Je me réjouis de l'adoption par le Sénat de l'amendement que j’avais déposé visant à mieux lutter contre les friches agricoles dans les Outre-mer (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)
Dans nos territoires insulaires, et tout particulièrement à La Réunion, le foncier agricole est une ressource rare et donc précieuse, d’autant plus lorsque nous voulons avancer vers plus de souveraineté alimentaire. Entre les contraintes que nous avons et qui sont liées au relief, la richesse exceptionnelle de nos espaces naturels et une forte pression de l'urbanisation, chaque hectare agricole compte. Pourtant, près de 12.000 hectares de terres agricoles sont aujourd'hui en friche à La Réunion, compromettant notre capacité à renforcer notre souveraineté alimentaire et à soutenir une agriculture locale créatrice d'emplois et de valeur.
L'amendement adopté est une solution concrète à ce défi. Il permet d'adapter les règles aux réalités des départements et régions d'Outre-mer en portant à deux ans le délai à partir duquel une parcelle en friche peut faire l'objet de la procédure de mise en valeur. Il s'agit d'une mesure pragmatique qui tient compte des spécificités foncières de nos territoires et qui favorisera une mobilisation plus rapide des terres agricoles inexploitées.
Préserver notre foncier agricole, c'est préserver notre capacité à produire localement, à mieux résister aux crises d'approvisionnement et à garantir l'avenir de notre agriculture réunionnaise et ultramarine.
Je salue l’avis favorable donné par la Ministre de l’Agriculture qui a estimé qu’il s’agissait d’une mesure concrète pour la souveraineté alimentaire des Outre-mer. Je tiens toutefois à le dire : cette évolution constitue un signal positif, mais elle ne saurait, à elle seule, répondre aux difficultés profondes que connaît le foncier agricole dans nos territoires.
Les terres restent souvent inexploitées en raison de successions non réglées, d'indivisions complexes, de difficultés de transmission des exploitations, du faible niveau des retraites agricoles ou encore du manque de financement auquel sont confrontés de nombreux jeunes souhaitant s'installer.
C'est pourquoi, au-delà des évolutions législatives, j'appelle le Préfet, la Chambre d’agriculture et les acteurs concernés à poursuivre le travail engagé afin d'accompagner les propriétaires et les exploitants dans la remise en culture des parcelles, de simplifier les démarches administratives, de faciliter les transmissions et de renforcer durablement la protection des terres agricoles face à l'artificialisation.
Enfin, tendre vers plus de souveraineté alimentaire implique des semences adaptées à nos climats tropicaux et subtropicaux. Ce n’est, en 2026, toujours pas le cas. Nous disposons encore de semences prévues pour des climats et des sols hexagonaux. Je regrette très vivement que mes amendements visant à autoriser, à La Réunion, l’utilisation de semences de notre bassin océanique aient été déclarés irrecevables. Je continuerai le combat sur ce sujet qui me tient à coeur ainsi qu’à nos filières agricoles.
