Tribune libre de la présidente du MEDEF Réunion

Réponse à la lettre ouverte de la Présidente de l’Union des Femmes Réunionnaises

  • Publié le 1 septembre 2026 à 20:27
  • Actualisé le 1 septembre 2026 à 21:03
Katy Hoarau

Madame la Présidente, J’ai pris connaissance avec beaucoup d’attention de la lettre ouverte que l’Union des Femmes Réunionnaises a adressée à la présidente du MEDEF Réunion à la suite de mon intervention du 31 août dernier sur Réunion La 1ère. (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

Je tiens, avant toute chose, à vous en remercier. La qualité et l’exigence de votre propos  contribuent au débat public réunionnais, et c’est précisément ce débat sur le modèle  économique et social que nous voulons pour La Réunion que nous devons collectivement  nourrir. 

Sur le fond, je partage plusieurs des convictions qui traversent votre lettre. 

Une économie ne peut être véritablement robuste que si elle est à la fois productive et  socialement juste. La question n’est pas seulement de savoir combien de richesse nous sommes  capables de créer à La Réunion, mais aussi comment cette richesse bénéficie à celles et ceux  qui vivent et travaillent sur notre territoire. 

C’est tout le sens que je donne, depuis mon élection à la présidence du MEDEF Réunion, à notre  ambition d’une "prospérité partagée". 

Je crois cependant profondément que nous devons réussir à tenir ensemble les deux dimensions  de cette ambition : créer davantage de valeur à La Réunion et mieux la partager. 

Nous ne pourrons durablement améliorer les rémunérations, créer des emplois de qualité,  investir, former notre jeunesse, innover et financer notre modèle social que si notre territoire et  ses entreprises sont capables de créer davantage de valeur. 

Il ne s’agit donc pas d’opposer compétitivité et justice sociale, entreprises et salariés, création  et partage de la richesse. Il s’agit de rechercher ensemble les conditions permettant à notre  économie de créer davantage de prospérité et de mieux la partager. 

Je mesure également la portée particulière de votre démarche. 

Depuis près de 70 ans, l’Union des Femmes Réunionnaises porte avec constance et exigence la  cause de l’égalité entre les femmes et les hommes. Que cette interpellation s’adresse  aujourd’hui à une femme à la tête du MEDEF Réunion donne à cet échange une résonance  particulière. 

Je la reçois non comme une mise en cause, mais comme une main tendue. Et cette main, je  souhaite la saisir.

Sur l’accès des femmes aux formations et aux métiers scientifiques, techniques, industriels et  numériques, sur leur présence dans les instances de décision économique, sur l’égalité  professionnelle et salariale, sur la reconnaissance des métiers du soin et de la Silver Economy,  ou encore sur la conciliation entre vie professionnelle et responsabilités familiales, nous avons  incontestablement matière à travailler ensemble. 

Sur ces sujets, les entreprises réunionnaises peuvent et doivent être des leviers d’action et non  de simples destinataires de recommandations. 
Votre lettre souligne d’ailleurs elle-même qu’" un espace réel de travail commun existe". J’en  suis convaincue. 

Je vous propose donc que nous ouvrions cet espace entre nos deux organisations, afin d’identifier  nos convergences, de débattre aussi de nos différences et, surtout, de rechercher ensemble des  propositions concrètes pour La Réunion. 

Je serais également très heureuse de pouvoir vous présenter à cette occasion le manifeste du  MEDEF Réunion, "Ensemble, cap vers une économie réunionnaise robuste", notre contribution  au débat présidentiel de 2027. 

Ce projet porte une conviction simple : La Réunion a besoin de créer davantage de valeur, mais  cette création de valeur n’a de sens que si elle permet davantage d’emplois, de compétences,  d’opportunités et de prospérité sur notre territoire. 

Votre lettre pose finalement la question essentielle : quel projet voulons-nous pour La Réunion ? 

Je crois que cette question mérite mieux que des réponses construites les uns contre les autres.  Elle mérite que nous confrontions nos regards, que nous sachions reconnaître nos différences et  que nous travaillions ensemble sur ce qui peut nous rassembler. 

C’est aussi cela, pour moi, "jouer groupé". 

Je serais donc très heureuse de vous rencontrer prochainement pour poursuivre cet échange. 

Je vous prie d’agréer, Madame la Présidente, l’expression de mes salutations les plus  respectueuses. 

Katy HOARAU
Présidente du MEDEF Réunion

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