Trafic de drogue : 12 ans de prison requis en appel contre Yannis Bley, la décision mise en délibéré

  • Publié le 7 février 2026 à 05:00
  • Actualisé le 7 février 2026 à 06:03
tribunal cour appel

Le dossier de trafic de drogue mettant en cause Yannis Bley et certains de ses co-prévenus aurait dû être examiné le 29 janvier 2026 dernier par la Cour d'appel, l'absence d'un avocat, pour cause de maladie, a obligé les magistrats à renvoyer le dossier. C'est donc ce vendredi 6 février, que six des dix prévenus impliqués dans le dossier ont été jugés Après plus de 10 heures d'audience et de débats, la Cour a mis sa décision en délibéré jusqu'au 5 mars. Une peine de 12 ans de prison a été requise à l'encontre de Yannis Bley (Photo : sly/www.imazpress.com)

Le dispositif policier mis en place autour de Yannis Bley, le principal accusé de ce dossier de stupéfiants, est toujours aussi important.

Déclaré comme Détenu particulièrement surveillé (DPS) de niveau 4, c'est sous une escorte d'une bonne dizaine de policiers, en tenue comme en civil, et pour certains armés de pistolets-mitrailleurs, qu'il est arrivé à la Cour ce vendredi. Regardez

Crâne rasé, barbe bien taillée, musculature proéminente, Yannis Bely a pris place dans le box des mis en cause avec à ses côtés Ousmane El Hadji M'baye.

Ce Franco-Sénégalais d'une trentaine d'années, était inconnu de la justice jusqu'à son interpellation, Son comportement désinvolte à la barre énervera à plusieurs reprises la Présidente de la Cour. 

- Du cannabis, de la cocaïne et du LSD - 

L’affaire débute en mai 2023 avec l’arrestation d’une mule en provenance d’Orly. Dans ses bagages, elle transporte plus de 8,7 kilos de cannabis, un kilo de cocaïne et du LSD. Il y en a pour plus de 300.000 euros. Ce n’est pas son premier voyage à La Réunion. Exploitant sa téléphonie, les enquêteurs identifient un certain Yannis Bley, alias "GN".

À 25 ans, il affiche déjà trois condamnations pour trafic de stupéfiants. La mule admet transporter des choses pour GN. Les investigations démontrent que Yannis Bley n’est pas un second couteau. Il a multiplié les voyages à La Réunion et a pris l’habitude de faire des transferts d’argent même s'il est déclaré quasiment sans domicile fixe.

À titre d'exemple, l'un de ses comptes, crédité de plus de 12.000 euros en un an, ne sert qu’à sa logistique. Avec ce dernier, il achète des nuitées et des billets d’avion. De fil en aiguille, les enquêteurs remontent la filière et découvrent de multiples ramifications.

Téléphones pour brouiller les pistes, billets d’avion et nuits d’hôtel payés en liquide ou via des cartes bleues, des transferts d’argent dans toutes les directions, des noms de code… Avec les mules classiques qui amènent la drogue, on découvre alors les mules d'argent, celles qui retournent en Hexagone avec des sommes d'argent importantes. Il y aura, sur une période de presque deux ans, pas moins de trois vagues d'interpellations.

- "Je n'ai rien à voir avec ce dossier"de trafic de drogue - 

Ce vendredi Yannis Bley est le premier à être interrogé par la Présidente et l'avocate générale. Son interrogatoire dure plus d'une heure. 

Il reconnaît avoir été condamné déjà trois fois dans l'Hexagone dans des affaires de trafic de stupéfiants. Il admet avoir "traficoté" avec la drogue à La Réunion, "j'achetais sur l'île et je revendais aussi un peu" dit-il

Il nie fermement avoir fait importer de la drogue sur l'île. Il affirme que les virements, reçus et envoyés, pour des sommes assez conséquentes, se rapportent à un trafic de petit matériel informatique.

Ousmane El Hadji M'baye est ensuite interrogé.  "Je n'ai rien à voir avec ce dossier", martèle-t-il comme il le fait depuis son interpellation.

Il dit ne pas se souvenir de l'origine des multiples virements, créditeurs et débiteurs, pour plusieurs milliers d'euros détectés sur son compte par les enquêteurs.

Il indique être à La Réunion par amour après avoir rencontré une jeune femme dans l'île. Il reconnait que pour "survivre", il s'est lancé dans la vente "au black" de voitures d'importation mais ni un quelconque trafic de drogue. 

Il estime qu'il a été impliqué dans ce dossier par son ex compagne dont il s'est séparé au bout de trois ans. "C'est parce qu'elle n’a pas supporté la séparation qu'elle me charge", affirme-t-il. "Mais, je n'ai rien à voir avec ce dossier !" soutient-il.

