Philippines

A Manille, Trump loue ses bonnes relations avec Duterte

  • PubliĂ© le 13 novembre 2017 Ă  11:57
  • ActualisĂ© le 13 novembre 2017 Ă  12:17
Le président américain Donald Trump et son homologue philippin Rodrigo Duterte (g) lors du sommet de l'Asean, le 13 novembre 2017 à Manille

Donald Trump a loué lundi à Manille la qualité de ses relations avec Rodrigo Duterte, dirigeant controversé en raison de la guerre sanglante qu'il a déclenchée contre le trafic de stupéfiants.


Assis cĂŽte Ă  cĂŽte, le prĂ©sident amĂ©ricain et son homologue philippin, ĂągĂ©s respectivement de 71 et 72 ans, sont apparus trĂšs dĂ©contractĂ©s, plaisantant au dĂ©but de leur premier tĂȘte-Ă -tĂȘte.
Mais ils ont aussi été avares de déclarations devant les journalistes, ignorant en particulier les questions sur les droits de l'homme.

La "guerre contre la drogue" menée avec des méthodes expéditives par le président philippin vaut à Manille un feu nourri de critiques sur la scÚne internationale. "Nous avons de trÚs bonnes relations", a souligné M. Trump avant de louer la qualité de l'organisation du sommet du des nations de l'Asie du Sud-Est et de livrer ses impressions sur la météo. "Aux Philippines, le temps finit toujours par tourner au beau...".

Sollicité sur la question des droits de l'homme, M. Trump, qui achÚve aux Philippines une tournée marathon qui l'a menée dans cinq pays d'Asie, est resté muet. "Ce n'est pas une conférence de presse, c'est une rencontre bilatérale", a coupé court M. Duterte, assis à ses cÎtés sans cravate, avant que les journalistes ne quittent la piÚce. Peu aprÚs la rencontre, Harry Roque, porte-parole de l'homme fort de Manille, a assuré que "la question des droits de l'homme n'avait pas été soulevée" au cours de cet entretien de 40 minutes.

"Le président Trump a spécifiquement souligné qu'il avait toujours été un ami de l'administration Duterte contrairement à son prédécesseur", a-t-il poursuivi, soulignant que la question des échanges commerciaux entre les deux pays avait occupé une large place. Les relations entre Manille et Washington, deux alliés tenus par un accord de défense, ont connu de fortes turbulences aprÚs l'arrivée au pouvoir en 2016 du populiste avocat philippin.
Il y a un an, lors du sommet de l'Asean qui avait lieu au Laos, Barack Obama avait annulĂ© son tĂȘte-Ă -tĂȘte aprĂšs avoir Ă©tĂ© traitĂ© de "fils de pute" par l'homme fort de Manille.

- Etranges poignées de mains -

Si le président philippin revendique haut et fort un style trÚs provocateur, son entourage suggÚre réguliÚrement de ne pas le prendre au pied de la lettre, soulignant qu'il aime plaisanter et que c'est un adepte de "l'hyperbole". Pour les Philippines, comme pour d'autres pays accusés de violation des droits fondamentaux, l'administration Trump assure de son cÎté qu'elle ne reste pas inactive mais qu'elle préfÚre la discrétion aux dénonciations publiques.

"A quoi cela sert-il de s'époumoner sur ces sujets? Cela n'a pas été trÚs efficace dans l'histoire récente", avait expliqué H.R. McMaster, conseiller à la sécurité nationale de M. Trump, avant son départ en Asie. Elu sur la promesse d'éradiquer le trafic de drogue, M. Duterte a lancé une campagne dénoncée avec force par les organisations de défense des droits de l'Homme qui l'accusent d'orchestrer des meurtres extrajudiciaires en masse, perpétrés par des policiers corrompus et des miliciens.

Depuis son arrivĂ©e au pouvoir voici 16 mois, la police a annoncĂ© avoir abattu 3.967 personnes. Des inconnus ont tuĂ© 2.290 suspects dans des affaires de drogue. Des milliers d'autres personnes ont Ă©tĂ© abattues dans des circonstances non Ă©lucidĂ©es, selon les chiffres de la police. Quelques heures avant le tĂȘte-Ă -tĂȘte trĂšs attendu, la traditionnelle photo de famille du sommet de l'ASEAN avait donnĂ© lieu Ă  une joyeuse pagaille.

Placé au centre, M. Trump devait croiser les bras et serrer la main des deux dirigeants debout à ses cÎtés. Mais il a serré des deux mains celle de son voisin de droite, le Premier ministre du Vietnam Nguyen Xuan Phuc, laissant celle de M. Duterte, sur sa gauche, dans le vide. AprÚs quelques secondes, il a fini par rectifier le tir. En marge du sommet, les forces de police anti-émeutes ont utilisé des canons à eaux pour disperser un rassemblement anti-Trump à Manille. "Trump rentre chez toi", pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants, au nombre de 2.000 selon la police.

AFP

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