Un jeune talent méconnu présenté comme le futur Messi? Un vieux briscard charismatique et grande gueule? Un entraßneur en réussite européenne? Une superstar planétaire? Le PSG version qatarie a tout essayé - Pastore, Ibra, Emery, Neymar - déboursant des fortunes, avec des objectifs toujours inaccessibles.
. 'Pas le moment de discuter'
Paris a bien perçu mardi soir (défaite 2-1 aprÚs l'aller perdu 3-1) tout le chemin à parcourir pour pouvoir regarder dans les yeux le Real Madrid ou le FC Barcelone. "On est désolés mais le Real Madrid nous a été supérieur", a synthétisé l'expérimenté Thiago Motta aprÚs la rencontre, tout en se disant "persuadé que le PSG va gagner la Champions League", "bientÎt".
Comment? "Ce n'est pas le moment pour parler de changement, tout le monde est énervé", a dit le président Nasser Al-Khelaïfi. "On veut se calmer avant de savoir quoi changer, il nous reste du temps pour réfléchir." Que faire en effet? Car quelle que soit la formule, Paris n'a jamais atteint le dernier carré européen en sept saisons sous pavillon qatari.
. Futur Messi, vieux charismatique
En attirant en 2011 Javier Pastore contre 42 millions d'euros, en provenance de Palerme, Paris croyait s'ĂȘtre offert un futur Messi, et le revendiquait. EntrĂ© contre le Real, l'Argentin pas mĂȘme assurĂ© de disputer la Coupe du Monde avec sa sĂ©lection, a Ă©tĂ© Ă l'image de son passage Ă Paris: trĂšs irrĂ©gulier, avec de longues pĂ©riodes d'absences.
Paris a ensuite fait appel au charismatique Zlatan Ibrahimovic, star confirmée et passée par de grands clubs (Inter et Milan AC, Barcelone). S'il a beaucoup marqué et remporté de nombreux titres à Paris, le Suédois n'a pas brillé en Ligue des champions et Paris n'a pas dépassé les quarts de finale.
AccusĂ© de s'asphyxier dans les sommets europĂ©ens, 'Ibra' n'a pas Ă©tĂ© retenu Ă l'Ă©tĂ© 2016, aprĂšs quatre saisons. Il est parti en mĂȘme temps que Laurent Blanc, entraĂźneur qui n'Ă©tait pas le premier choix Ă son arrivĂ©e et qui venait d'ĂȘtre prolongĂ©.
. 'Mourir pour le club'
Le PSG, traumatisĂ© par son Ă©limination contre Manchester City - dĂ©tenu par le grand rival gĂ©opolitique du Qatar, les Emirats arabes unis - dĂ©cide alors de tout changer: Al-KhelaĂŻfi rĂ©clame des joueurs qui "mangent le gazon, prĂȘts Ă mourir pour le club".
Il fait appel à l'été 2016 à Unai Emery, qui vient de donner à un club plutÎt moyen, le Séville FC, trois Europa League consécutives (2014 à 2016). Et préside au retour au Parc des Princes des supporters Ultras, qui en étaient bannis depuis le plan Leproux (2010).
Le rĂ©sultat? Une humiliation en mondiovision contre Barcelone la saison derniĂšre (4-0, 1-6 en huitiĂšmes de finale de C1), la perte de la couronne de France au bĂ©nĂ©fice de Monaco. Sans parler de la nouvelle sortie de route face au Real Madrid mardi, avec des joueurs sans caractĂšre. "Aucune surprise pour le Real", a taclĂ© Rafael Martin Vasquez, ancien de Madrid, dans L?Ăquipe.
. Pas mieux avec le 'Ney'
Cette nouvelle élimination intervient sept mois aprÚs le recrutement de la star planétaire Neymar, et de la promesse française Kylian Mbappé, soit un mercato à plus de 400 millions d'euros.
"La Ligue des champions est vraiment pour les grands joueurs, pour les grandes équipes, et nous je pense qu'on a besoin d'un peu de temps pour mûrir", a piteusement analysé le défenseur Marquinhos.
Ce pilier du projet PSG, arrivĂ© en 2013 en France, a aussi livrĂ© un conseil sur l'avenir du club. InterrogĂ© sur les choses Ă changer pour grandir, il a rĂ©pondu: "si Ă chaque annĂ©e qu'on perd les matches, on pense Ă faire des changements, on va toujours faire les mĂȘmes discours Ă la fin".
Et de prendre l'exemple de son bourreau du soir, le Real Madrid: "Ăa fait combien d'annĂ©es qu'ils jouent ensemble au Real Madrid, qu'ils font un bon travail? Pour qu'une Ă©quipe aille vers l'avant, elle a besoin de temps pour avoir les mĂ©canismes, pour que tout se passe bien sur le terrain."
. ĂtĂ© compliquĂ©?
Les changements ne font toutefois pas que s'impulser, ils peuvent aussi se subir. Paris reste sous la menace du fair-play financier qui pourrait voir l'UEFA le sanctionner aprÚs ses dépenses pharaoniques de l'été.
Et, plus grave peut-ĂȘtre, il tremble Ă l'idĂ©e de voir Neymar quitter Paris. Son capitaine, Thiago Silva, est restĂ© Ă©vasif sur l'avenir de son compatriote, convalescent au BrĂ©sil: "Je crois qu'il va rester, (...) on verra ce qui va se passer jusqu'Ă la fin de la saison aprĂšs la Coupe du monde."
Quant à 'Marqui', un proche, il a "demandé" à 'Ney' de "rester" à Paris. "Il faut vraiment qu'il ait confiance en notre projet, en nos joueurs, notre staff"...
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2018 AFP


