PrélÚvement à la source

"15 jours pour lever les doutes" dit Bergé (LREM), l'opposition critique

  • PubliĂ© le 31 aoĂ»t 2018 Ă  13:13
  • ActualisĂ© le 31 aoĂ»t 2018 Ă  15:11
Avec la réforme, les contribuables paieront leurs impÎts 2018 sur les revenus de 2017, et les impÎts 2019 sur ceux de 2019

Le gouvernement "se laisse 15 jours" pour "lever les doutes" autour du prélÚvement à la source et décider de la date de sa mise en oeuvre, a indiqué vendredi Aurore Bergé, porte-parole du groupe LREM à l'Assemblée nationale. Mais la communication de l'exécutif suscite critiques et interrogations dans les rangs de l'opposition.

"Oui nous souhaitons mettre en oeuvre le prélÚvement à la source", (mais) "si c'est mis en oeuvre et qu'au final ce n'est pas dans les bonnes conditions pour les Français, ce sera un échec. Il faut que ce soit une réussite, et donc c'est ça qu'a demandé le président de la République: on se laisse 15 jours pour lever les doutes", a elle déclaré Aurore Bergé sur RMC. "Ca se fera", a-t-elle assuré, et "sur la question de la date de janvier 2019, on se laisse 15 jours pour savoir exactement la date d'entrée en vigueur", a-t-elle précisé.

Cette date n'est plus certaine depuis qu'Emmanuel Macron a annoncé jeudi qu'il attendait "des réponses précises" avant de décider la mise en oeuvre, aprÚs des mois de préparation du pays à cette réforme majeure. Dimanche, le Premier ministre Edouard Philippe avait déjà semé le doute en promettant de faire "le point" d'ici quelques semaines. Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin avait toutefois assuré dans la foulée que le prélÚvement à la source serait bien appliqué dÚs la fin janvier 2019.

"Carabistouille"

"Emmanuel Macron faisait partie des ministres que j'avais rencontrés pour évoquer ce sujet. Il m'avait dit qu'il n'y voyait pas d'inconvénient", a assuré l'un des artisans de la réforme, l'ancien secrétaire d'Etat chargé du Budget et des Comptes publics Christian Eckert (PS). Il a jugé "un peu surprenant" qu'Emmanuel Macron "découvre que la France ne serait pas capable de mettre en ?uvre le prélÚvement à la source", alors que "des milliers de fonctionnaires" y travaillent depuis des mois, déplorant sur franceinfo vendredi "une forme de mépris de la capacité des Françaises et des Français à comprendre les choses".

Stéphane Le Foll (PS) a lui dit ne "pas trÚs bien comprendre ce qui se passe, aprÚs avoir vu à la fois de la publicité à la télé, une lettre envoyée à tous les contribuables". Est-ce qu'"on va remettre en cause une grande réforme parce qu'il y a un problÚme de communication ? (...) On ne voit pas trÚs bien la cohérence de tout ça", a-t-il résumé sur Radio Classique, estimant que "ça sent un peu la carabistouille". Pour le porte-parole du Rassemblement national (ex-FN), Jordan Bardella, "c'est trÚs inquiétant, et sur ce sujet comme beaucoup d'autres, le gouvernement est loin de rassurer", a-t-il estimé sur Sud Radio.

C'est "un rĂ©tropĂ©dalage en direct" sur une rĂ©forme qui "a Ă©tĂ© mal pensĂ©e", a critiquĂ© Emmanuelle MĂ©nard (apparentĂ©e au RN), et ce "n'est peut-ĂȘtre pas non plus sans lien avec la perspective des Ă©lections europĂ©ennes en mai prochain", a-t-elle remarquĂ© sur BFMTV et RMC. Le prĂ©sident des RĂ©publicains Laurent Wauquiez avait quant Ă  lui demandĂ© mercredi Ă  l'exĂ©cutif de renoncer Ă  une rĂ©forme "qui va dans le mur". Si elle est appliquĂ©e, ce sera "une catastrophique Ă©conomique pour les Français", qui "vont se transformer en banquiers de l'Etat (en) assur(ant) pendant des mois (sa) trĂ©sorerie", tandis que "les entreprises vont se transformer en collecteurs d'impĂŽts", ce qui "va leur coĂ»ter trĂšs cher", a prĂ©dit le sĂ©nateur LR Bruno Retailleau vendredi sur France Bleu Loire OcĂ©an.

 © 2018 AFP

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