Défense de l'environnement

A69 : un cortĂšge pour dire "Non au macadam!", deux entreprises prises pour cibles

  • PubliĂ© le 21 octobre 2023 Ă  21:45
  • ActualisĂ© le 22 octobre 2023 Ă  07:01
Des opposants au projet d'autoroute A69 entre Toulouse et Castres rassemblés le 21 octobre 2023 à Saïx, prÚs de Castres

Plusieurs milliers d'opposants à l'autoroute A69 Toulouse-Castres ont marché samedi dans le Tarn, majoritairement dans le calme, pour scander "Non au macadam", alors que deux entreprises sous-traitantes du chantier controversé ont été prises pour cibles par des militants plus violents.

Les organisateurs avaient promis du "ramdam". "Plus de 10.000 personnes", selon leur dernier comptage en fin d'aprÚs-midi, ont répondu à l'appel avec force percussions, tambours, banderoles et slogans.

La préfecture a fait état d'un cortÚge principal de 2.400 manifestants et de "2.500 individus radicaux et violents".

Si, dans le dĂ©filĂ© du cortĂšge principal, la mobilisation s'est dĂ©roulĂ©e dans une atmosphĂšre bon enfant durant l'aprĂšs-midi, un groupe des militants "presque tous cagoulĂ©s, vĂȘtus de noir, casquĂ©s", selon un communiquĂ© de la prĂ©fecture, s'en Ă©tait dĂ©tachĂ©. Puis il s'est dirigĂ© vers la cimenterie Carayon et une entreprise du BTP, Bardou et fils, toutes deux engagĂ©es sur le chantier de l'A69, selon le concessionnaire Atosca.

Dans la cimenterie, "un algeco, trois vĂ©hicules toupies et un engin de travaux publics" ont Ă©tĂ© endommagĂ©s lors d'un incendie allumĂ© par ces militants qui ont "dĂ©gradĂ© le bĂątiment" de l'entreprise Bardou et "arrachĂ© ses clĂŽtures, avant d'ĂȘtre repoussĂ©s par les forces de l'ordre", selon la prĂ©fecture.

Au total, sept interpellations ont eu lieu et les forces de l'ordre ont fait usage de "74 grenades" lacrymogĂšnes, selon un bilan de la mĂȘme source.

- "Cul de sac" -

A plusieurs kilomÚtres de là, le gros des manifestants a défilé calmement, le cortÚge principal marchant sur la route, derriÚre des tracteurs de la Confédération paysanne, tandis qu'un autre groupe de plusieurs centaines de personnes a choisi un moment d'emprunter la voie ferrée, avant de rejoindre le premier défilé.

"Ce qui nous choque, c'est l'incohérence du projet par rapport à l'urgence climatique", a expliqué à l'AFP Colette Faber, une habitante de Tarbes, venue manifester avec son mari et leurs deux filles, installées à Albi.

"Pourquoi une autoroute alors qu'il faudrait plus de gares, de trains, de transports en commun? Pourquoi sacrifier la nature alors qu'on en a besoin?", a-t-elle lancé.

CÎte à cÎte, au détour des différents cortÚges, marchaient des anciens mobilisés du plateau du Larzac avec des militants plus jeunes, les banderoles et pancartes multipliant les jeux de mots: "Faites des 69, pas l'A69", "L'A69 finira en cul de sac", "Des prairies, pas des Ferrari" ou encore "Plus de légumes, moins de bitume".

"Jamais il n'y a eu une telle empathie pour notre lutte", se félicitait Gilles Garric du collectif La Voie est libre, qui avec d'autres associations et syndicats (Extinction Rebellion, les SoulÚvements de la Terre, Groupement national de surveillance des arbres, Confédération Paysanne, Solidaires, etc.) ont organisé le rassemblement.

S'appuyant sur un sondage Ifop réalisé il y a quelques jours auprÚs de la population du Tarn et de la Haute-Garonne, il a indiqué que 61% des sondés étaient favorables à l'abandon du projet d'autoroute et qu'ils étaient 82% à se prononcer pour un référendum local.

- Une ZAD installée -

De son cÎté, Atosca, s'appuyant sur un autre sondage réalisé par Opinion Way, a fait valoir que 53% des Français sont favorables à l'autoroute. L'entreprise a également insisté sur le fait qu'environ 40% du budget du chantier a déjà été engagé et que les travaux étaient donc bien lancés.

"Mensonges", rĂ©pondent les opposants qui veulent encore croire que le chantier sera stoppĂ©. "On coupe des arbres pour un projet qui ne sert Ă  rien", a dĂ©plorĂ© Sandra Lima, psychologue de 48 ans qui prend chaque semaine la route nationale qui relie actuellement Toulouse et Castres. "Il aurait peut-ĂȘtre fallu l'Ă©largir un peu mais elle suffisait", a-t-elle ajoutĂ©.

En fin d'aprÚs-midi, les manifestants étaient de retour au campement situé à Saïx, à une dizaine de kilomÚtres à l'est de Castres, et prÚs duquel plusieurs militants, selon les organisateurs, ont investi "des maisons de maßtres expropriées par le chantier" sur le lieu-dit de la Crémade pour créer une ZAD (Zone à défendre) baptisée "CremZAD".

En début de soirée, ils étaient à l'oeuvre pour l'aménager et l'installer. Et le debriefing de la journée ainsi qu'un concert devaient s'y dérouler.

AFP

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