L’annonce de la suppression de la garderie, des mercredis périscolaires et des centres de loisirs sans hébergement constitue une très mauvaise nouvelle pour les familles saint-josephoises. (Photo Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)
Si la réduction des contrats aidés (PEC) décidée par l’État représente une difficulté réelle pour les collectivités, cette situation était connue depuis plusieurs mois. Elle aurait dû conduire la municipalité à anticiper et à adapter sa stratégie afin de préserver les services essentiels et les emplois. Nous avions d’ailleurs alerté à plusieurs reprises sur cette nécessité.
Pourtant, Saint-Joseph figure aujourd’hui parmi les rares communes contraintes de supprimer autant de services destinés aux enfants et aux familles. D’autres collectivités, confrontées aux mêmes difficultés, ont réussi à limiter les conséquences de cette baisse des contrats aidés.
Cette situation interroge sur les choix de la majorité municipale. Alors que des moyens importants ont été consacrés ces derniers mois à l’événementiel et à la communication – notamment le concert gratuit d’UB40 (plus de 150 000 euros), les festivités du 14 juillet ou encore la télévision communale –, aucune anticipation ne semble avoir permis de préserver les services essentiels à la population.
Cette décision aura des conséquences concrètes pour les familles. De nombreux parents devront désormais trouver des solutions de garde, tandis que les enfants seront privés de dispositifs essentiels à leur éducation, leur socialisation et leur épanouissement. Ces services ne sont pas des dépenses accessoires : ils constituent un investissement pour l’avenir de notre jeunesse.
Au-delà des services supprimés, cette décision est également un drame social. Derrière la disparition des contrats aidés, ce sont des femmes et des hommes qui perdent un emploi dans une commune qui figure parmi les plus pauvres de La Réunion.
Cette situation pose également la question de la gouvernance de notre commune. Le maire peut-il continuer à exercer autant de responsabilités sans que Saint-Joseph en subisse les conséquences ? Depuis plusieurs années, nous dénonçons une municipalité davantage tournée vers les ambitions politiques de son premier magistrat que vers la gestion quotidienne de la commune.
Les Saint-Josephoises et les Saint-Josephois sont en droit d’attendre d’une municipalité qu’elle protège d’abord l’essentiel : les enfants, les familles et l’emploi local.
Investir dans la jeunesse n’est jamais une dépense. C’est le premier devoir d’une collectivité et le plus sûr investissement pour préparer l’avenir de Saint-Joseph.
Jeannot Lebon, représentant du groupe minoritaire (d’opposition) à Saint Joseph
