Un Russe qui avait tranché à la hache les mains de sa femme a été condamné jeudi à 14 ans de prison dans une affaire qui avait mis en lumiÚre la réalité des violences conjugales dans le pays.
Dimitri Gratchev a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă 14 ans de prison dans une colonie pĂ©nitentiaire Ă rĂ©gime sĂ©vĂšre par le tribunal de Serpoukhov, Ă une centaine de kilomĂštres au sud de Moscou, a indiquĂ© une porte-parole du tribunal Ă l'AFP. Le 11 dĂ©cembre 2017, l'homme avait conduit sa femme Margarita Gratcheva, qu'il accusait d'infidĂ©litĂ©, dans un forĂȘt prĂšs de Moscou aprĂšs avoir dĂ©posĂ© leurs deux enfants dans une garderie.
Il lui avait alors attaché les mains, puis coupé les doigts, avant de frapper ses avant-bras à coups de hache sur la souche d'un arbre. L'homme avait posé des garrots sur sa victime pour éviter qu'elle ne perde trop de sang. Il l'avait ensuite emmenée à l?hÎpital avec une boite à chaussures contenant son bras droit sectionné.
"Aucune condamnation ne fera revenir mes mains", a rĂ©agi devant la presse la jeune femme, ĂągĂ©e de 26 ans, aprĂšs le verdict. Elle espĂ©rait que son dĂ©sormais ex-mari soit condamnĂ© Ă la prison Ă vie. AprĂšs de multiples opĂ©rations, les mĂ©decins Ă©taient parvenus Ă recoudre sa main gauche, retrouvĂ©e dans la forĂȘt. Elle porte depuis une prothĂšse Ă la main droite.
Les enquĂȘteurs ont affirmĂ© que Dimitri Gratchev avait froidement prĂ©parĂ© son crime en achetant au prĂ©alable une hache, des liens, des bandages et de l'iode. Ce dernier devra Ă©galement s?acquitter d'une amende de plus de deux millions de roubles (26.000 euros) pour le prĂ©judice moral subi. Fortement mĂ©diatisĂ©e, cette affaire a mis en lumiĂšre la rĂ©alitĂ© des violences conjugales en Russie, oĂč les autoritĂ©s ont dĂ©pĂ©nalisĂ© en 2017 certaines formes de violences au sein du cercle familial, sous la pression des milieux conservateurs.
En octobre dernier, un rapport de l'ONG Human Rights Watch soulignait que les victimes de violences conjugales dans le pays faisaient souvent face à l'indifférence de la police et à "d'importants vides juridiques". Un mois avant son agression, Margarita Gratcheva avait déposé une plainte qui avait été ignorée par la police.
- © 2018 AFP
