Paris attend encore dimanche soir les remontĂ©es par arrondissement, mais la maire sortante PS, Anne Hidalgo, semble largement en tĂȘte d'un scrutin dont le second tour est, comme ailleurs, suspendu Ă la crise du coronavirus.
Selon de premiĂšres estimations, Anne Hidalgo pointerait en tĂȘte avec 30% des intentions de vote et un Ă©cart plus important qu'attendu sur la candidate LR Rachida Dati (22%), devant la reprĂ©sentante de la majoritĂ© prĂ©sidentielle AgnĂšs Buzyn (17 Ă 18%) et l'Ă©cologiste David Belliard (entre 11 et 12%).
Suivraient le dissident et ex-LREM CĂ©dric Villani (entre 6,7 et 8%) et l'Insoumise Danielle Simonnet (entre 4,5 et 5%), selon les enquĂȘtes Ipsos/Sopra Steria pour France TĂ©lĂ©visions, Radio France et LCP et Ifop-Fiducial pour M6 et Sud Radio. A l'instar du reste du pays, en pleine pandĂ©mie du coronavirus, les premiĂšres estimations indiquent une participation qui s'effondre Ă hauteur de 43%, en net recul par rapport Ă 2014 (58,4%)
Pour Anne Hidalgo, la prime à la sortante paraßt donc fonctionner et rend difficile l'élection de sa principale challengeuse Rachida Dati, qui l'a pourtant devancée à plusieurs reprises dans les intentions de vote. En outre, la candidate de la droite manque cruellement de réserve de voix pour le second tour, ce qui rend encore plus compliquée une victoire.
Du cÎté des marcheurs, l'ex-ministre de la Santé AgnÚs Buzyn n'a pas réussi à faire mentir les sondages et stagne sous les 20%. Toutefois, la candidate entrée en campagne il y a à peine un mois croit toujours en ses chances et pose déjà "les premiers jalons pour des alliances par secteur", selon son entourage. Dans le camp d'Anne Hidalgo, on espÚre aussi nouer des alliances rapidement. Encore faut-il que le second tour se tienne, ce qui est incertain. L'accélération brutale de l'épidémie de coronavirus laisse craindre un report qui annulerait de facto l'ensemble de l'élection.
Dans un tweet dimanche soir dÚs 20H, Anne Hidalgo a demandé "au gouvernement de préciser dÚs (dimanche) soir toutes les mesures complémentaires indispensables qui permettront de protéger les Français face à la crise sanitaire majeure". Dans l'entourage de la maire sortante, Jean-Louis Missika prévenait à la mi-journée: "Le pic de transmission sera en plein milieu de la semaine, mais nous n'accepterons pas que le premier tour soit annulé!". "Pour le second tour, il y a plein de solutions comme le vote par correspondance qui permettrait de tenir un délai raisonnable", estimait-il.
- Pas de Novotel -
Dans le camp d'AgnÚs Buzyn, en milieu de journée également, on "ne croyait pas" à l'annulation de l'élection, mais la situation évolue d'heure en heure et la décision est attendue en début de semaine, en concertation avec les scientifiques a promis le Premier ministre.
L'incertitude bouleverse donc complĂštement le jeu des ralliements d'entre-deux-tours, crucial dans l'Ă©lection parisienne et ses 17 secteurs oĂč se jouent autant d'Ă©lections. La directrice de campagne de l'Ă©cologiste David Belliard, HĂ©lĂšne Bracon, a prĂ©venu que "si on ne sait pas ce qui se passe pour le second tour ce soir, on n'ira pas nĂ©gocier avec qui que ce soit, ni (Anne) Hidalgo, ni (l'ex-LREM CĂ©dric) Villani, ni (l'Insoumise Danielle) Simonnet".
Ironie de l'histoire: le Novotel oĂč devaient se tenir d'Ă©ventuelles tractations "nous met dehors. On n'a plus de lieu de nĂ©gociation", a-t-elle ajoutĂ©, avouant redouter des rĂ©sultats trĂšs difficiles Ă Paris: "Je crains qu'on s'Ă©croule comme des merdes. Je pense qu'Hidalgo fait un trĂšs bon score". "Tous les staffs se posent la question de savoir si on nĂ©gocie ce soir ou pas", soufflait aussi une source proche de Villani, qui ne semble pas avoir rĂ©ussi Ă bousculer la donne comme il l'escomptait.
AFP