- "J'ai été naïve ! "J'ai été manipulée" -

Troisième prévenue de la matinée, une Réunionnaise, Anaïs Hamilcaro. Contrairement aux autres, qui "subissent" l'appel du parquet, elle conteste sa condamnation à trois ans de prison, dont un ferme déjà effectué en détention provisoire.

"J'ai été naïve ! "J'ai été manipulée", affirme-t-elle devant la Cour.

Selon l'enquête elle la logisticienne du réseau. Plusieurs réservations de billets d'avion, de chambres d'hôtel, de nombreux transferts d'argnet sont recensés passent par ses comptes bancaires personnels.

Cette agente de la fonction publique territoriale a été la compagne de Yannis Bley durant trois mois, avant que celui-ci la quitte pour jeune majeure (ensuite condamnée en Comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité).

Après la séparation elle continu à fournir sa carte bleue pour l'achat de billets d'avion et autres locations d'hôtels, chambres, meublés, etc.

Interrogée sur ses nombreuses dépenses, outre celles pour le réseau, mais aussi ses 10 voyages dans l'Hexagone en un peu plus de deux ans, pour une valeur proche des 15.000 euros, ceux à l'Île Maurice, elle explique qu'outre son salaire de fonctionnaire, elle vend des pâtisseries, mais aussi des vêtements, qu'elle fait de la formation, etc.

- Des réquisitions conformes à celles de première instance - 

L'audition des quatre autres prévenus sera beaucoup plus rapide. Ils reconnaissent tous les faits, même s'ils les minimisent. 

Dans un long réquisitoire, l'avocate générale reprend point par point, prévenu par prévenu, le rôle et l'implication de chacun et de chacune.

Elle requiert les sanctions demandées en première instance : 12 ans pour Yannis Bley ; 10 pour Ousame El Hadji M'Baye et 4 ans avec mandat de dépôt pour Anaïs Hamilcaro.

Des réquisitions qui laissent "sans voix" l'ensemble des avocats de la défense. Les premiers à plaider seront ceux qui "risquent" le moins. C'est beaucoup plus difficile pour Me Amed Ben Ali qui défend Anaïs Hamilcaro. "Il n'y a aucune nuance dans les réquisitions du ministère public. Sur une certaine période, il est démontré qu'elle ne connaissait pas Yannis Bley. Et dans ce cas, vous ne pouvez que la relaxer", affirme son avocat.

"Elle conteste les faits. Et dans le dossier, rien ne démontre un élément intentionnel", plaide encore le conseil qui souligne qu'aucun élément ne démontre sa culpabilité. C'est donc en toute logique que le conseil sudiste demande une peine mixte comme prononcée en première instance.

- "Une véritable injustice"- 

La parole est ensuite donnée à Me Omarjee qui plaide la relaxe pour Ousame El Hadji M'Baye. "Il a un casier judiciaire vierge et on lui reproche. On lui dit qu'il est intelligent et c'est pour cela qu'il n'a jamais été mis en cause", plaide le bâtonnier.

"On vous demande de créer une justice d'exception. Vous êtes ici pour juger un dossier", poursuit-il. 

"Mon client a un casier vierge. On demande contre lui 10 ans. La peine maximale. C'est une véritable injustice (...) Il faut rendre une peine juste dans un territoire qui n'est pas un territoire d'exception", soutient Me Omarjee.

C'est ensuite Me Amar Toubal qui prend la parole pour la défense de Yannis Bley. "On requiert 12 ans contre mon client. Pour moi, c'est une erreur judiciaire. On va mal juger mon client. Le parquet a mis sous le tapis tout ce qui dérange", attaque le conseil parisien.

"Les peines requises n'ont aucun sens, il faut un minimum les motiver. Vous devez appliquer simplement le droit ", lance le conseil.

"Oui, sa culpabilité est acquise" mais "y a-t-il assez de preuves dans ce dossier pour démontrer que mon client est à la tête d'un réseau de trafic de drogue ?", s'interroge le conseil.

Il estime que "le tribunal (correctionnel - ndlr) a simplement jugé de la bonne manière" en condamnant Yannis à 6 ans d de prison et s'étonne que l'avocate générale réclame le double de cette peine.

La Cour s'est donnée un mois pour rendre sa décision

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2 Commentaires
Selly et Atchapa ?
Selly et Atchapa ?
2 heures

L'affaire Spl estival avec Selly et Atchapa, ce sera quand ?

Vital et compagnies
Vital et compagnies
3 heures

Lundi ce sera au tour de Vital et compagnie :
Vital
Caillé
Didier Robert ?

La droite qui triche ?