Affaire Epstein : perquisitions autour de Jack Lang, alors qu'il fait ses adieux Ă  l'IMA

  • PubliĂ© le 16 fĂ©vrier 2026 Ă  16:53
  • ActualisĂ© le 16 fĂ©vrier 2026 Ă  18:18
Le président de l'Institut du Monde Arabe (IMA), Jack Lang, lors d'une cérémonie d'adieu aprÚs sa démission de la présidence de l'IMA, le 16 février 2026 à Paris

L'affaire Epstein continue de faire des remous: alors que Jack Lang faisait lundi matin ses adieux à l'Institut du monde arabe (IMA) à Paris, des perquisitions y étaient en cours, sur fond de liens financiers présumés de l'ex-figure de la gauche française avec le criminel sexuel américain.

"Je me réjouis que la justice financiÚre se mette en branle", a déclaré M. Lang dans son discours, sans faire référence explicitement aux perquisitions, a constaté un journaliste de l'AFP présent à sa cérémonie d'adieux.

"Je suis totalement serein, confiant", a ensuite confié à l'AFP l'ex-ministre de 86 ans, assurant n'avoir "rien à cacher".

Les perquisitions lundi matin, à l'IMA et ailleurs, se déroulent dans le cadre d'investigations confiées à l'Office national anti-fraude (ONAF), a précisé le patron du parquet national financier (PNF) Pascal Prache dans un communiqué. Le domicile parisien de M. Lang est également perquisitionné, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier.

Le PNF avait ouvert le 6 fĂ©vrier une enquĂȘte pour soupçons de "blanchiment de fraude fiscale aggravĂ©e" visant l'ancien ministre et sa fille, Caroline Lang.

Si aucune charge ne pĂšse Ă  ce stade contre M. Lang, qui a quittĂ© la tĂȘte de l'IMA rĂ©cemment sous la pression, les documents rendus publics par la justice amĂ©ricaine mentionnent son nom Ă  673 reprises dans des Ă©changes avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein, et rĂ©vĂšlent des liens d'intĂ©rĂȘt avec le financier amĂ©ricain, mort en dĂ©tention en 2019.

- Société offshore -

Selon une enquĂȘte publiĂ©e le 2 fĂ©vrier par Mediapart, Caroline Lang a fondĂ© en 2016 avec Jeffrey Epstein une sociĂ©tĂ© offshore domiciliĂ©e aux Ăźles Vierges amĂ©ricaines.

A la suite de ces rĂ©vĂ©lations, elle a dĂ©missionnĂ© dans la foulĂ©e de son poste de dĂ©lĂ©guĂ©e gĂ©nĂ©rale du Syndicat de la production indĂ©pendante (SPI). Elle avait qualifiĂ© alors Jeffrey Epstein de "connaissance" et de "mĂ©cĂšne gĂ©nĂ©reux" dont "l'idĂ©e de constituer un fonds, parfaitement lĂ©gal, destinĂ© Ă  favoriser l'acquisition d'Ɠuvres" lui avait semblĂ© "pertinente".

Elle avait également assuré n'avoir perçu "aucune rémunération, ni aucun bénéfice de ce fonds".

Le gouvernement français avait salué le 8 février la démission de M. Lang.

Les services d'Emmanuel Macron avaient demandé à l'ex-ministre socialiste de "penser à l'institution" qu'il dirigeait, aprÚs les révélations des dossiers Epstein publiés aux Etats-Unis le 30 janvier.

Ex-figure du Parti socialiste français, l'ancien ministre de la Culture, cĂ©lĂšbre notamment pour avoir lancĂ© dans les annĂ©es 1980 le concept de la FĂȘte de la musique repris par plusieurs pays, avait assurĂ© que les accusations portĂ©es Ă  son encontre Ă©taient "infondĂ©es", dans un communiquĂ© transmis Ă  l'AFP.

"Les accusations portées à mon encontre sont inexactes et je le démontrerai", avait aussi insisté M. Lang dans un courrier adressé au ministre des Affaires étrangÚres, dont dépend l'IMA.

Les ramifications de l'affaire Epstein en France continuent de faire bouger les lignes de la justice dans l'Hexagone.

- Magistrats référents -

Le parquet de Paris a ainsi annoncé ce week-end avoir désigné des magistrats référents pour examiner d'éventuelles infractions impliquant des Français et réanalyser "intégralement" le dossier d'instruction de l'ex-agent de mannequins Jean-Luc Brunel, mort en détention en 2022.

Le parquet a soulignĂ© que les faits potentiels peuvent ĂȘtre "de diverses natures, notamment Ă  caractĂšre sexuel ou Ă  caractĂšre financier" et a assurĂ© travailler "en coordination avec le PNF et en lien avec la direction nationale de la police judiciaire".

Trois nouvelles affaires citĂ©es dans la presse ont Ă©tĂ© confiĂ©es au parquet : elles visent un diplomate, Fabrice Aidan, un recruteur de mannequins Daniel Siad et le chef d’orchestre FrĂ©dĂ©ric Chaslin.

Concernant Fabrice Aidan, une enquĂȘte cherche Ă  Ă©ventuellement "Ă©tayer" un signalement adressĂ© par le ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres, aprĂšs des rĂ©vĂ©lations de Mediapart et Radio France, selon lesquelles ce diplomate avait fait bĂ©nĂ©ficier Jeffrey Epstein "d'informations diplomatiques, de services ou de ses rĂ©seaux Ă  l'international".

Le parquet analyse également la plainte d'une Suédoise contre Daniel Siad, recruteur de mannequins aux liens étroits avec Jeffrey Epstein, qu'elle accuse de viol en France dans les années 1990. Sur les réseaux sociaux, il assure ne rien avoir à se "reprocher".

Le parquet de Paris examine une autre plainte déposée à l'encontre du chef d'orchestre Frédéric Chaslin pour "des faits de harcÚlement sexuel qui auraient été commis en 2016". Lui dénonce des "insinuations".

Le parquet va en outre procĂ©der Ă  "une rĂ©analyse intĂ©grale" du dossier Brunel, un proche de Jeffrey Epstein, clos par un non‑lieu aprĂšs sa mort.

Par ailleurs, le ministre français des Affaires étrangÚres, Jean-Noël Barrot, reçoit lundi trois "candidats présélectionnés" pour diriger l'Institut du monde arabe (IMA), a appris l'AFP auprÚs de l'entourage du ministre et de sources informées du dossier.

AFP

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