La longue parenthÚse est sur le point de se refermer: aprÚs trois ans sans la fouler, Roger Federer renoue avec la terre battue au Masters 1000 de Madrid mardi, à trois semaines de Roland-Garros (26 mai-9 juin). Pour sa seule escale annoncée avant la levée parisienne du Grand Chelem, son premier adversaire sera Richard Gasquet, qui fait lui son retour aprÚs six mois hors circuit et une opération d'une hernie inguinale, ou le jeune Espagnol Alejandro Davidovich Fokina, opposés au premier tour en soirée.
Le dernier match en date sur terre battue de Federer remonte au 12 mai 2016. Le Suisse aux vingt couronnes record en Grand Chelem, alors amoindri par un dos douloureux qui allait le priver de Roland-Garros, s'était incliné à Rome, en huitiÚmes de finale, face à l'Autrichien Dominic Thiem (7-6 (7/2), 6-4). Les deux saisons suivantes, il avait délibérément zappé la saison sur ocre pour se ménager en vue de Wimbledon. C'est fin 2018 --à 37 ans passés-- qu'a pris corps dans son esprit l'idée de revenir se frotter à la terre battue.
- "Heureux de jouer sur cette surface" -
Par "envie" et "plaisir"; parce qu'il ne ressent pas le besoin d'un "gros break" Ă l'inverse des deux annĂ©es prĂ©cĂ©dentes; et parce qu'il sent son corps "prĂȘt" et "suffisamment fort de nouveau pour encaisser les changements de surface", Ă©numĂšre-t-il. "C'Ă©tait la bonne dĂ©cision, a-t-il estimĂ© dimanche. Depuis, je n'ai pas pensĂ© que je n'aurais peut-ĂȘtre pas dĂ» (prendre cette dĂ©cision). Je suis heureux d'ĂȘtre lĂ , heureux de jouer sur cette surface." Son retour sur terre, Federer l'a prĂ©parĂ© en Suisse, entre les montagnes des Grisons et Zurich. Sans rencontrer trop de difficultĂ©s.
"Ăa prend un peu de temps de se rĂ©habituer Ă construire les points un petit peu plus, parce qu'il y a plus de jeu de fond de court, qu'on peut jouer avec plus d'angles, varier les hauteurs... Mais, honnĂȘtement, ça n'a pas Ă©tĂ© si difficile", rĂ©sume-t-il. A Madrid, oĂč il a atterri vendredi, chacun de ses entraĂźnements sur les courts de la "Caja Magica" dĂ©clenche une cohue monumentale.
L'attente touche à sa fin: exempté de premier tour, Federer fera ses premiers pas sur le court central en début de soirée (20h00) mardi. "Je n'ai pas d'attentes élevées mais je sais aussi que des choses sont possibles", oscille-t-il.
- Nadal débute mercredi -
L'Autrichien Dominic Thiem, finaliste de Roland-Garros il y a un an et récent vainqueur à Barcelone, ne s'en fait pas pour l'actuel N.3 mondial. "Roger est un des meilleurs joueurs de l'histoire sur cette surface. La seule chose qui l'a stoppé tellement de fois, c'est Rafa (Nadal). Probablement que si Rafa n'avait pas été là , il aurait gagné cinq ou six fois Roland-Garros", imagine-t-il.
"Il est Ă l'aise sur cette surface. En Suisse, il a grandi dessus. Il sait comment bouger. Donc quelque soit le tournoi, il fait toujours partie des favoris", poursuit-il.
Comme Federer, le N.1 mondial Novak Djokovic entre en lice mardi. Le Serbe connaßt lui son premier adversaire: il s'agira de l'Américain Taylor Fritz (57e), tombeur en deux jeux décisifs du Bulgare Grigor Dimitrov.
Rafael Nadal patientera lui jusqu'à mercredi avant d'affronter le jeune Canadien Félix Auger-Aliassime (30e): tant mieux pour l'Espagnol, son estomac lui jouant des tours ces derniers jours.
CÎté français, c'est fini pour Kristina Mladenovic (64e) et Pauline Parmentier (69e), éliminées au deuxiÚme tour. La premiÚre, qui travaille depuis peu avec Sascha Bajin, l'ex-entraßneur de la N.1 mondiale Naomi Osaka, a cédé 6-3, 7-6 (7/5) face à la N.2 mondiale et tenante du trophée, la TchÚque Petra Kvitova. La seconde a plié 6-4, 4-6, 6-3 contre la Kazakhe Yulia Putintseva (43e) au lendemain de la deuxiÚme victoire de sa carriÚre face à une joueuse du top 10 (Svitolina).
AFP

