Ce week-end du 17 et 18 janvier 2026, un jeu de piste a lieu dans les Hauts de La Réunion, au niveau du BelvédÚre de Bois Court à la Plaine des Cafres. L'objectif pour l'association Compagnon de Je (C2J) à la création de ce rassemblement, partir sur les traces des personnes ayant subi l'esclavage.
Il s'agit d'un jeu de piste ludique et semi-numĂ©rique consacrĂ© Ă lâhistoire du marronnage et aux lĂ©gendes des hauts de La RĂ©union.
Ă travers ce parcours immersif, mĂȘlant Ă©nigmes, rĂ©cits historiques, contenus audio et dĂ©couvertes des paysages des hauts, petits et grands sont invitĂ©s Ă dĂ©couvrir un pan essentiel de lâhistoire rĂ©unionnaise.Â
"En marchant, en jouant et en explorant, au cĆur des paysages des hauts. Le jeu transforme la dĂ©couverte historique en expĂ©rience collective, favorisant la transmission intergĂ©nĂ©rationnelle, la curiositĂ© et lâappropriation du patrimoine local", explique Julie Laude, crĂ©atrice du jeu.
Le jeu de piste sera accessible en autonomie sur le site de Tamar'Haut à partir du 19 janvier.
- Le marronnage, une histoire Ă transmettre autrement -
Le jeu de piste a Ă©tĂ© conçu par Julie Laude, habitante du Tampon et pour qui le sujet du marronnage revĂȘt une dimension profondĂ©ment personnelle : "Le marronnage est un sujet qui me touche profondĂ©ment, car il fait Ă©cho Ă mes racines rĂ©unionnaises et Ă mon histoire familiale", confie-t-elle.
"DerriÚre cette histoire, il y a des femmes et des hommes qui ont fait le choix de la liberté et de la dignité."
"Jâai souhaitĂ© crĂ©er un jeu respectueux de cette mĂ©moire, tout en la rendant vivante et accessible aux jeunes gĂ©nĂ©rations", poursuit Julie Laude.
PortĂ© par lâassociation Compagnon de Je, La RĂ©union des Hauts sâinscrit dans une dĂ©marche de mĂ©diation culturelle, de valorisation du patrimoine et de lien social.
Ce projet est cofinancĂ© par lâUnion EuropĂ©enne, en partenariat avec le DĂ©partement, la RĂ©gion RĂ©union et le GAL Grand Sud. Il mobilise des bĂ©nĂ©voles, des animateurs, des artistes et des partenaires locaux afin de proposer un Ă©vĂ©nement gratuit, accessible et inclusif.
Ă lâoccasion du lancement, plus de 500 euros de lots seront mis en jeu afin de rĂ©compenser la participation du public et dâencourager la dĂ©couverte ludique de lâhistoire du marronnage
-Â Le marronnage : la fuite des esclaves -
Le terme de "marronnage" dĂ©signe un phĂ©nomĂšne trĂšs particulier : la fuite des esclaves dans les montagnes ou par la mer afin dâĂ©chapper Ă la servitude des maĂźtres subie dans les habitations.
D'aprĂšs le musĂ©e de VillĂšle, "les premiĂšres traces de marronnage datent de 1663 et font rĂ©fĂ©rence Ă l'arrivĂ©e de deux colons français Louis Payen et Pierre Pau (ou Paul Cauzan) accompagnĂ©s de leurs dix esclaves malgaches". Ces derniers se sont installĂ©s sur lâĂźle pour y former le premier noyau de population. Mais trĂšs vite, un conflit Ă©clate entre colons et Malgaches.
Ces derniers se réfugient alors dans les hauts. Ce sont les premiers Marrons, c'est-à -dire les premiers esclaves en fuite à vivre en toute autonomie dans les Hauts de l'ßle. Ce n'est qu'en 1665, avec l'arrivé du premier gouverneur Etienne Regnaul leur promettant l'impunité, que les Marrons Malgaches redescendent vers le littoral.
En 1670, la colonie de Bourbon se tourne vers l'esclavage comme moyen de production. Ă la demande du ministre Colbert, le Conseil d'Ătat officialise la pratique de l'esclavage en France et l'intensifie. Des populations d'Afrique et de Madagascar seront dĂ©portĂ©es sur l'Ăźle pour travailler la canne Ă sucre dans des conditions inhumaines et cruelles : vendus comme du bĂ©tail, humiliĂ©s, battus, mal-logĂ©s, mal-nourris, dĂ©racinĂ©s... Les esclaves fuient les plantations.
Deux sortes de marronnage voient alors le jour. Le "petit" marronnage, dans lequel lâesclave rĂ©voltĂ© quitte la plantation quelque temps. Le plus souvent, il revient de lui-mĂȘme, en raison des difficultĂ©s de survie. Il est alors sĂ©vĂšrement puni par les colons.
La deuxiĂšme marronnage, qualifiĂ© de "grand" se distingue du premier par son aspect mĂ»rement rĂ©flĂ©chi. PrĂ©parĂ© longuement et souvent en groupe - ou du moins avec lâaide dâun groupe - il concerne des individus qui dĂšs le dĂ©part refusent catĂ©goriquement l'esclavage et veulent sây soustraire, quels quâen soient les moyens et le prix Ă payer, explique le musĂ©e de VillĂšle.
OrganisĂ©s en bandes puissantes, ils n'hĂ©sitent pas Ă faire des descentes sur les propriĂ©tĂ©s des colons pour se procurer des armes et des vivres.Â
à La Réunion l'esclavage a été aboli le 20 décembre 1848.
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Merci pour cette éclairage. Je suis de la métropole mais suis allée à la Réunion au mois août dernier et, avec mon mari, nous avons voulu nous pencher sur l'esclavage et ses conditions. Aujourd'hui, nous souhaitons en apprendre davantage pour transmettre cette histoire qui ne nous honore pas, nous blancs de la métropole.
Qui a pu imaginer cette offense? Une activitĂ© ludique en rĂ©fĂ©rence aux marrons ? đĄ
Le jeu est utile pour apprendre l'Histoire, mĂȘme aux adultes, du moment ou le respect envers ces femmes et ces hommes qui ont souffert est prĂ©servĂ©.
Vs ĂȘtes prof certainement đ. Vs trouverez donc certainement en vs, tout en jouant, tout en voulant Ă©taler devant l'univers votre pĂ©dagogie et votre andragogie, les pseudo preuves du respect manifestĂ©. Pour ma part je respecte vraiment la mĂ©moire de ces humains rĂ©duits Ă fuire devant les coups, devant la menace de mort. Bon jeu Ă vs...
Ca intéresse qui ca ??