Emmanuel Macron a rencontré samedi, à la surprise générale, le président LR de la région PACA Christian Estrosi avant de répliquer vivement, lors d'un grand meeting à Marseille, à ses rivaux notamment à François Fillon et son "clan", accusés de courir aprÚs le FN.
Sa premiÚre étape a été une rencontre au conseil régional avec M. Estrosi, présentée comme une "visite républicaine" de "courtoisie" et pas un ralliement, mais qui a été fustigée par d'autres candidats.
Le candidat d'En Marche! a rappelĂ© "le combat livrĂ© par Christian Estrosi aux derniĂšres rĂ©gionales" face au FN. "Les rĂ©publicains de cette rĂ©gion, de tous bords, n'auraient pas compris qu'Ă l'occasion de cette visite Ă Marseille, je ne reçoive pas l'ancien ministre de l?Ăconomie", a justifiĂ© M. Estrosi, disant son "estime, voire (son) amitiĂ©" pour M. Macron.
En dĂ©cembre 2015, l'ex-maire de Nice l'avait emportĂ© au second tour face Ă la liste du FN emmenĂ©e par Marion MarĂ©chal-Le Pen. Il avait Ă©tĂ© aidĂ© par le retrait du candidat socialiste Christophe Castaner, dĂ©sormais l'un des proches soutiens de M. Macron. "Je crois que les rĂ©publicains se reconnaissent Ă cela, Ă savoir oĂč sont les vrais dangers pour la RĂ©publique", a jugĂ© le candidat d'En Marche! dans le bureau de son hĂŽte.
Ce scĂ©nario de "front rĂ©publicain" pourrait se rĂ©pĂ©ter pour Ă©viter des triangulaires aux lĂ©gislatives, dans une rĂ©gion oĂč le FN fait ses plus gros scores.
Dans un meeting oĂč il s'en est pris, davantage qu'Ă l'accoutumĂ©e, Ă ses rivaux, le favori des sondages a cependant lancĂ© dans l'aprĂšs-midi devant 5.000 Ă 6.000 personnes, selon les organisateurs: "On craint dĂ©gun!", expression marseillaise signifiant "on ne craint personne".
Devant ses partisans rassemblés dans la salle immense, glacée par les courants d'air, du parc Chanot, Emmanuel Macron a critiqué le socialiste Benoßt Hamon le plaçant dans le camp de ceux qui "ne veulent plus gouverner".
Il s'est montrĂ© virulent Ă l'Ă©gard de Marine Le Pen et du Front national, les dĂ©signant comme les "principaux ennemis" et les "hĂ©ritiers du parti de la haine" et dĂ©fendant les Français d'origine Ă©trangĂšre "fiers d'ĂȘtre Français". Et quand la salle a sifflĂ© Ă l'Ă©vocation du Front national, il a lancĂ© : "Ne les sifflez jamais! Combattez-les! Sortez-les!"
- "trĂšs content de son coup" -
Le candidat, qui limite d'habitude les charges contre ses adversaires, a surtout riposté aux récentes attaques de François Fillon.
"Il n'a plus de programme, alors il invective les autres. Il ne peut plus aller à la rencontre des Français, alors il se calfeutre avec son clan", a raillé M. Macron.
"Ils ont décidé de tourner le dos à la République pour embrasser Sens commun (émanation politique de la Manif pour tous au sein de LR - ndlr). Eh bien, honte à eux !", a accusé le candidat de 39 ans. "Qu'ils suivent cette route poursuivant le Front national. Nous, nous sommes là et nous allons gagner!", s'est-il exclamé.
M. Macron a aussi conspuĂ© "les pratiques inacceptables" du "clan" Fillon aprĂšs les sifflets ayant visĂ© vendredi Ă Toulon M. Estrosi, auquel des partisans de M. Fillon n'ont pas pardonnĂ© d'avoir demandĂ© le retrait de leur champion empĂȘtrĂ© dans ses affaires judiciaires.
Mais cette rencontre a suscitĂ© les critiques d'autres candidats. Ainsi, depuis La RĂ©union, BenoĂźt Hamon a fustigĂ© une "campagne marquĂ©e par la malhonnĂȘtetĂ©, intellectuelle notamment", parce qu'"on ne fait pas une politique d'Estrosi Ă DelanoĂ« ou alors c'est la politique du grand n'importe quoi".
De son cÎté, Marine Le Pen a dépeint la rencontre comme "une alliance" prouvant selon elle que "le systÚme n?hésite plus désormais à afficher son union, pour la sauvegarde des postes", aprÚs le soutien de Manuel Valls à Emmanuel Macron. "Estrosi en marche pour Macron !", a ironisé Marion Maréchal-Le Pen, députée FN du Vaucluse.
Malgré ces critiques, M. Macron était "trÚs content de son coup", selon un proche.
Au terme d'un dĂ©placement oĂč il a Ă©tĂ© confrontĂ© Ă une manifestation hostile de taxis contre le "candidat de l'ubĂ©risation", M. Macron, supporter de l'OM, s'est rendu au VĂ©lodrome pour le match de Ligue 1 contre Dijon.
Par Hervé GAVARD - © 2017 AFP

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