France

A la recherche d'un nouveau repreneur, Ascoval retourne devant la justice

  • PubliĂ© le 27 fĂ©vrier 2019 Ă  07:13
  • ActualisĂ© le 27 fĂ©vrier 2019 Ă  08:25
Les salariés d'Ascoval, le 19 décembre 2018, àSaint-Saulve

"On repart de zéro" : aprÚs qu'Altifort a été officiellement écarté par l'Etat faute de fonds nécessaires pour reprendre l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord) et ses 281 salariés, le tribunal de Strasbourg se penche de nouveau sur ce dossier mercredi.

L'audience, qui débutera à 9H devant la chambre commerciale du TGI aura pour objet de "constater qu'Altifort n'est pas en état d'exécuter le plan" et donc de "prononcer sa résolution", a expliqué à l'AFP l'avocat d'Ascoval Me Guilhem Bremond.

En rĂ©sumĂ©, le tribunal dĂ©cidera si la reprise par Altifort est annulĂ©e et pourrait Ă©galement mettre en place un calendrier provisoire pour permettre aux nouveaux candidats Ă  la reprise de se manifester et d'Ă©tudier leurs dossiers. Mardi, lors d'une rĂ©union Ă  Bercy entre les diffĂ©rents acteurs du dossier, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a demandĂ© Ă  Altifort de "se retirer de toute possibilitĂ© de reprise d'Ascoval", estimant que le groupe franco-belge avait "trompĂ© les salariĂ©s", mais aussi "les Ă©lus locaux et l'État".

Cinq jours plus tÎt, Altifort, qui devait reprendre l'usine le 1er février, avait créé la surprise en reconnaissant ne pas avoir obtenu "les financements externes" nécessaires. Le groupe sidérurgique n'est en effet pas parvenu à réunir les 35 millions d'euros qu'il s'était engagé à apporter lors de la validation de la reprise en décembre et a donc demandé la résolution du plan de cession d'Ascoval.

Selon un participant à la réunion de Bercy, son PDG s'est défendu d'avoir "trompé" les acteurs du dossier, invoquant des conditions financiÚres dégradées et le désengagement de son "partenaire financier".

- "Coup de massue" -

AprĂšs ce revers, l'Etat a affirmĂ© mardi se donner un mois pour trouver un autre repreneur. "On a reçu un gros coup de massue", mais "nous sommes tous dĂ©terminĂ©s et tout le monde tire dans le mĂȘme sens", a affirmĂ© le PDG d'Ascoval, CĂ©dric Orban, prĂ©cisant que la trĂ©sorerie de l?entreprise permettait de tenir "pendant un mois".

Quant aux candidats repreneurs, M. Orban a évoqué "trois, quatre industriels qui sont dans nos métiers", "deux, trois industriels qui sont en dehors de nos métiers et "des fonds d'investissement"."Les délais semblent courts mais on ne part pas d'une feuille blanche", a observé le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand, insistant sur la progression des "carnets de commandes".

"Nous continuerons Ă  nous battre afin de trouver un repreneur. Toutes les pistes doivent ĂȘtre explorĂ©es. Nous n?abandonnerons pas tant que les salariĂ©s d'Ascoval y croient encore", a-t-il aussi tweetĂ©. "On doit battre le record d'une reprise et d'une fin de reprise" dans un dĂ©lai "aussi court", a dĂ©plorĂ© Bruno Kopczynki, porte-parole de l'intersyndicale, pointant le "temps perdu" qui les place dans une "course contre la montre" et les "empĂȘche de dormir".
"On repart de zéro", a-t-il dit, mais "depuis cinq ans, on n'a jamais perdu espoir et on le gardera jusqu'au bout", a-t-il ajouté.

Créée en 1975 par Vallourec et devenue Ascoval en 2017, l'aciérie de Saint-Saulve, qui emploie 281 salariés, attend un repreneur depuis la liquidation judiciaire en février 2018 du groupe Asco Industries, à qui le sidérurgiste Vallourec avait cédé 60% de l'usine, tout en conservant 40% des engagements de commandes.

Mi-dĂ©cembre, le tribunal de Strasbourg avait mis fin Ă  un interminable suspense en validant la reprise de l'usine par Altifort. Altifort avait alors promis de dĂ©bloquer 35 millions d'euros pour l'opĂ©ration, aux cĂŽtĂ©s de 47 millions d'euros de fonds publics engagĂ©s "sous forme de prĂȘt".
 

AFP

guest
0 Commentaires