L’Union des Femmes Réunionnaises apporte son soutien à Madame Sarah Assama, élue de Sainte-Suzanne, qui a saisi notre organisation pour témoigner de la situation qu’elle traverse dans l’exercice de son mandat.
Depuis bientôt 70 ans, l’Union des Femmes Réunionnaises mène un combat constant pour que les femmes puissent prendre toute leur place dans la société, dans les lieux de décision et dans la vie politique. Ce combat implique de dénoncer toutes les situations qui peuvent contribuer à décourager les femmes de s’engager.
Le témoignage de Madame Assama rappelle une réalité préoccupante : trop souvent encore, les femmes qui prennent des responsabilités publiques doivent faire face à des pressions particulières, à des jugements sur leur loyauté, leur légitimité ou leurs intentions dès lors qu’elles osent exprimer une différence.
Au-delà de son cas personnel, son témoignage pose une question fondamentale : quelles conditions sont réellement faites aux femmes lorsqu’elles prennent des responsabilités dans la vie publique ?
Car si les femmes sont aujourd’hui plus nombreuses à accéder aux mandats électifs, force est de constater que leur présence dans les lieux de décision reste encore fragile. Trop souvent, celles qui osent exprimer une différence, défendre une conviction ou exercer leur liberté de conscience découvrent que leur légitimité peut rapidement être remise en cause.
Les mécanismes sont connus : une femme qui affirme une position différente n’est pas toujours considérée comme une élue qui exerce pleinement son mandat. Elle peut être renvoyée à une supposée déloyauté, à un manque d’esprit collectif ou à des ambitions personnelles. Là où un homme sera parfois décrit comme indépendant ou affirmé, une femme peut encore être jugée trop exigeante, trop critique ou insuffisamment docile.
C’est précisément contre ces mécanismes invisibles que l’UFR se bat depuis sa création. L’UFR tient à rappeler avec force qu’en démocratie, le débat, le désaccord et la liberté de conscience ne sont pas des fautes. Ils sont le cœur même de la vie.
Une démocratie véritable ne peut accepter que l’engagement des femmes soit conditionné à leur silence, à leur effacement ou à leur conformité permanente. Une femme élue doit pouvoir débattre, questionner, désapprouver ou s’abstenir sans que cela soit interprété comme une remise en cause de son engagement ou de sa valeur.
L’UFR rappelle que la liberté de conscience est un principe démocratique essentiel. Elle ne peut devenir un motif d’exclusion ou de sanction politique.
Nous refusons une politique où les femmes seraient invitées à participer, mais seulement à condition de ne pas déranger ; à prendre des responsabilités, mais sans jamais contester ; à être présentes, mais sans véritable liberté de parole.
L’UFR affirme donc son soutien à Madame Sarah Assama et réaffirme son combat pour que les femmes réunionnaises puissent exercer pleinement leurs responsabilités, avec leur intelligence, leur liberté et leur dignité.
La démocratie a besoin de femmes libres. Elle ne peut se construire avec des femmes réduites au silence .
L’Union des Femmes Réunionnaises
