Ce mardi 26 mai 20126, Aurélien Centon, conseiller départemental de Saint-Paul et président d'associations a été jugé par le tribunal correctionnel de Saint-Denis pour des faits supposés de harcèlement moral contre une jeune femme avec qui il a eu une relation intime. De ce rapport est né un petit garçon qu'il considère comme le sien. En tentant d'obtenir des informations sur l'enfant, il aurait harcelé la mère mais aussi tous ses proches. Le tribunal l'a reconnu coupable. Il a été condamné à 4 mois de prison avec sursis et interdiction de contact durant 2 ans avec la jeune femme (Photo photo Sly/www.imazpress.com)
L'affaire démarre dans le courant 2022 - 2023 comme une histoire d'amour entre un homme et une femme. Les deux, déjà mariés chacun de leur côté, et travaillant dans la même entreprise entament une relation intime. Très rapidement, la jeune femme est enceinte. Elle l'informe de sa grossesse et lui laisse supposer qu'il est le père.
Tout semble bien aller jusqu'à l'accouchement les choses se dégradent rapidement et la jeune femme met fin à leur relation. À partir de ce moment-là, selon les poursuites, Aurélien Centon commence une véritable action de harcèlement non seulement envers la jeune femme mais aussi vis-à-vis de l'ensemble de sa famille et même de son compagnon et de ses amis. "Pendant 3 ans, il nous a fait vivre un enfer. Il s'est immiscé dans tous les instants de ma vie", explique la jeune femme à la barre.
Devant les magistrats, le mis en caues nie totalement les faits avec un comportement qui pousse le Président Bernard Molie à le recadrer. "On comprend mal pourquoi vous embêtez des gens qui n'ont rien à voir avec l'histoire" a lancé le magistrat.
Si Aurélien Centon affirme seulement vouloir avoir des nouvelles de l'enfant, il continue toujours à refuser d'admettre ses agissements. Encore une fois, le magistrat est obligé de le remettre en place. "Vous vous immisçait dans des faits où vous n'avez aucune légitimité. On ne comprend pas ce qu'il se passe dans votre tête. Pourquoi vous n'arrêtez pas d'embêter pas ces gens-là ? Vous n'avez aucun droit sur cet enfant".
- "Elle a vécun l'enfer pendant trois ans" -
"Ma cliente est venue vous dire l'enfer qu'elle a vécu durant trois ans", attaque Me Chrystel Videlot-Clerc. "Il estime être au-dessus de tout, d'être au-dessus de la Loi. On ne décide pas soi-même de s'imposer. Pour lui, c'est un moyen de garder une emprise sur ma cliente. Il utilise sa casquette d'élu et sa notoriété. C'est une pression terrible", détaille la conseil.
"Elle veut que cela s'arrête, mais son comportement actuel m'inquiète beaucoup", conclut Me Videlot-Clerc en demandant seulement une interdiction d'entrer en contact avec sa cliente et les membres de sa famille. "Tous les éléments démontrent le harcèlement", lance en préambule la Procureure de la République. Ludivine Fathi.
- "Il ne se considère pas comme coupable" -
"Il ne se considère pas comme coupable. Il considère qu'il n'avait pas l'intention de nuire. Il est allé beaucoup trop loin", soutient encore la magistrate en requérant neuf mois d'emprisonnement avec sursis et interdiction d'entrer en contact avec la victime et l'ensemble des personnes qu'il a importunées.
"Il est dans une détresse immense en pensant qu'il a un enfant biologique qu'il ne connaîtra pas", commence Me Judith Beaumont, avocate d'Aurélien Centon.
"Il perd un peu les pédales et il a du mal à s'expliquer. Ils sont tous les deux responsables de l'arrivée de ce petit garçon. Il fait les choses maladroitement comme une personne perdue qui ne sait plus quoi faire. Il n'a pas conscience de les avoir troublés et de les avoir marqués. Avait-il réellement l'intention de lui nuire ? Y-a-t-il harcèlement", interroge la conseil qui réclame la relaxe de son client.
"Si vous devez rentrer en condamnation, il faut réduire la peine, énorme, demandée par le ministère public" a plaidé l'avocat.
Aurélien Centon a finalement été condamné à 4 mois de prison avec sursis et interdiction de contact durant 2 ans avec la mère de l'enfant
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