Le procĂšs de quatre sympathisants d'extrĂȘme droite pour la violente agression de deux jeunes hommes en 2017, le soir de l'Ă©lection d'Emmanuel Macron, s'est ouvert lundi devant la cour d'assises Ă Nantes.
Le 7 mai 2017, Erwan David, 18 ans au moment des faits, et Steven Dardenne, 16 ans, rentrent chez eux en vĂ©lo quand ils sont poussĂ©s au sol puis frappĂ©s Ă coups de pieds, de barre de fer et de bouteille en verre, par des sympathisants du GUD, un syndicat Ă©tudiant d'extrĂȘme droite, dissout depuis.
Conduit inconscient à l'hÎpital, Erwan David se voit prescrire un an d'interruption totale de travail (ITT). "Erwan souffre de séquelles neuropsychologiques. Il a des troubles de la concentration, des difficultés à accomplir certains gestes, un sommeil trÚs perturbé", énumÚre son conseil, Me Benoßt Poquet, qui évoque une vie "massacrée en quelques secondes".
Parties civiles, Erwan David et Steven Dardenne ont assisté à l'audience assis cÎte à cÎte, vestes sur le dos, échangeant à voix basse pendant l'examen de la personnalité des accusés.
Les deux agresseurs présumés d'Erwan David, François-MamÚs Cosseron de Villenoisy, 23 ans aujourd'hui, et Joyce Burkat, 32 ans, comparaissent jusqu'à vendredi pour des violences ayant entrainé une infirmité permanente, en réunion, avec armes et préméditation. Ils encourent jusqu'à 15 ans de réclusion criminelle.
Moins mal en point à l'issue de l'agression, Steven Dardenne s'était vu prescrire une ITT de cinq jours. Ses agresseurs présumés, Antoine Desbas, 23 ans, Matthieu Gaultier de la Richerie, 24 ans, et Joyce Burkat, sont jugés pour des violences en réunion, avec usage d'une arme et préméditation.
Un cinquiÚme accusé, Tanguy Martin, 20 ans au moment des faits, est mort accidentellement pendant la procédure.
- "Violence inouĂŻe" -
A la demande de leurs avocats, les accusés, qui comparaissent libres aprÚs avoir effectué chacun entre 8 et 15 mois de détention provisoire, se sont assis sur un banc de la salle d'audience plutÎt que dans le box.
A la barre, seul Joyce Burkat, tatouages dans le cou et pull bleu marine, a refusé de reconnaßtre les faits qui lui sont reprochés, affirmant ne pas avoir "porté de coups" aux victimes.
Le soir de l'agression, un rassemblement contre le nouveau président avait réuni dans les rues de Nantes des militants antifascistes et anticapitalistes.
Au cours de l'enquĂȘte, l'un des mis en cause avait affirmĂ© avoir Ă©tĂ© pourchassĂ© par des manifestants. Croyant reconnaĂźtre les deux victimes un peu plus tard dans la soirĂ©e, il avait dĂ©cidĂ© de "rĂ©gler des comptes".
"Dans cette agression il y a une violence inouĂŻe d'un milieu d'extrĂȘme droite qu'on croyait tapi dans l'ombre, dans le contexte d'une Ă©lection qui a manifestement exacerbĂ© les rancĆurs et tensions", rĂ©sume Me Poquet.
Avant de se rapprocher du GUD, Joyce Burkat avait Ă©tĂ© membre du groupe GĂ©nĂ©ration identitaire, dissout en 2021, a-t-on appris lors de l'audience. François-MamĂšs Cosseron de Villenoisy et Matthieu Gaultier de la Richerie avaient quant Ă eux adhĂ©rĂ© adolescents Ă l'Action française, mouvement politique d'extrĂȘme droite d'obĂ©dience royaliste.
Les accusĂ©s affirment avoir dĂ©sormais coupĂ© les ponts avec le GUD et toute autre organisation politique. "Mon client Ă©tait simple sympathisant au moment des faits, pas adhĂ©rent. Il Ă©tait trĂšs jeune, il n'est plus le mĂȘme", assure le conseil d'Antoine Desbas, Me Jean-Guillaume Le Mintier.
Au cours du procĂšs, l'avocat entend retracer le "cheminement psychologique" de son client, jusqu'Ă et depuis son "endoctrinement". Erwan David et Steven Dardenne doivent ĂȘtre entendus mardi aprĂšs-midi.
"Ce qu'(Erwan David) attend c'est que ses agresseurs s'expliquent et disent qui a fait quoi", précise son avocat, qui ajoute: "Il faut qu'on sache enfin ce qui a pu mener ces jeunes gens à faire de son visage un ballon de football".
Le procĂšs doit durer jusquâau 25 mars.
AFP

Tous ces groupuscules d'extrĂȘme droite et d'extrĂȘme gauche devraient ĂȘtre interdits Ă la moindre violence.Ce sont des repĂšres de voyous qui sous couvert de politique ne prĂŽnent que la violence gratuite.