A Gaza, une joie fugace pour ce premier ramadan depuis le cessez-le-feu

  • PubliĂ© le 18 fĂ©vrier 2026 Ă  16:00
  • ActualisĂ© le 18 fĂ©vrier 2026 Ă  16:31
Des Palestiniens déplacés allument des feux d'artifice pour célébrer le début du mois du ramadan, dans un camp du centre de la bande de Gaza, le 17 février 2026

Au milieu des ruines et des tentes alignées à perte de vue, ils ont allumé des lanternes, accroché des décorations multicolores.

Pour les Palestiniens de Gaza, le ramadan qui a commencé mercredi apporte de timides moments de joie aprÚs deux ans de bombardements.

Avant le lever du jour, pour ce premier ramadan depuis le dĂ©but de la trĂȘve, le 10 octobre, entre IsraĂ«l et le Hamas, des fidĂšles se sont rassemblĂ©s pour prier dans la grande mosquĂ©e Omari de Gaza-ville.

"Nous sommes venus malgrĂ© l'occupation, la destruction des mosquĂ©es et des Ă©coles, la dĂ©molition de nos maisons prĂšs de la Ligne jaune", oĂč les soldats israĂ©liens restent stationnĂ©s depuis le cessez-le-feu, raconte Abou Adam, un habitant de cette grande ville du nord du territoire.

"MĂȘme cette nuit, quand le secteur a Ă©tĂ© frappĂ©, nous avons dĂ©cidĂ© de venir pour adorer Dieu".

Une source de sécurité a déclaré à l'AFP que des tirs d'artillerie avaient visé mercredi l'est de Gaza-ville ainsi qu'un camp de réfugiés du centre du territoire.

AprĂšs plus de quatre mois de cessez-le-feu, les tirs et les frappes restent quotidiens dans la bande de Gaza, oĂč les deux camps s'accusent mutuellement de violer la trĂȘve.

Et pour les plus de deux millions de Gazaouis, dont la plupart ont été déplacés plusieurs fois pendant la guerre, la reconstruction se fait attendre, tout comme la levée du siÚge imposé par Israël depuis le début du conflit, déclenché par l'attaque du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023.

- "Sentiments partagés" -

Nivin Ahmed, un Palestinien de 50 ans installé sous une tente dans le vaste camp de déplacés d'Al-Mawasi, dans le sud de Gaza, confie accueillir avec "des sentiments partagés" ce "premier ramadan sans guerre en trois ans".

"Notre joie est Ă©touffĂ©e. Ceux qui ont Ă©tĂ© tuĂ©s, qui sont portĂ©s disparus, dĂ©tenus, ou mĂȘme qui sont partis nous manquent", dit-il.

Si les Ă©tals de certains marchĂ©s se sont remplis Ă  l'approche du ramadan, pour beaucoup de Gazaouis les prix restent Ă©levĂ©s et les mets de fĂȘte inaccessibles.

"La table de ramadan était autrefois garnie des plats les plus délicieux et réunissait tous nos proches.

Aujourd'hui, j'ai à peine de quoi préparer un plat principal et un accompagnement. Tout est cher", remarque Nivin Ahmed.

D'autres se rĂ©jouissent de l'atmosphĂšre de fĂȘte, sous leur tente illuminĂ©e par les guirlandes.

"Les chants emplissent les rues, les décorations illuminent les tentes. La joie de mes enfants est indescriptible", raconte Khitam Ayada, une femme de 30 ans installée avec sa famille sous une tente à Deir el-Balah, dans le centre de la bande de Gaza.

- "Bienvenue au ramadan" -

"Quand nous avons allumé les lumiÚres, ils ne les ont pas quittées des yeux et n'ont pas cessé de sourire. Ma fille m'a dit +Maman, notre tente est devenue la plus belle des tentes+", ajoute la jeune femme déplacée de Beit Lahia, dans le nord.

"Cette année est différente des précédentes. Cette fois, le ramadan est un moment de bonheur, avec la guerre qui a cessé".

Mohammed al-Madhoun, un pĂšre de famille de 43 ans qui vit sous une tente Ă  l'ouest de Gaza-ville, espĂšre lui aussi un avenir meilleur.

"J'espĂšre que ce ramadan sera le dernier que nous passerons sous les tentes. Je me sens mal devant mes enfants quand ils me demandent d'acheter des lanternes et rĂȘvent d'une table remplie de leurs mets prĂ©fĂ©rĂ©s", confie-t-il. "Nous essayons de trouver de la joie malgrĂ© tout".

Sur la plage à Deir el-Balah, un artiste palestinien de 31 ans, Yazeed Abu Jard, a sculpté dans le sable un message géant qui proclame: "Bienvenue au ramadan".

"Nous disons au monde entier que nous allons bien, nous espérons que ce ramadan ne sera pas troublé par la guerre et les bombardements", explique-t-il.

AFP

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