Tribune libre de Joël de Palmas

L’éducation Nationale, bato fou ?

  • Publié le 13 septembre 2026 à 17:05
  • Actualisé le 13 septembre 2026 à 17:10
baccalauréat 2026

Il y a eu 398 modifications du Code de l’Education sous la présidence d’Emmanuel Macron, soit 1/semaine en moyenne (60 modifications sous le second mandat de J. Chirac) : formation enseignants, école inclusive, modalités examens, horaires des enseignements… (Photo : Stéphan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Cette inflation de mesures est en grande partie à l’origine de l’épuisement des enseignants et des élèves. Pire, aucune réforme n’est allée au bout sauf peut-être l’école obligatoire à 3 ans (disposition prise pour tenter de pallier la baisse démographique scolaire en cours avant toute autre considération.

D’ici 10 ans, 1,7 millions d’élèves en moins en France et encore -319 élèves dans le Primaire à La Réunion lors de cette rentrée 2026-2027).

En outre, on observe un décalage entre les besoins de communication des politiques et les besoins du terrain.

Or, l’éducation et la formation conditionnent l’entrée sur le marché du travail et le parcours professionnel de chacun.

D’où un écart qui se creuse entre les discours et la réalité vécue au quotidien par les personnels. En effet, l’Education Nationale est de plus en plus perçue par les politiques comme un tremplin pour leur carrière ou un laboratoire pour leurs idées.

Cette tendance se vérifie à travers le résumé des politiques suivies au travers de slogans simples, voire simplistes : "80% d’une classe d’âge au bac", "la voie pro, une voie d’excellence", "tu casses, tu paies" Mais aucun projet à long terme n’a émergé ces dernières années comme le rôle du collège par exemple coincé entre approfondir les acquis du Primaire et préparer les poursuites d’études. Pis, les injonctions sont très souvent contradictoires.

Ainsi, les enseignants doivent effectuer une pédagogie différenciée devant permettre à chaque apprenant d’avancer à son rythme… mais dans un cadre programmatique contraint, doublé d’évaluations nationales régulières qui jaugent tous les élèves selon les mêmes critères ! (sic)

Si on ne prend que l’exemple des diplômes, leur banalisation risque de remettre totalement en cause le système éducatif, au point que des sénateurs ont proposé, le 09 septembre 2026, de supprimer le droit à tous les bacheliers de poursuivre leurs études. Bref, souhaitons que les candidats à l’élection présidentielle s’empare du sujet et élabore enfin un projet éducatif cohérent.

Joël de Palmas, enseignant et docteur en Histoire contemporaine

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