Attentats du 13 novembre

20 personnes renvoyées aux assises, dont Abdeslam

  • PubliĂ© le 16 mars 2020 Ă  15:58
  • ActualisĂ© le 16 mars 2020 Ă  16:53
Balance - Justice

Le 13 novembre 2015, les attentats de Paris et Saint-Denis faisaient 130 morts et 350 blessĂ©s. Quatre ans et demi plus tard, l'enquĂȘte tentaculaire menĂ©e par cinq juges d'instruction vient d'atteindre son terme avec le renvoi aux assises de vingt suspects.

Parmi ces derniers figure notamment le Franco-belge Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos qui ont frappé des terrasses de bar et la salle de spectacle du Bataclan au c?ur de la capitale, ainsi que les abords du Stade de France, lors de ces attaques revendiquées par l'organisation Etat islamique (EI).

Cette ordonnance de mise en accusation, un document de 348 pages hors annexes signé le 16 mars dont les conclusions ont été dévoilées par un communiqué du parquet national antiterroriste (Pnat), suit les réquisitions de celui-ci, formulées fin novembre. Elle est encore susceptible de faire l'objet d'un appel, ce qui ne devrait pas retarder le procÚs.

Celui-ci est prévu pour démarrer en janvier 2021 et durer six mois. Des travaux ont d'ailleurs déjà commencé au c?ur de l'historique palais de justice de Paris, situé sur l'ßle de la Cité, afin de construire une salle d'audience suffisamment grande et sécurisée pour accueillir les débats.

En plus des accusĂ©s, plus de 1.750 parties civiles, ainsi que des centaines d'avocats et de journalistes, sont attendus. "Je me fĂ©licite de la dĂ©cision rendue par les juges mais compte tenu des circonstances actuelles, je ne sais pas si ce dossier va ĂȘtre audiencĂ© dans les dĂ©lais que l'on prĂ©voyait" a rĂ©agi auprĂšs de l'AFP Me Olivier Morice, avocat de 35 familles, faisant allusion Ă  l'Ă©pidĂ©mie de coronavirus sĂ©vissant notamment en France.

Le calendrier judiciaire est en effet lui aussi frappé d'incertitude vu l'onde de choc du coronavirus: Nicole Belloubet a ordonné dimanche la fermeture de l'ensemble des tribunaux, dont l'activité sera réduite aux "contentieux essentiels", et appelle au report des procÚs d'assises pour freiner le virus.

-- Six absents --

Quatorze des suspects sont aujourd'hui aux mains de la justice française ou de son homologue belge dans ce dossier, dont des logisticiens, convoyeurs et intermédiaires présumés.

Onze d'entre eux sont placĂ©s en dĂ©tention provisoire et les trois autres sous contrĂŽle judiciaire. Six autres personnes sont visĂ©es par un mandat d'arrĂȘt, dont un homme dĂ©tenu en Turquie, Ahmed Dahmani.

La plupart des cinq autres suspects sont prĂ©sumĂ©s morts en zone irako-syrienne mais, faute de certitude sur leur sort, ils seront tout de mĂȘme jugĂ©s. Salah Abdeslam, dĂ©tenu en France depuis prĂšs de quatre ans et placĂ© Ă  l'isolement, sera ainsi jugĂ© notamment pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle", "meurtres en bande organisĂ©e en relation avec une entreprise terroriste". Au cours de l'enquĂȘte, il a quasi-systĂ©matiquement gardĂ© le silence face aux magistrats instructeurs qui l'ont convoquĂ© une dizaine de fois.

Le Belge Oussama Atar, soupçonnĂ© d'avoir planifiĂ© les attentats depuis la Syrie, sera lui jugĂ© en son absence pour "direction d'une organisation terroriste" et "complicitĂ© de meurtres en bande organisĂ©e". Ce vĂ©tĂ©ran du jihad, identifiĂ© sous le nom de guerre d'"Abou Ahmed" et considĂ©rĂ© comme un Ă©mir du groupe État islamique, n'a jamais Ă©tĂ© interpellĂ©. Il est considĂ©rĂ© comme mort par des services de renseignements.

Les juges ont aussi ordonné le renvoi devant les assises, pour complicité des ces crimes, de plusieurs membres présumés de la cellule jihadiste franco-belge également à l'origine des attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles qui ont fait 32 morts: Sofien Ayari, Osama Krayem, Mohamed Abrini, Mohamed Bakkali.

AFP

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