L’intersyndicale de l’UES Réunion tient à informer la population, les salariés et les pouvoirs publics de sa profonde préoccupation face à la gestion du conflit social actuellement en cours. Dans le préavis de grève, les organisations syndicales ont clairement exposé leurs revendications portant principalement sur la dégradation des conditions de travail, du climat social et sur des situations portant atteinte au respect et à la dignité des salariés. Elles ont également réaffirmé leur disponibilité pour engager un dialogue constructif avec la direction afin de rechercher une issue au conflit. (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)
Conformément au préavis déposé pour une durée illimitée à compter du 6 octobre 2026, deux réunions d’entretien de préavis se sont tenues les 2 octobre et 6 octobre 2026. Malgré ces échanges, aucune réponse concrète n’a été apportée par la direction aux revendications formulées par les représentants des salariés. Une nouvelle réunion s’est tenue le 9 octobre, alors que le mouvement de grève était déjà engagé, et une autre réunion est prévue le 12 octobre 2026.
L’intersyndicale constate avec regret que ce n’est qu’au troisième jour de mobilisation que la direction a accepté de recevoir les représentants du personnel. Dans le même temps, dès le deuxième jour de grève, elle a informé les organisations syndicales de son intention de solliciter une procédure de réquisition. Pour l’intersyndicale, cette démarche illustre le niveau particulièrement insuffisant du dialogue social au sein de l’entreprise.
Nous dénonçons l’absence de volonté réelle de la direction de parvenir à un compromis. Alors que les revendications concernent des questions essentielles de conditions de travail ayant un impact direct sur la qualité du service rendu au public, la direction semble privilégier une stratégie consistant à gagner du temps, à opposer la population aux salariés et à rechercher une intervention extérieure afin de mettre fin au mouvement sans répondre aux problèmes soulevés.
L’intersyndicale rappelle que les salariés sont pleinement conscients de leurs responsabilités. Avec un taux de mobilisation avoisinant 90 %, les installations de production et de potabilisation de l’eau pourraient rapidement être confrontées à des difficultés d’exploitation. Notre priorité reste d’assurer nos missions de service et de garantir la continuité des activités. Toutefois, cette responsabilité ne peut s’exercer au détriment de la santé, de la sécurité et des conditions de travail des salariés.
Il est inadmissible que, malgré l’ampleur du mouvement et la connaissance des revendications par la direction, aucune réponse sérieuse n’ait été apportée avant plusieurs jours de mobilisation. Cette méthode rappelle malheureusement celle déjà vécue par nos collègues de Martinique lors d’un conflit social particulièrement long.
L’intersyndicale demande solennellement à Monsieur le Préfet de La Réunion de recevoir ses représentants afin de mettre à plat l’ensemble des problématiques déjà présentées dans les différentes instances représentatives du personnel et d’examiner les voies d’une sortie de crise respectueuse des salariés et de l’intérêt général.
Nous rappelons que l’article L. 2512-2 du Code du travail prévoit que, pendant la durée du préavis de grève, les parties intéressées sont tenues de négocier.
L’intersyndicale regrette enfin que la population, les salariés et les représentants de l’État puissent être placés en porte-à-faux par une stratégie qui privilégie la confrontation plutôt que la recherche d’un accord.
L’intersyndicale de l’UES Réunion réaffirme sa disponibilité immédiate pour tout échange sérieux, transparent et constructif permettant d’aboutir à des réponses concrètes aux revendications des salariés.
L'intersyndicale de l'ues Réunion
