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Les merveilleuses promesses de Club Asteria et des autres...

  • PubliĂ© le 28 avril 2011 Ă  06:00
Mercredi 27 Avril 2011

site du club Asteria

Un revenu de 400 dollars par semaine grâce à un investissement minime dans des actions humanitaires de par le monde gérées par une organisation basée au Canada et présidée par une ancienne directrice de la Banque Mondiale... Cette offre alléchante arrive dans les boites mails du monde entier, dont celles de la Réunion. Mais attention, "l'imagination des escrocs est sans limite", rappelle Michel Baud, substitut général du procureur à la cour d'appel de Saint-Denis.

D'emblée, le mail reçu par des milliers de personnes prévient " Le Club Asteria est une société sans but lucratif. Je vous le dis tout de suite, ce n'est pas du MLM, ni pyramidal, ce n'est que de la finance. Dans le but d'aider les démunis et les pauvres " (les fautes d'orthographe ont été enlevées NDLR).

Tentant de vous rassurer, un certain Daniel Gagnon vous propose de le contacter pour investir 9,95 ou 19,95 dollars par semaine dans des projets humanitaires qui vous permettront, "d'ici 15 ou 16 mois", d'obtenir un revenu de 400 dollars par semaine. Les membres peuvent obtenir encore plus d'argent s'ils parrainent d'autres membres. Bref, s'ils les incitent Ă  s'inscrire et Ă  verser eux-mĂŞme de l'argent.

D'après le mail que des milliers de personnes ont dû recevoir à travers le monde, cette organisation est présidée par Andrea Lucas, ancienne directrice de la Banque Mondiale. Ces dernières semaines, plus de 700 nouveaux membres s'inscriraient chaque jour et l'organisation compterait environ 250 000 membres. "Tout ces gens ne peuvent pas s'être trompés", indique encore Gagnon Daniel, basé au Canada.

Si rien ne permet encore d'attester de l'honnêteté de cet email, la véracité du titre d'ancienne directrice de la Banque Mondiale est d'ores et déjà difficile à vérifier via une simple recherche sur internet. De quoi éveiller les soupçons sur une personne qui devrait avoir tenu un tel rang.

"Les gens commencent à être avertis de ce genre de pratique sur internet", estime Michel Baud, substitut général à la Cour d'Appel de Saint-Denis. Il précise qu'au niveau judiciaire, "nous ne nous sommes pas intéressés à cela car nous n'avons pas eu connaissance de cas". Mais selon lui, "ce système de chaîne existe depuis toujours". En plaisantant, il recommande tout de même de ne pas donner son argent à ce type d'organisation.

Car les escroqueries les plus farfelues sont souvent celles qui marchent le mieux. Il y a deux mois, le parquet de Saint-Denis a jugé une affaire dans laquelle des escrocs avaient soutiré des sommes pouvant atteindre 500 000 euros à des gens auxquels ils avaient fait croire qu'ils pourraient multiplier les billets en les frottant entre deux feuilles blanches.

Il y a quelques années, d'autres escrocs avaient soutiré des sommes exorbitantes en faisant croire à leurs victimes qu'ils leur fallait acheter un liquide pour nettoyer des billets imprimés. En l'échange de l'achat de ce produit pouvant atteindre 100 000 euros, les personnes pouvaient récupérer une partie du magot...

L'arnaque n'est pas une pratique nouvelle mais la crédulité des victimes est parfois surprenante. Les escrocs peuvent faire preuve d'une habilité qui mène progressivement des personnes fragiles à se faire piéger. Certaines petites annoncent trop alléchantes ou demandes trop larmoyantes doivent aussi susciter la méfiance.

"L'imagination des escrocs est sans limite", conclut Michel Baud. A tel point qu'en 2009, le gouvernement a ouvert un site visant à recueillir les plaintes des internautes abusés (www.internet-signalement.gouv.fr/). Il liste également les arnaques les plus fréquentes : demande d'aide par une personne en difficulté (souvent de nationalité nigériane), offre d'une voiture, promesses de gains faciles, demande de coordonnées bancaires, demande à servir d'intermédiaire pour un héritage en échange d'un pourcentage... Bien sûr, rien n'était vrai.

Marine Veith pour
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