Tribune libre de Jean Claude Comorassamy

Les malades et retraités refusent d'être les boucs émissaires de la dette

  • Publié le 4 octobre 2026 à 09:54
  • Actualisé le 4 octobre 2026 à 09:58
Jean Claude Comorassamy

La petite musique selon laquelle la santé et les retraites assécheraient le budget de l'État transforme insidieusement les malades et les retraités en simples coupables. Face à ce discours culpabilisant, il est temps de rappeler une réalité fondamentale, les retraités et les malades ne sont pas les responsables du déficit. Avant de succomber à ces désignations hâtives, arrêtons-nous un moment sur cette véracité tirée de mon vécu personnel. (Photo Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Mon histoire n'est ni un calcul ni une théorie comptable, c'est un témoignage vivant d'une vie entière de labeur. J'ai commencé à travailler à l'âge de 17 ans et demi.

J'ai passé huit ans dans le bruit et la pénibilité d'une usine sucrière, puis 41 ans au service de la santé mentale, dans le quotidien humainement éprouvant de la psychiatrie. En 49 ans de carrière, j'ai eu la chance d'avoir une santé assez solide, cinq ou six jours d'arrêt maladie en un demi-siècle, pas un de plus.

​Pendant près de cinq décennies, j'ai cotisé. Chaque mois, sans faute, j'ai financé le système, payé pour la solidarité nationale et cotisé pour obtenir une pension juste et méritée.

- Je suis entré dans la vie active à 17 ans et demi et j'ai trimé des décennies - 

Ce que je perçois aujourd'hui n'est ni un privilège, ni une aumône accordée par l'État. C'est le fruit strict de mon travail et de mon engagement envers la société. C'était mon contrat social républicain.

Aujourd'hui, parce que les choix politiques et budgétaires des dernières décennies ont creusé lesdits déficits, on voudrait nous faire porter le chapeau.

C'est une insulte au monde du travail.

On ne peut pas me culpabiliser d'être retraité ! Surtout, je suis entré dans la vie active à 17 ans et demi et que j'ai trimé des décennies durant, toucher ma pension de retraite n'a rien d'un vol, c'est simplement la juste récolte de ce que j'ai semé, à mon sens.

À noter que ce parcours de cotisation n'a rien d'exceptionnel, il demeure représentatif de celui de millions de travailleurs entrés très jeunes sur le marché de travail et ayant accompli une carrière complète sur plusieurs décennies.

Percevoir aujourd'hui une pension d'un peu plus de 2000 euros est le résultat légitime de cet engagement continu. Il apparaît particulièrement injuste et malsain de nous classifier de retraités "aisés " et de faire croire que nous sommes responsables de la dette.

- Nous refusons d'être le bouc émissaire d'un mauvais choix politique- 

Que ce gouvernement cherche des solutions budgétaires est une chose, qu'il désigne ceux qui ont cotisé toute leur vie comme des fardeaux ou des privilégiés en est une autre. Notre santé n'est pas une dette, notre retraite n'est pas un déficit, elles sont la juste contrepartie d'une vie de labeur.

Il est temps que le débat public cesse de désigner les retraités et les malades coupables et réapprenne le respect dû à ceux qui ont consacré leur vie entière au travail et à la collectivité.

Ces mots ne sont pas un simple cri du cœur, ils expriment une exigence légitime de justice et de vérité.

À ce sujet, nous invitons l'ensemble de nos parlementaires à se faire le relais de ce message politique à l'assemblée nationale.

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4 Commentaires
Antoine
Antoine
1 jour

Un parcours professionnel qui mérite d'être salué avec grand respect !

Yolande
Yolande
1 jour

NOS DÉPUTÉS SONT EN WEEK-END, NE PAS LES DÉRANGER SVP. ILS LAISSERONT LE GOUVERNEMENT DÉCIDER APRÈS ILS CRIRONT AU LOUP COMME TOUJOURS !
VOTRE MESSAGE NE SEMBLE PAS LES INTÉRESSER, AU MOINS C'EST DIT.

Huguette
Huguette
1 jour

De quoi à bien réfléchir pour qui ne pas voter en 2027. Merci monsieur pour votre article et gratitude à vous ! Espérons que nos parlementaires saisiront de cette vérité pour nous défendre.

Gaston
Gaston
1 jour

Bien dit, nos papas et mamans ne sont pas la vache à lait du gouvernement. Zot la gaspillé astèr Zot i deman a nou de payé. La paye ban minist i ogment....i fo ké tout moun i mobilise...merci pour cet article.