Un agent accusé d'agressions sexuelles maintenu à son poste à l'école Sainte-Marguerite : le grand silence du diocèse

  • Publié le 27 février 2026 à 16:42
École

(Actualisé) Les parents d'élèves ne décolèrent pas à l'école privée Sainte-Marguerite, située à Saint-Benoît. Un agent y est accusé d'agressions sexuelles sur mineurs. Il est visé par 11 plaintes différentes. Après une mise à pied, il a cependant été réintégré par la direction. Cette instance dirigeante affirme que l'homme n'aurait plus de contact avec les élèves. Cette même direction se justifie en invoquant la présomption d'innocence qui lui interdirait de suspendre l'agent. Le diocèse, lui, reste silencieux (Photo www.imazpress.com)

"Avec la présomption d'innocence on ne peut pas refuser que l'agent reprenne son poste" : c'est ainsi que la direction s'est justifiée ce jeudi 26 février 2026, lors d'une réunion organisée avec des parents d'élèves de cette école privée catholique, qui accueille des élèves de maternelle et d'élémentaire.

C'est en novembre 2025 que des parents et des élèves ont signalé des comportements jugés inappropriés d'un salarié de l'Organisme de gestion de l'enseignement catholique (OGEC). Le mis en cause a été mis à pied et a été entendu par les services de la gendarmerie. 11 familles ont porté plainte pour des faits d'agressions sexuelles présumées sur mineurs. Selon nos informations, le salarié concerné conteste formellement les faits qui lui sont reprochés.

Les parents d'élèves réclament sa suspension provisoire. Selon plusieurs avocats interrogés par Imaz Press, cette demande devrait pourtant être envisageable par la direction.

"Juridiquement, l'établissement pourrait licencier l'agent pour causes réelles et sérieuses, en lui payant toutes les indemnités légales. Et cela même en tenant compte de la présomption d'innocence", nous indique une juriste.

"S'il n'y avait eu qu'une plainte, cela aurait été plus difficile de justifier les causes réelles et sérieuses, mais avec 11 plaintes, cela se passerait beaucoup mieux si l'agent accusé devait aller aux prud'hommes. L'établissement pourrait faire jouer le principe de précaution", analyse-t-elle. 

Un avis partagé par un autre avocat, spécialiste du droit du travail. "L'agent pourrait tout à fait être licencié pour causes réelles et sérieuses", affirme-t-il auprès de notre rédaction. "Dans ce type d'affaire, la présomption d'innocence est un mauvais prétexte", estime-t-il. 

- Le diocèse de La Réunion silencieux pour l'heure -

 Le licenciement pourrait donc être tout à fait possible, mais engendrait aussi pour l'établissement quelques difficultés qu'il ne semble pas souhaiter affronter. 

"Nous estimons qu'il est du devoir de l'école de protéger ses élèves autant que possible. Nous respectons la loi qui indique la présomption d'innocence, mais nous ne pouvons fermer les yeux devant des faits qualifiés de "comportements déplacés" par l'école mais qui sont, en fait, des agressions sexuelles sur mineurs", s'indigne de son côté le collectif des parents d'élèves.

L'établissement se trouve sous la tutelle des sœurs de Saint-Joseph de Cluny, elles-mêmes rattachées au diocèse de La Réunion. Si un représentant était bien présent lors de la rencontre de ce jeudi, selon un parent d'élève, il n'aurait pas pris la parole. 

Contacté, le diocèse n'a pour l'heure pas répondu aux sollicitations d'Imaz Press Réunion. On ignore donc si le diocèse a validé cette réintégration, et s'il peut agir – ou non - pour suspendre cet agent à titre conservatoire. Des questions d'autant plus importantes suite aux nombreux dossiers qui ont mis en cause le silence des autorités religieuses dans ce type d’affaires.

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1 Commentaires
Ded
Ded
1 heure

silence de l'évêque aussi , comme d'habitude!