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Non à la répression, oui à la liberté de manifester

  • Publié le 15 octobre 2026 à 15:56
  • Actualisé le 15 octobre 2026 à 15:57
Intersyndicale

Le mouvement lycéen des 3 dernières semaines met en exergue ce que nous défendons sur le long court. Il dénonce des classes surchargées, des locaux insalubres, un manque d’enseignant·es, l’enfer de la sélection avec Parcoursup, des conditions d’études indignes. Ces constats ont provoqué une explosion de colère dans les lycées maintenant rejoints par les étudiant·es qui se mobilisent partout dans le pays. (Photo : Richard Bouhet / www.imazpress.com)

Leurs dénonciations sont également les nôtres : casse des services publics, inégalités croissantes, difficultés à boucler les fins de mois, précarité, chômage à nouveau en hausse qui insécurise l’avenir, dégradation des conditions de vie et d’études : la colère des lycéen·nes et des étudiant·es est partagée aussi dans le monde du travail.

Après le mouvement des gilets jaunes largement réprimé (le plus réprimé jusqu’alors), le mouvement lycéen dépasse désormais, en deux semaines, plus de 6 900 gardes à vue, dont 86 % de mineurs.

A la Réunion, il y a eu 98 garde à vu en moins de deux semaines de mouvement, soit plus que lors du mouvement social de mai 68 au niveau national. (95 gav). Le parquet de Saint-Pierre a décidé d'ouvrir une enquête après l'interpellation d’un adolescent plaqué au sol, face contre terre et maintenu par plusieurs policiers devant le lycée Roland Garros au Tampon. C’est la première fois qu’autant de mineurs sont en garde à vue au mépris complet de la convention internationale des droits de l'enfant. 

C’est une négation pure et simple du droit fondamental de la jeunesse à la liberté d’expression, à protester et à s’organiser à cette fin, et ce alors qu’elle le fait pour demander des conditions dignes pour apprendre et disposer d’un avenir. 

Lycéen-ne-s, étudiant-e-s mais aussi les travailleurs doivent pouvoir se mobiliser et manifester sans craindre pour leur sécurité.

Le droit de s’exprimer et de se réunir convoque des libertés fondamentales garanties par notre Constitution, la Convention européenne des droits de l’Homme et des libertés fondamentales et par la Convention internationale des droits de l’enfant de l’ONU.Il nous incombe de les défendre et de nous opposer à cet usage disproportionné et arbitraire de la force.

L’intersyndicale rappelle que les libertés syndicales, le droit de grève, le droit de manifester et la liberté d’expression sont des acquis sociaux essentiels, obtenus par les luttes et défendus au quotidien par les travailleurs et travailleuses. Ces droits ne sont ni négociables ni réservés à une catégorie de la population. Lorsqu’ils sont menacés pour la jeunesse, c’est l’ensemble du monde du travail et de la démocratie sociale qui est concerné.

La liberté de manifester est un droit. La solidarité est une force. La justice sociale est une exigence.

La réponse de l’État aux justes revendications du mouvement social ne peut être la répression. Plus que jamais, nous revendiquons :

• l’augmentation générale des salaires et leur indexation sur les prix, pour pouvoir vivre dignement face à la hausse permanente des coûts de la vie .

• la taxation des superprofits

• le partage des richesses, plutôt que toujours plus de dividendes et de cadeaux aux entreprises.

• un budget juste qui réponde aux besoins de la population

• pour une jeunesse réunionnaise émancipée : davantage de moyens pour les bourses, le logement étudiant, les CROUS et l’Université, ainsi qu’un accès élargi à l’enseignement supérieur. Nous appelons les travailleuses et travailleurs à continuer à se mobiliser et à soutenir le mouvement des lycéennes, lycéen, et les actions organisées par les étudiant.e.s de la Réunion.

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2 Commentaires
Davina
Davina
57 minutes

Où est passée la CFDT toujours en conflit de sa gouvernance ? Pauvre syndicat non pauvres adhérents !

Dom
Dom
2 heures

Et les galets qui volent, le feu aux poubelles ?