Ismaël Fontaine, plus connu dans le monde culturel réunionnais sous le nom de Ti Bouna Lakour, réédite son premier livre : "l'Époque." Un recueil de poésies en français et en créole, qui sera présenté à Salazie. Auteur aux multiples facettes, Ti Bouna Lakour est un talent réunionnais à découvrir. Il vous donne rendez-vous au Sarana Hôtel à partir de 10h, le mercredi 11 février 2026. (Photo : DR)
Pour présenter son premier livre qui a été réédité, Ti Bouna Lakour sera bien entouré. À ses côtés, le zarboutan Patrice Treuthardt, l’incontournable Socko Lokaf ou encore la fonnkézèz Michou Itarre.
"Le but c’est de partager les plateformes, les scènes qu’on me propose. Ce sont des personnes que j’apprécie déjà, avant tout. Ils ont une œuvre à défendre eux aussi, allons faire ça ensemble! Pour moi l’art c’est ça, c’est le partage. C’est pour cela que tous ces artistes viennent, et on finira la journée ensemble en kabar la parol" Nous explique Ti Bouna Lakour.
Quand on lui demande pourquoi faire rééditer un livre dont il faudra à nouveau faire la promotion, il répond : "C'est pour rendre le livre disponible et avoir l’occasion de le défendre vraiment à la Réunion. Ces mots là si ils restent bloqués dans un livre, ça reste des mots také."
Il en est persuadé, faire vivre un livre c'est : "Le mettre en musique, que ce soit moi ou une autre personne, dans l’oralité ou dans sa tête pour un lecteur. Permettre l’accès aux personnes qui souhaitent le découvrir, en médiathèque, ou dans des ateliers d’écriture par exemple. Mon souhait c’était d’être avec une maison d'édition sérieuse qui me laisse défendre mon livre comme je l’entends. "
Si Ti Bouna présente aujourd’hui un livre écrit principalement en français, il est aussi auteur de fondkèr en créole.
- In fondkèr, in kozman sinsér -
Kosa i lé in fondkèr?
Chaque auteur en donnera une définition légèrement différente. Le fondkèr est un genre littéraire réunionnais, proche de la poésie. Une plongée dans l’âme, les états d’âme, les réflexions, le fond d’un cœur qui décide de livrer ce qui pèse, ce qui bouscule, ce qui paralyse, mais aussi ce qui rend heureux.
Lorsque ces maux sortent et s’entrechoquent, le Kabar peut commencer. Synonyme de délivrance pour certains, de reconnexion avec ses racines pour d’autres, le fondkèr permet parfois de dire ce qui est caché. Écoutez.
- Des réseaux sociaux à la scène -
Sur Instagram, Ti Bouna partage depuis plusieurs années des fondkèr en version audio- vidéo. C'est un format qui claque, presque littéralement, tant l’artiste sait happer l’attention de son public. Des vidéos, dans un premier temps, parce qu’il était hors département.
À son retour sur l’île, après une première carrière dans l'armée, les invitations se multiplient. Ses vidéos se font remarquer, Ti Bouna s’inscrit dans une écriture forte et sincère. À 32 ans, le jeune homme ne passe pas inaperçu. Une vivacité d’esprit, un vocabulaire créole riche et varié : il fait renaitre une façon de parler qui se perd.
Lors de ses ateliers d’écriture, il explique aux participants : "lo mo na la kot i apovri la lang!" une façon d’inviter ceux qui désirent écrire eux aussi, à aller chercher d’autres mots, en se remémorant par exemple les blagues d’un vieux tonton, ou les foutans d’une matante.
Un créole réunionnais qu’il apprend en famille, avec des expressions transmises par sa maman dans son enfance. Ce regard vif, cette souplesse intellectuelle, il les tient probablement d’elle.
Il nous raconte : "J'ai commencé à écrire au collège avec le côté urbain, dance hall, rap, c'était la période Kaf Malbar. Puis avec maman au théâtre quand nous devions écrire nos propres textes pour certaines pièces", une période qui a marqué son enfance.
Sur la petite scène de la Cerise à Saint-Paul, lors d’un Kabar la parol, organisé par Teddy Iafare Gangama, Ti Bouna prend son téléphone pour suivre son texte. Un objet dont on pourrait croire qu’il créerait une barrière avec son public. Il n’en est rien. Il vient au contraire nous chercher dans la foule, capter les regards.
Presque immobile sur scène, concentré sur son texte, présent à son œuvre. Il déclame. Silence dans la salle.
- Au programme le 11 février -
Présentation du livre à 10h
Prestations de Socko Lo Kaf, Michoue Itarre, Patrice Treuthard à 13h
Concert de Zénèss Gayar et Kabar la parol à 15h
- Biographie -
Ti Bouna Lakour est né à Saint-Pierre en 1993, à la Réunion. Il est le lauréat du 3ᵉ prix Daniel Honoré de 2022. Ses études, ses différents petits boulots et sa carrière militaire dans la Marine l’ont emmené à vivre et voyager entre Toulouse, Singapour, en passant par la péninsule arabique jusqu’au cœur de son île, où il réside actuellement à Salazie.
L’Époque, illustré par Anaèl Krénasyon et Stella.H et publié aux éditions Baudelaire, est un ouvrage poétique dans lequel l'auteur réunionnais, Ti Bouna Lakour livre sa vision du monde à travers des sujets percutants tels que l’amour, l’indifférence grandissante dans nos quotidiens et la critique de ce qu’est l’humanité.
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