREST lui-même a reconnu en 2025 un "retard historique". Il a annoncé un plan d’urgence de 90 millions d’euros pour sécuriser l’eau dans l’Est, avec une priorité donnée à Saint-André. Mais ce plan, aussi nécessaire soit-il, ne fait que rattraper des années perdues. Pendant ce temps, que propose-t-on aux Saint-Andréens ?

Un data center à Bois Rouge.

Pas de data center tant que l'eau manque aux habitants

Ce projet est une aberration totale.

Le data center viendrait puiser dans une ressource déjà en guerre entre les habitants, l’usine sucrière et la centrale thermique Albioma. À Bois Rouge, les riverains subissent des coupures d’eau récurrentes. L’Étang de Bois Rouge, zone humide protégée, verrait son équilibre fragilisé par des prélèvements supplémentaires dans la nappe phréatique.

Nous refusons que l’eau des Saint-Andréens soit sacrifiée sur l’autel du numérique.

L’inaction ne peut pas se parer des habits du fatalisme planétaire. Il y a urgence à agir.

Propositions pour une gestion responsable de l'eau à Saint-André:

1. La mise en place d’un PPI spécifique à Saint-André, et la communication d’un calendrier annuel des investissements (rénovation des réseaux, sécurisation des infrastructures existantes et construction de nouveaux équipements).

2. La distribution d’eau potable en bouteille dès la moindre coupure.

3. La prise en compte des inconvénients induits avec un geste commercial sur la facture.

4. L’abandon pur et simple du projet de data center incompatible avec la situation hydrique critique de Saint-André.

5. La transparence totale sur la consommation d’eau annoncée par le projet et sur l’origine de la ressource mobilisée.

6. La programmation immédiate des projets départementaux d’interconnexion pour la région Est (avec fléchage des fonds européens de façon prioritaire).

7. Enfin deux propositions de loi visant d’abord à encadrer l’installation des data center sur le territoire puis sur la problématique de l’eau à la réunion fixant la problématique de l’eau comme priorité absolue et vitale.

Tant que l'eau ne coulera pas normalement dans tous les foyers de Saint-André, aucun projet susceptible d'accroître la pression sur cette ressource ne doit être autorisé.

Fidèle à son engagement et dans un esprit de responsabilité, Demain La Réunion souhaite porter ce débat loin des polémiques.

Notre seule préoccupation est l'intérêt général et la défense d'une ressource vitale pour les Réunionnais. C'est dans cette logique constructive que nous formulons ces propositions et que nous continuerons à défendre une politique de l'eau fondée sur l'anticipation, la transparence et la priorité donnée aux besoins de la population.

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