Karine Lebon, députée de la 2e circonscription de La Réunion, a déposé le 2 mars 2026 une proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sur les manquements et dysfonctionnements du Comité national d’accueil et d’actions pour les Réunionnais en mobilité (CNARM). La publication de cette proposition au Journal officiel de la République française le 3 mars donne une portée officielle à une démarche de clarification indispensable sur l’usage de l’argent public et sur les responsabilités institutionnelles engagées dans cette affaire (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Le CNARM intervient dans le champ particulièrement sensible de la mobilité professionnelle des Réunionnaises et des Réunionnais, souvent jeunes, issus de milieux modestes, qui cherchent un emploi ou une formation. Lorsqu’un organisme financé par des fonds publics agit auprès de personnes aussi vulnérables, l’exigence doit être totale. Or les conclusions de la Chambre régionale des comptes font le constat de nombreuses défaillances : faiblesses de gouvernance, pratiques de gestion insuffisamment encadrées, pilotage stratégique inopérant, prévention imparfaite des risques de probité, opacité dans certaines procédures de recrutement et absence prolongée de respect de plusieurs obligations de transparence.
Ces dysfonctionnements ne peuvent pas être minimisés. Ils interrogent directement la finalité même des financements alloués et la capacité de l’organisme à remplir correctement sa mission. Quand l’argent public est mobilisé pour accompagner des Réunionnaises et des Réunionnais vers l’emploi, il doit servir pleinement cet objectif, et lui seul. Chaque euro engagé doit être justifié, suivi, contrôlé et évalué. La bonne utilisation des deniers publics est une obligation républicaine, un principe cardinal de l’action publique et une condition élémentaire de la confiance démocratique.
La question de la probité est ici centrale. Les éléments mentionnés par la Chambre régionale des comptes font état d’une structure de dépenses et de rémunérations qui soulève de lourdes interrogations, notamment sur les dépenses de personnel, la politique indemnitaire, les créations de postes, l’absence de procédure transparente pour certains recrutements et le défaut de publicité de certaines rémunérations des plus hauts cadres dirigeants. De tels faits traduiraient non seulement une dérive de gestion, mais aussi une atteinte grave à l’exigence d’exemplarité qui s’impose à toute structure vivant de financements publics.
Dans ce scandale, la responsabilité de l’exécutif du Département de La Réunion ne peut pas être éludée. Lorsqu’une collectivité finance de manière structurante une association chargée de mettre en œuvre une politique d’intérêt général, elle a le devoir de fixer des objectifs, d’encadrer les obligations réciproques, d’exiger des comptes, de contrôler l’emploi des fonds et de veiller aux suites données aux alertes et recommandations. Le Département, en tant que financeur public de premier rang, ne pouvait pas détourner le regard. Il lui appartenait d’exercer pleinement sa mission de vigilance, de contrôle et, le cas échéant, de correction.
Cette démarche s’inscrit pleinement dans le travail pour les enfants dits de la Creuse, mené par Karine Lebon. En parallèle de la transplantation de plus de 2000 enfants, le gouvernement français de l’époque met en place le BUMIDOM afin de “contribuer à la solution des problèmes démographiques intéressant les départements d’outre-mer.
La commission d’enquête parlementaire demandée a pour unique objectif d'établir les faits, de déterminer les responsabilités, de protéger l’intérêt général et de restaurer la confiance.
À La Réunion, où les besoins sociaux sont immenses et où tant de familles comptent sur des politiques publiques justes et utiles, aucune opacité ne peut être tolérée. Ainsi, il est urgent de redéfinir les modalités de mobilité entre La Réunion et l’Hexagone, de mesurer et d’adapter les échanges en fonction des besoins du territoire réunionnais pour favoriser le retour au péï des
Réunionnaises et des Réunionnais
