Le Président américain recevra bien son homologue chinois, le 24 septembre 2026, comme il l’avait exprimé, lors de sa visite en Chine, en mai dernier. Il faut saluer la continuité d’un dialogue et l’inspiration d’une dynamique à 2. Donald Trump l’accueillera personnellement à sa descente d’avion, la veille. Le geste est spectaculaire, rare et instructif. Il ne veut laisser à personne l’interprétation de cette visite. (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
C’est probablement une réponse concrète à l’invitation chinoise de dépasser le piège de Thucydide. Lorsqu’une puissance dominante est confrontée à une puissance montante, elle cultive la peur, lance des menaces et finit par déclencher la guerre (qu’elle peut perdre).
- Un contexte nouveau. -
En 2017, Trump reçoit XI Jinping en visite officielle. Il en profite pour bombarder la Syrie. Il raconte que c’était au moment du dessert au chocolat. Il voulait montrer sa puissance mais son interlocuteur est resté impassible. Neuf années après, Xi Jinping tend la main à Trump pour une gouvernance historique au format G2.
En effet, l’autre référence est le G7, initié en 1975, par le Président français Giscard d’Estaing. C’est un forum annuel des 7 pays les plus riches du monde qui n’intègrent ni la Chine, ni l’Inde. Cependant, il comprend le Canada et les Etats-Unis qui sont en rupture. Macron préside actuellement le joujou, tient une conférence de presse, en urgence, au ton martial, en pensant qu’il peut encore peser sur une situation qui lui échappe. En juin, en marge du G7 à Evian, il avait insisté pour que Trump signe, personnellement, à Versailles, l’accord de Paix avec l’Iran. La trêve n’a pas tenu et la crise énergétique s’étend. Ironie du sort, le G7 a été créé après le premier choc pétrolier mondial de 1973, suite à la guerre au Moyen-Orient. L’échec pèsera lourd sur le futur d’un G7, après 50 années d’existence qui n’a produit que la guerre, l’insécurité et des milliardaires.
- Le futur de ce G2. -
L’homme de la situation est sans conteste XI Jinping. Il est partout, dans les forums géopolitiques, de l’OCS, en Kirghizistan, au sommet des BRICS, en Inde. Il a été remarqué à la Conférence mondiale sur l’Intelligence Artificielle, à Shanghaï, en juillet dernier. Il a tenu un discours qui appelle à un consensus mondial pour gérer le futur de l’I A. Passant aux actes, la Chine crée le WAICO (organisation mondiale de coopération mondiale sur l’IA) avec 29 membres fondateurs. Xi Jinping propose l’Open Source pour tous afin d’éviter la domination d’un seul Etat sur l’IA. Par ailleurs, il a initié au sein de l’ONU le "groupe des Amis de la gouvernance mondiale". Trump va-t-il accompagner le changement collectif ou alors continuer à gérer les désordres qu’il a personnellement créés? Tout le monde suivra.
Ary Yée-Chong-Tchi-Kan
