13-Novembre : une "course pour la libertĂ©" sillonne les lieux des attentats

  • PubliĂ© le 9 novembre 2025 Ă  16:52
  • ActualisĂ© le 9 novembre 2025 Ă  17:44
La plaque rendant hommage à Manuel Dias, tué le devant le Stade de France à Saint-Denis, prÚs de Paris, et premiÚre victime des attentats du 13 novembre 2015, lors d'une cérémonie organisée le 13 novembre 2024

Au pied du Stade de France embrumĂ©, plus de 1.500 personnes se sont Ă©lancĂ©es dimanche matin dans une "course pour la libertĂ©" sillonnant ensuite l'est parisien, reliant les lieux oĂč, le 13 novembre 2015, des commandos du groupe Etat islamique tuaient 130 personnes et blessaient des centaines d'autres.

L'arche de départ a symboliquement été placée devant la plaque rendant hommage à Manuel Dias, tué devant l'enceinte sportive, premiÚre victime de la série d'attaques perpétrées il y a presque dix ans.

L'Association française des victimes du terrorisme a été à l'initiative de la manifestation, déclinée en une "marche de l'égalité" à Paris dans l'aprÚs-midi et un "village de la fraternité", installé sur le parvis de l'HÎtel de ville de la capitale.

L'idĂ©e de ce triptyque a germĂ© dans l'esprit de Catherine Bertrand, vice-prĂ©sidente de l'association, dans le sillon des Jeux olympiques de Paris 2024, "une euphorie collective", constellation de "moments extrĂȘmement fĂ©dĂ©rateurs" qui fut rĂ©confortante pour cette rescapĂ©e des attentats de 2015.

"C'est la France qui a été attaquée ce soir-là, ce n'est pas moi. Tout le monde est concerné de prÚs ou de loin par les attentats du 13 novembre", rappelle-t-elle.

- "Une vague positive" -

Contre la dĂ©ferlante mortifĂšre des jihadistes d'il y a dix ans, la course a Ă©tĂ© pensĂ©e comme "une vague positive qui passe par lĂ , pour ajouter de la vie lĂ  oĂč il y a eu des morts", explique Catherine Bertrand.

Elle tient également à "ne jamais oublier les victimes des attentats des terrasses et du Stade de France, qu'on oublie trop souvent", contrairement à celles du Bataclan.

Dans la nuée de coureurs qui s'échauffent avant le départ, Julie Leblanc tient à immortaliser sa matinée en prenant en photo son dossard, auréole du Stade de France en perspective.

"Cela passe trÚs vite dix ans et ça a été marquant pour tout le monde, donc il ne faut pas l'oublier et on court pour ça," témoigne la jeune femme de 30 ans portant l'uniforme du jour: T-shirt orange floqué du logo "13-Unis", nom donné à la manifestation sportive.

Le Petit Cambodge et le Carillon, la Bonne BiÚre et Casa Nostra, le Bataclan, le Comptoir Voltaire, la Belle Equipe: la course de 16 kilomÚtres passe par les zones mémorielles et le peloton n'y est pas insensible.

"Je suis dĂ©jĂ  passĂ© sur certains de ces endroits dans mes sorties hebdomadaires", explique Eric Letranchant, coureur rĂ©gulier, "mais avec tout cet engouement et ce soutien, ça risque effectivement d'ĂȘtre chargĂ© d'Ă©motion", reconnait l'homme de 62 ans.

TrÚs émue, Sofia Dias, fille de la seule personne tuée le 13-Novembre au Stade de France, a été longuement applaudie par la foule transie par le froid matinal. "N'oublions pas les valeurs de la République," a-t-elle sobrement plaidé juste avant de donner le départ de la course.

AFP

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