Plaine des Cafres : un jeu de piste pour transmettre l'histoire du marronage de La RĂ©union

  • PubliĂ© le 17 janvier 2026 Ă  02:59
Plaine des Cafres : un jeu de piste pour transmettre l'histoire du marronage de La Réunion

Ce week-end du 17 et 18 janvier 2026, un jeu de piste a lieu dans les Hauts de La Réunion, au niveau du Belvédère de Bois Court à la Plaine des Cafres. L'objectif pour l'association Compagnon de Je (C2J) à la création de ce rassemblement, partir sur les traces des personnes ayant subi l'esclavage.

Il s'agit d'un jeu de piste ludique et semi-numérique consacré à l’histoire du marronnage et aux légendes des hauts de La Réunion.

À travers ce parcours immersif, mêlant énigmes, récits historiques, contenus audio et découvertes des paysages des hauts, petits et grands sont invités à découvrir un pan essentiel de l’histoire réunionnaise. 

"En marchant, en jouant et en explorant, au cœur des paysages des hauts. Le jeu transforme la découverte historique en expérience collective, favorisant la transmission intergénérationnelle, la curiosité et l’appropriation du patrimoine local", explique Julie Laude, créatrice du jeu.

Le jeu de piste sera accessible en autonomie sur le site de Tamar'Haut à partir du 19 janvier.

- Le marronnage, une histoire Ă  transmettre autrement -

Le jeu de piste a été conçu par Julie Laude, habitante du Tampon et pour qui le sujet du marronnage revêt une dimension profondément personnelle : "Le marronnage est un sujet qui me touche profondément, car il fait écho à mes racines réunionnaises et à mon histoire familiale", confie-t-elle.

"Derrière cette histoire, il y a des femmes et des hommes qui ont fait le choix de la liberté et de la dignité."

"J’ai souhaité créer un jeu respectueux de cette mémoire, tout en la rendant vivante et accessible aux jeunes générations", poursuit Julie Laude.

Porté par l’association Compagnon de Je, La Réunion des Hauts s’inscrit dans une démarche de médiation culturelle, de valorisation du patrimoine et de lien social.

Ce projet est cofinancé par l’Union Européenne, en partenariat avec le Département, la Région Réunion et le GAL Grand Sud. Il mobilise des bénévoles, des animateurs, des artistes et des partenaires locaux afin de proposer un événement gratuit, accessible et inclusif.

À l’occasion du lancement, plus de 500 euros de lots seront mis en jeu afin de récompenser la participation du public et d’encourager la découverte ludique de l’histoire du marronnage

- Le marronnage : la fuite des esclaves -

Le terme de "marronnage" désigne un phénomène très particulier : la fuite des esclaves dans les montagnes ou par la mer afin d’échapper à la servitude des maîtres subie dans les habitations.

D'après le musée de Villèle, "les premières traces de marronnage datent de 1663 et font référence à l'arrivée de deux colons français Louis Payen et Pierre Pau (ou Paul Cauzan) accompagnés de leurs dix esclaves malgaches". Ces derniers se sont installés sur l’île pour y former le premier noyau de population. Mais très vite, un conflit éclate entre colons et Malgaches.

Ces derniers se réfugient alors dans les hauts. Ce sont les premiers Marrons, c'est-à-dire les premiers esclaves en fuite à vivre en toute autonomie dans les Hauts de l'île. Ce n'est qu'en 1665, avec l'arrivé du premier gouverneur Etienne Regnaul leur promettant l'impunité, que les Marrons Malgaches redescendent vers le littoral.

En 1670, la colonie de Bourbon se tourne vers l'esclavage comme moyen de production. À la demande du ministre Colbert, le Conseil d'État officialise la pratique de l'esclavage en France et l'intensifie. Des populations d'Afrique et de Madagascar seront déportées sur l'île pour travailler la canne à sucre dans des conditions inhumaines et cruelles : vendus comme du bétail, humiliés, battus, mal-logés, mal-nourris, déracinés... Les esclaves fuient les plantations.

Deux sortes de marronnage voient alors le jour. Le "petit" marronnage, dans lequel l’esclave révolté quitte la plantation quelque temps. Le plus souvent, il revient de lui-même, en raison des difficultés de survie. Il est alors sévèrement puni par les colons.
La deuxième marronnage, qualifié de "grand" se distingue du premier par son aspect mûrement réfléchi. Préparé longuement et souvent en groupe - ou du moins avec l’aide d’un groupe - il concerne des individus qui dès le départ refusent catégoriquement l'esclavage et veulent s’y soustraire, quels qu’en soient les moyens et le prix à payer, explique le musée de Villèle.

Organisés en bandes puissantes, ils n'hésitent pas à faire des descentes sur les propriétés des colons pour se procurer des armes et des vivres. 

À La Réunion l'esclavage a été aboli le 20 décembre 1848.

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