Les députés de gauche de La France insoumise, les groupes PS, GDR et écologistes ont retoqué, par 41 voix contre 37, l’article 11 du projet de loi relatif à la protection de l’enfance qui visait à instaurer la réclusion criminelle à perpétuité pour certains auteurs de viols en série commis sur des mineurs de moins de quinze ans. Quand il s’agit de protéger les enfants, il ne devrait pas y avoir d’hésitation ! Et pourtant, ces groupes de gauche ont adopté une position incompréhensible et inacceptable ! (Photo : Jean Gaël Anda Sita)
Je respecte le débat démocratique, mais je désapprouve totalement ce choix.
Pour moi, la protection des enfants et le soutien aux victimes doivent passer avant toute autre considération.
Les crimes les plus graves appellent une réponse pénale à la hauteur de leur gravité. Les victimes méritent une justice ferme, claire et sans ambiguïté.
À mes yeux, les auteurs des crimes les plus odieux ne peuvent pas être réinsérés et leur remise en liberté fait courir le risque de nouvelles victimes.
Ce vote ravive un débat ancien. Il fait écho à la tribune publiée en 1977 dans Le Monde et Libération, signée par plusieurs figures intellectuelles de gauche, qui prenaient position en faveur d'une évolution de la législation concernant certaines infractions sexuelles impliquant des mineurs ! Chacun est libre d'en tirer ses propres conclusions sur les continuités ou les ruptures entre ces positions d'hier et certains choix politiques d'aujourd'hui. Les électeurs en tireront leurs propres conclusions lors des prochaines élections !
Dans un cas comme celui de l'aƯaire Le Scouarnec, portant sur 299 faits de violences sexuelles sur mineurs, il n’était pas possible de requérir la perpétuité. Il a ainsi été condamné à vingt ans de réclusion criminelle, la peine maximale encourue dans ce dossier ! On parle de 299 faits !!!
Les députés avaient adopté jeudi 16 juillet, en première lecture, une mesure marquante : un amendement écologiste, soutenu par le gouvernement, venant étendre l'imprescriptibilité, jusque-là réservée aux crimes contre l'humanité, à ceux commis sur les mineurs. Toutefois, le rejet de la réclusion criminelle à perpétuité constitue, à mes yeux, un véritable recul dans la protection des enfants !
Nos enfants méritent d'être protégés. Au-delà des mesures prévues par cette loi et plus largement des politiques de protection des mineurs, il faudra voter un budget à la hauteur des enjeux et donner à la justice, aux forces de l'ordre et aux services de protection de l'enfance les moyens de prévenir, détecter et accompagner. Les victimes méritent d’être entendues et le recours trop fréquent aux classements sans suite dans ce type d'aƯaires n'est plus acceptable !
La justice doit protéger les enfants et d’une manière générale les victimes et non trouver des excuses atténuantes à ces faits odieux !
Jean Gaël Anda Sita
Conseiller municipal de Saint-Pierre et Communautaire de la Civis
