La situation de la ressource en eau à La Réunion reste marquée par une sécheresse persistante et de fortes tensions, particulièrement dans l’Est et le Sud de l’île. (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Les précipitations de l’hiver austral se sont révélées insuffisantes pour permettre une recharge durable des nappes souterraines et des cours d’eau, dont les débits continuent de diminuer.
Saint-Philippe est aujourd’hui particulièrement touchée par cette situation, avec une forte pression sur son réseau d’alimentation en eau qui impose régulièrement des coupures et des tours d’eau à notre population.
La commune de Saint-Philippe est d’ailleurs placée en alerte renforcée sécheresse à la suite du comité sécheresse réuni le 26 août 2026, en raison d'un déficit pluviométrique persistant.
De plus, des plans de coupure sont toujours d’actualité sur la commune de Saint-Joseph notamment le secteur de Petite-Crête. Malgré les dernières pluies le débit de production de galerie est toujours déficitaire de 100m3/H : 250m3/H actuel au lieu de 350m3/H nécessaires aux territoires Est de Saint-Joseph et Saint-Philippe.
- Face à cette situation, une solution existe pour nos deux territoires : le forage de Takamaka ! -
Cet équipement stratégique, dont la CASUD assure la maîtrise d’ouvrage, doit permettre de mobiliser une nouvelle ressource et de sécuriser durablement l’alimentation en eau de Saint-Philippe.
Dès le 14 août dernier, devant l’urgence de la situation, je m’étais publiquement étonné de l’immobilisme autour
de cet équipement et avais demandé aux responsables concernés de tout mettre en œuvre afin de permettre sa mise en service dans les meilleurs délais.
Une réunion s’est tenue en préfecture le 25 août 2026, en présence des services de l’État et des services techniques de la CASUD, mais malheureusement sans la présence d’un élu de l’intercommunalité.
Je le regrette, car la situation que nous connaissons affecte directement et quotidiennement des milliers de Saint-Philippois. Cette problématique doit mobiliser pleinement l’ensemble des élus et institutions concernés.
Cette réunion nous a permis d’apprendre que l’équipement pouvait être opérationnel, mais que sa mise en service restait conditionnée à l’aboutissement des procédures administratives auprès des services de l’État, initialement annoncé pour le mois de décembre.
Un tel délai, dans le contexte que nous connaissons, était tout simplement incompréhensible et inacceptable pour notre population.
Suite à mon interpellation, le Président de la CASUD avait, dès le 18 août 2026, sollicité auprès des services de l’État une mobilisation exceptionnelle et anticipée du forage.
Cette démarche a désormais abouti.
Par arrêté du 15 septembre 2026, le Préfet de La Réunion a répondu favorablement à cette demande en autorisant la CASUD à prélever et à utiliser, en vue de la consommation humaine, l’eau issue du forage de Takamaka. L’obstacle administratif qui retardait sa mobilisation est donc désormais levé.
Pourtant, à ce jour, le forage n’est toujours pas en service.
Je m’interroge donc une nouvelle fois sur cet immobilisme, alors même que les Saint-Philippois continuent de subir les conséquences d’une ressource insuffisante et les contraintes qui en découlent dans leur vie quotidienne. Il ne s’agit plus aujourd’hui de rechercher une solution : elle existe.
- Il ne s’agit plus d’attendre la réalisation d’un équipement : il est là-
Il ne s’agit plus d’attendre une autorisation exceptionnelle : elle a été accordée.
Plus rien ne justifie désormais d’attendre.
Dans ces conditions, je demande solennellement aux instances concernées de prendre toutes les dispositions
nécessaires pour procéder sans nouveau délai à la mise en service effective du forage de Takamaka.
L’accès à l’eau potable constitue un besoin essentiel et une priorité absolue.
Les Saint-Philippois ont suffisamment attendu.
Olivier Rivière
Maire de Saint-Philippe
